N°019_Vol.3_24
- COMMUNICATION ET VULGARISATION DE LA BIOTECHNOLOGIE MODERNE/BIOSECURITE AUPRES DES ETUDIANTS ET STAGIAIRES DES ECOLES PROFESSIONNELLES DU BURKINA FASO
- Doumi Mohamed ZAN-KARAMBIRI
- Agence Nationale de Biosécurité
- Doctorant/Laboratoire de Recherche Médias et Communications Organisationnelles/Université Joseph KI-ZERBO
- Spécialité : Communication des Organisations
- ORCID iD : 0009-0004-6003-3960
- zankarambiri@gmail.com
- Firmin GOUBA
- Laboratoire de Recherche Médias et Communications Organisationnelles
- Université Joseph KI-ZERBO
- firmingouba24@yahoo.fr
- &
- Issa BEBANE
- Laboratoire de Recherche Médias et Communications Organisationnelles
- Université Joseph KI-ZERBO
- issabebane@yahoo.fr
Introduction: Le continent africain est considéré comme la région du monde la plus vulnérable et la plus touchée par les crises sanitaires, foncières, politico-militaires et alimentaires. Par conséquent, la sécurité alimentaire et nutritionnelle est devenue l’une des principales priorités de développement pour les Etats (ASEAN, 2015 :15). Depuis plus de vingt (20) ans, le continent africain est aux prises avec la faim et l’insécurité alimentaire (Cf. OMD, 65). Ainsi, pour garantir la disponibilité d’aliments sains, nutritifs et diversifiés relève de la responsabilité conjointe des gouvernements, du secteur privé et des consommateurs. Cela exige d’adopter une approche intégrée et fondée sur des éléments scientifiques, qui s’adaptent aux changements et aux évolutions des systèmes agricoles et alimentaires, des technologies, des modes de vie et des politiques commerciales ainsi que le dérèglement climatique (FAO, 2018 :57). En effet, la biotechnologie moderne représente de nos jours l’espoir d’un monde en croissance exponentielle mais aux ressources naturelles très limitées. Tout porte à croire que les bénéfices des applications de cette science vont permettre de faire des avancées significatives dans les domaines de l’agriculture, de la santé humaine et animale, de l’environnement et de l’industrie en améliorant la production de substances utiles à l’Homme, tout en assurant l’utilisation durable des ressources biologiques. Compte tenu de ces réalités, le Burkina Faso considère cette technologie comme susceptible de conditionner de façon marquante le développement économique et social en contribuant dans une large mesure à l’augmentation de la production agricole, à la sécurité alimentaire, à l’amélioration de la santé humaine et animale, à l’environnement et à l’industrie (S. PARMENTIER, 2008 :15).
Le développement des biotechnologies modernes et l’utilisation sécurisée des produits dérivés constitue une préoccupation pour le Burkina Faso. Il en a manifesté clairement l’intention en co-fondant depuis 1991, avec d’autres pays africains, l’Agence Africaine de Biotechnologie (AAB) et en adoptant en 1995, le Plan Stratégique de la Recherche Scientifique et Technologique (PSRST) qui inscrit les recherches biotechnologiques et la question de la biosécurité dans ses priorités. La biotechnologie moderne étant un domaine nouveau aux enjeux socio-économiques divers est sujette à moult controverses au sein de l’opinion ; d’où la nécessité de démystifier cette technologie du génie génétique au profit des étudiants qui constitue des relais d’information au sein de leur environnement social. Le Burkina Faso, en ratifiant le Protocole de Cartagena sur la Prévention des Risques Biotechnologiques (PCPRB) en Août 2003, s’est résolument engagé dans l’utilisation des biotechnologies modernes pour impulser son processus de développement économique, social et humain durable. En tant que premier Accord international environnemental sur l’utilisation des biotechnologies modernes, le PCPRB encourage les Etats-parties à informer et sensibiliser le public sur les questions de biotechnologie moderne/biosécurité et d’assurer sa participation au processus de prise de décision en matière de biotechnologie (Cf. article 23 du PCPRB). C’est dans ce sens que l’ANB, autorité nationale compétente en matière de biosécurité au Burkina Faso a été mise en place en 2005 suivant le décret N°2005-040/PRES/PM/MECV du 03 février 2005 portant organisation du Ministère de l’Environnement et du Cadre de Vie (MECV) avec pour mission d’assurer une utilisation sécurisée des biotechnologies modernes à l’échelle nationale.
Conformément à la loi 064-2012/AN du 20 décembre 2012 portant régime de sécurité en matière de biotechnologie, l’ANB a l’obligation d’informer et de sensibiliser le public sur les questions de biotechnologie/biosécurité. A cela, il convient d’ajouter le décret N°2018-455/PRES/PM/MESRSI/MINEFID/MEEVCC/MS portant conditions de participation du public à la prise de décision en matière de biotechnologie qui détermine les modalités d’accès du public à l’information et sa participation à la prise de décision pour toute dissémination d’un Organisme Génétiquement Modifié (OGM) en milieu ouvert. Ainsi, depuis 2009, l’ANB s’est engagée dans la mise en œuvre d’activités d’information et de communication à l’endroit de toutes les couches sociales réparties sur l’ensemble du territoire nationale.
L’ANB a organisé en 2025, une série de sessions d’information et de communication à l’endroit des étudiants du Centre Universitaire de Manga, de l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO) et stagiaires de l’Ecole Normale Supérieure (Site de Koudougou et de Ouagadougou) et de l’Ecole Nationale de Formation Agricole de Matourkou (ENAFA Matourkou). Comme écrivait VANDEVELDE, cité par Jean-Pierre MEUNIER et Daniel PERAYA (2010 :12), « Enseigner a un sens très voisin de communiquer ». Quelle est la contribution des activités communicationnelles de l’ANB à la vulgarisation de la biotechnologie moderne/biosécurité auprès des étudiants et stagiaires des écoles professionnelles ? Quelle connaissance de la biotechnologie moderne/biosécurité découle des activités communicationnelles déroulées par l’ANB ? L’objectif principal de cette étude consiste à analyser la contribution de la communication de l’ANB à la vulgarisation de la biotechnologie moderne/biosécurité auprès des étudiants et stagiaires des écoles professionnelles du Burkina Faso. De façon subsidiaire, il s’est agi d’analyser la connaissance de la biotechnologie/biosécurité qui découle des activités communicationnelles déroulées par l’ANB. L’hypothèse principale de recherche postule que les activités communicationnelles de l’ANB contribuent à la vulgarisation de la biotechnologie moderne/biosécurité auprès des étudiants et stagiaires des écoles professionnelles du Burkina Faso. De façon spécifique, nous affirmons que les activités communicationnelles déroulées par l’ANB ont permis d’améliorer les connaissances des étudiants sur la biotechnologie moderne /biosécurité.
Résumé : Ce présent article se veut une contribution des sciences sociales, notamment la communication dans l’appropriation de la biotechnologie/biosécurité à l’échelle nationale, eu égard aux controverses de divers ordres qui entourent ces questions au sein de notre société. Il s’est agi, ici de s’interroger sur la contribution de la communication à la vulgarisation de la biotechnologie/biosécurité. Notre démarche méthodologique est du type descriptif et analytique. A cela, s’ajoute des entretiens semi-directifs avec des spécialistes de la communication scientifique et une observation directe. Au titre des résultats, nous pouvons affirmer que les activités d’information et de sensibilisation sur la biotechnologie/biosécurité, menées par l’Agence Nationale de Biosécurité en collaboration avec les Institutions d’Enseignement Supérieur et de Recherche (IESR) et les écoles professionnelles a contribué à vulgariser ces questions auprès des étudiants et stagiaires desdites écoles professionnelles.
Mots-clés : Communication, Vulgarisation, Biotechnologie, Biosécurité
COMMUNICATION AND POPULARIZATION OF MODERN BIOTECHNOLOGY/BIOSECURITY TO STUDENTS AND TRAINEES IN VOCATIONAL SCHOOLS IN BURKINA FASO
Abstract : This article aims to contribute to the social sciences, particularly communication, in the appropriation of biotechnology/biosafety at the national level, given the various controversies surrounding these issues within our society. The aim here is to examine the contribution of communication to the popularization of biotechnology/biosafety. Our methodological approach is descriptive and analytical. In addition, we conducted semi-structured interviews with specialists in scientific communication and made direct observations. In terms of results, we can affirm that the information and awareness-raising activities on biotechnology/biosafety carried out by the National Biosafety Agency in collaboration with higher education and research institutions (IESR) and vocational schools have contributed to popularizing these issues among students and trainees at these vocational schools.
Keywords : Communication, Popularization, Biotechnology, Biosafety
Conclusion: Les conférences publiques sur la biotechnologie/biosécurité au profit des étudiants et stagiaires des écoles professionnelles, édition 2022 ont permis de toucher plus de 1300 participants. Les échanges ont été très fructueux entre les participants sur les enjeux des biotechnologies modernes et la biosécurité. Les préoccupations des participants montrent que beaucoup d’étudiants et stagiaires n’ont pas une bonne connaissance de la biotechnologie et de la biosécurité. Il y a alors la nécessité de poursuivre les actions de communications pour une meilleure appropriation de ces nouvelles avancées scientifiques et ce, au travers d’une mobilisation plus accrue des étudiants et stagiaires des écoles professionnelles qui pourraient servir de relais d’information au sein de leur environnement social. Par ailleurs, à la faveur de la création du projet de Carte Universitaire au Burkina Faso, un centre d’excellence, dédié à la communication scientifique pourrait être créé au sein d’une université publique ou au sein d’un Centre Universitaire spécialisé en Sciences et Techniques. Enfin, l’on pourrait évoquer non seulement la nécessité de la mise en place d’une Plateforme Nationale de Communication sur la biotechnologie/biosécurité à l’échelle nationale, mais aussi la poursuite du plaidoyer pour l’intégration de la biosécurité dans les curricula des universités et écoles de formation professionnelle en vue d’intensifier le processus communicationnel à l’endroit de toutes les strates sociales sur ces nouvelles technologies qui sont sujettes à certaines conjectures.
Références bibliographiques
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