N°021_Vol.2_16
- NUMERIQUE ET MUTATIONS DE L’INDUSTRIE MUSICALE TOGOLAISE
- Mèdèwèki SIZING
- Information et de la Communication (ED-730-LH)
- Université de Lomé, Togo
- eglousizing@gmail.com
- &
- Kondi-Napo SONHAYE
- Information et de la Communication
- Laboratoire : CEROCE (Centre d’Etudes et de Recherches sur les Organisations, la Communication et l’Education)
Introduction: La musique est l’art de combiner les sons (LAROUSSE, 2025), elle a commencé de façon traditionnelle par leschants avant de se transformer dans une combinaison qui met ensemble les chants avec d’autres sons venus d’instruments de musique originellement traditionnels. En Afrique, la musique avait plusieurs fonctions elle était comme une sourced’animation qui accompagnait des rites, mais aussi celle par laquelle toute une communauté exprimait ses émotions de joiepar la danse, en étant par la même occasion un socle d’unité. La musique africaine est d’abord rythmée, elle est parole etsouffle collectif, elle est ce qui fait danser la communauté et lui donne son unité (Senghor, 1964). La musique est donc àl’origine traditionnelle sur le continent noir, au Togo comme dans beaucoup de pays africains, la musique est une mémoirede l’histoire transmise aussi oralement. La musique traditionnelle togolaise est une mémoire vivante, transmise oralement,qui accompagne les rites, les fêtes et les luttes, sans se réduire à un produit marchand, (Gayibor, 2011). La musique comme dit était à l’origine motivée surtout en Afrique et au Togo par l’envie d’émouvoir une communauté, de raconter unehistoire, d’accompagner les hommes et femmes dans un contexte de lutte pour donner du souffle et elle avait une dimensionspirituelle, elle rassemblait dans des contextes précis et restait utilitaire. De sa dimension traditionnelle et le foisonnement despopulations de par le monde et l’ouverture de celles-ci sur le reste du monde, elles ont été amenées à s’ouvrir sur les autres contrées à travers la planète. Cette ouverture a conduit au-delà de la spécialisation à la marchandisation de la musique. Dès que la musique a connu sa dimension marchande, la nécessité des supports pour sa circulation et sa diffusion de par le monde, a conduit les acteurs à réfléchir. C’est ainsi que nait d’abord le vinyle, puis la cassette, suivi du disque compact (CD), ensuite des clés USB et du MP3. Aujourd’hui plus que jamais, le numérique nous a conduit vers ladématérialisation avec la musique qui est véhiculée à travers les plateformes sans support avec le streaming commelogique nouvelle. Alors que les supports musicaux étaient vendus et sources d’argent et donc de richesse à l’industriemusicale, le streaming à travers les plateformes globales, est gratuit au point où les uns et les autres se posent la question desavoir, de quoi vit l’industrie musicale et comment elle fonctionne ailleurs comme au Togo.
La problématique qui a guidé le choix de ce thème est de comprendre : comment le numérique transforme-t-il les dynamiques de l’industrie musicale togolaise, en termes de production, de circulation, de diffusion et de consommation desœuvres ? L’hypothèse principale émise dans cette démarche est la suivante : le numérique constitue un facteur quitransforme profondément l’industrie musicale togolaise en modifiant les modes de production, de circulation, de diffusionet de consommation des œuvres musicales, favorisant à la fois une démocratisation de l’accès à ces œuvres et l’émergence denouveaux modèles économiques et artistiques. L’objectif général de cette étude est d’analyser comment l’intégration dunumérique reconfigure les dynamiques de l’industrie musicale togolaise, en mettant en lumière ses effets sur la création artistique, la distribution des œuvres, les pratiques de diffusion et les comportements de consommation, afin de comprendre les opportunités et les défis qu’elle génère pour les acteurs locaux. En d’autres termes, il est question dans cette étude, d’analyser les transformations induites par le numérique dans la chaîne de valeur de la musique togolaise en termes deproduction, de circulation, de diffusion et de consommation, afin de comprendre leurs impacts sur les acteurs, les pratiqueset les modèles économiques de l’industrie culturelle. La démarche qui guide cette étude est axée sur la méthode qualitative etla recherche documentaire. Il est donc question pour cette recherche, de toucher à travers un guide d’entretien des personnes ressources, mais aussi de faire de l’observation des pratiques locales un levier de l’étude. Tout cela devra également êtreappuyé par une revue de la littérature sur l’industrie musicale de façon générale et principalement celle du Togo.
Résumé : L’industrie musicale a toujours été une industrie dont le produit qu’est la musique, donne l’occasion à l’êtrehumain après un travail, suite à certains problèmes ou à la suite d’un évènement heureux, de se reposer, de s’évader ouencore d’exprimer sa joie ou ses émotions. C’est donc pour satisfaire les hommes et femmes sur la planète que certains sesont investis dans l’industrie musicale à travers l’offre d’œuvres musicales de tous genres. La chaîne de production et de mise en valeur qui a été à la base traditionnelle, s’est ensuite transformée avec en toile de fonds, des œuvres musicalesproduites sur support à la base pour vente. Cependant, les mutations technologiques induites par le numérique, ont conduità un changement dans la chaîne de valeur des œuvres de la musique en général au point où l’accès de nos jours à ces œuvres est gratuit. Ainsi, la question du numérique et des mutations de l’industrie musicale togolaise, assaille depuis un temps notre esprit et nous a poussé à chercher à comprendre. Pour arriver à mieux cerner le phénomène, une étude estfaite au Togo. La démarche méthodologique pour cette étude a combiné une démarche qualitative et une analysedocumentaire, afin de cerner les contours de la problématique. La démarche scientifique qui a guidé cette étude, nous apermis de nous rendre à l’évidence que le numérique induit une reconfiguration systémique de l’industrie musicale togolaise,en ouvrant de nouvelles opportunités de visibilités et de monétisation, mais en fragilisant également les modèles traditionnelset en accentuant la dépendance aux plateformes globales.
Mots–clés : Numérique, mutation, consommation musicale, innovation technologique, communication digitale, défisréglementaires.
Références bibliographiques
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- GEURTS, A. & CEPA, K. (2023). Plateformisation et industries culturelles : mutations et enjeux. Paris : Éditions du CNRS.
- GONNEAU E. (2023), L’artiste, le numérique et la musique, CNM Editions
- ROGERS, E. M. (2003.) Diffusion of Innovations (5th Edition). New York: Free Press.
- UTTERBACK, J. & al. (2020). Innovation and Transformation in the Music Industry. Journal of Cultural Economics, 44(3), 215-233.
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- SENGHOR, L. S. (1964). Liberté I : Négritude et Humanisme. Paris : Éditions du Seuil.
- UNESCO, (2021). Rapport mondial sur les industries culturelles et créatives. Paris: UNESCO Publishing.
- GAYIBOR, N. (2011). Histoire des Togolais : Des origines aux années 1960. Lomé : Presses de l’Université de Lomé.
- IFPI (International Federation of the Phonographic Industry). 2022. Global Music Report. Londres : IFPI.
- SIGNORILE, Patricia(dir). (2019). Droit, musique et numérique. Presses universitaires d’Aix-Marseille.
- TCHAGNAO, K., (2019). Musique et société au Togo : entre tradition et modernité. Lomé : Presses Universitaires du Togo.
- KOMI T. (2021). Musique togolaise et révolution numérique : nouveaux espaces de création et de diffusion. Éditions Haho, Lomé.
- MBAYE, J. (2017). Digitalisation et industries culturelles en Afrique. Dakar : Codesria.
