• EXPRESSION DU GENRE EN ɟĪBŪŌ PARLER BETE DE SOUBRE (LANGUE KRU DE COTE D’IVOIRE) : UNE ETUDE MORPHOSEMANTIQUE
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  • Symphorien Télesphore GNIZAKO
  • Université Félix Houphouët Boigny
  • sgniza@gmail.com

Introduction: L’étude de l’expression du genre en ɟībūō, parler bété de Soubré s’inscrit à la croisée de la linguistique morphosyntaxique et de l’anthropologie linguistique :  elle vise à rendre compte des moyens linguistiques et extralinguistiques par lesquels les locuteurs bété marquent, construisent et interprètent les catégories de genre. Le bété en général et le ɟībūō en particulier présentent des ressources morphologiques qui participent à la signalisation du genre social et biologique. Comprendre ces mécanismes permet non seulement de documenter une langue moins écrite, mais aussi d’éclairer la façon dont les normes culturelles de genre se manifestent dans l’usage quotidien et dans les interactions communicatives. Ce travail se propose, d’abord, de décrire les traits linguistiques formels impliqués dans l’expression du genre en ɟībūō puis d’analyser leur fonctionnement en contexte discursif. A partir d’un corpus composé d’enregistrements de conversations, de narrations et d’entretiens semi-directifs, nous chercherons à articuler description linguistique et interprétation socioculturelle afin d’identifier les régularités morphosyntaxiques et les variations liées au statut et au genre des locuteurs. A travers ce travail, nous voudrions respecter notre engagement à étudier notre langue sur toutes ses diversités afin de la faire connaître et d’en avoir une vue panoramique. Pour ce faire nous avons subdivisé le travail en quatre grandes parties à savoir :  l’expression du genre masculin des humains, celle du genre féminin des humains ensuite voir l’expression du genre des non humains féminin avant de terminer avec l’expression du genre des non humains masculin.

 0.1 Méthodologie de recherche

Dans la recherche de méthode efficace pouvant nous aider à obtenir des données fiables pour une analyse objective des données, nous avons procédé par étapes. Dans un premier temps, nous avons initié l’entretien semi-direct avec nos informateurs afin d’obtenir des jugements de grammaticalité et des explications métalinguistes. Ensuite observer les données recueillies de nos informateurs pour voir l’usage en contexte. Nous avons par la suite permuter les données aux informateurs et les résultats obtenus nous ont démontrés que nous avions à notre possession des données qui pouvaient nous permettre de commencer notre analyse. Nous avons pour finir, classer les données selon le genre soit humain ou non humain.

Résumé :  Dans la présente étude, l’accent est mis sur le procédé de formation du genre en ɟībūō, une variété du bété parlé en Côte d’Ivoire. Il est à noter ici, l’existence de quatre différentes marques du genre qui fonctionnent comme des suffixes morphologiques intégrés aux mots à savoir :  le suffixe morphologique ɲɔ̄ [+humain masculins], ŋwɾɔ́ [+humain féminin], ɓɛ́lɷ́ [+animal masculin] et nʉ̄gā [+animal féminin]. Ces marques assurent simultanément des fonctions de nominalisation, d’agentivité et de marquage du genre. L’analyse montre que la distinction de genre repose sur une interaction étroite entre morphologie et trait sémantique tel que [+humain], [+animal], [+animé] et [+mâle]. Il en ressort que le système du ɟībūō privilégie une organisation lexicale du genre, plutôt qu’un marquage flexionnel strict.

Mots clés : genre, morphologie, suffixe, agentif, sémantique

Référence bibliographique

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