N°021_Vol.2_21
- INCLUSION SCOLAIRE ET STIGMATISATION DES ELEVES DEPLACES INTERNES DANS LA REGION DE BANKUI : ROLE DES ACTEURS
- DE LA VIE SCOLAIRE
- Nébilma Anatole BADOLO
- Enseignant-chercheur à l’Ecole Normale Supérieure, Burkina Faso
- ORCID iD: 0009-0007-2172-1332
- nebilmaanatole692@gmail.com
- &
- Gninneyo Sylvestre Pierre NIYA
- Enseignant-chercheur à l’Ecole Normale Supérieure, Burkina Faso
- ORCI iD : 0009-0000-5467-1107
- pierreniya@gmail.com
Introduction: Ki-Zerbo (1990) traitait de société suicidaire et de société qui enterre son avenir, toute société qui renonce à doter sa jeunesse d’outils de promotion optimale, qu’est l’éducation. Il est important d’évoquer la réforme du système éducatif suite à l’adoption de la loi N⁰ 013-2007/AN du 30 juillet 2007, portant loi d’orientation de l’éducation au Burkina Faso. En effet, en son article 3, cette loi dispose :
- « Toute personne vivant au Burkina Faso a droit à l’éducation, sans discrimination aucune, notamment celle fondée sur le sexe, l’origine sociale, la race, la religion, les opinions politiques, la nationalité, ou l’état de santé. Ce droit s’exerce sur la base de l’équité et de l’égalité des chances entre tous. »
Ce qui semble naturellement faire de l’école, un lieu de rencontre d’une grande diversité car les élèves viennent d’horizons divers pour leur formation. Cependant, la crise sécuritaire que vit le pays depuis 2015 va considérablement bouleverser cette inclusion jadis chérie par l’école burkinabè. En effet, cette crise a engendré des millions de personnes déplacées internes parmi lesquelles, figurent de nombreux élèves qui peinent aujourd’hui à se trouver une nouvelle structure éducative. Pire, « cette situation préoccupante va également conduire à une stigmatisation de la plupart des élèves qui, ont trouvé refuge dans de nouvelles structures éducatives » (Ouédraogo et al., 2024 :43). Le présent article s’appuie sur une problématique qui fait l’état des lieux de la stigmatisation des EDI dans la région du Bankui avec une méthodologie suivie de résultats ayant fait l’objet d’une discussion et une conclusion.
Conclusion: L’environnement scolaire, lieu de rencontre de plusieurs cultures est naturellement en clin à des écarts de conduite. Ce qui peut conduire à la stigmatisation de certains EDI de manière visible ou masquée. Lequel phénomène qu’il soit visible ou invisible ne saurait être occulté. C’est pourquoi, la présente étude s’est attelée à démontrer d’une part, la réalité du phénomène mais d’autre part, à décliner le rôle majeur que doivent jouer les Agents de la Vie Scolaire (AVS) dans la prise en charge des élèves victimes. Partis de la théorie de Goffman (1975) sur le stigmate, notre hypothèse selon laquelle les acteurs de la vie scolaire ont un rôle crucial de sensibilisation, de vulgarisation de l’inclusion scolaire, de prise en charge psychosocial et d’éducation aux méthodes de l’ESU dans la résolution de la stigmatisation des EDI s’est trouvée confirmée. Ainsi, avec une population de 65 individus à travers une méthodologie qui a allié donnée quantitatives et qualitatives, nous sommes parvenus aux résultats selon lesquels, plusieurs facteurs notamment la situation de vulnérabilité des EDI, les conditions socio-économiques de leurs parents et la méconnaissance des actions d’éducation en situation d’urgence concourent à cette stigmatisation. Pour ce faire, l’étude recommande d’accentuer la formation des AVS sur la prise en charge psychosociale des EDI compte tenu de la persistance du phénomène. Aussi, milite-t-elle pour l’instauration d’une franche collaboration avec les partenaires internes et externes aux établissements dans l’élaboration des contenues de prise en charge des EDI. De même, elle recommande une formation accrue des agents aux méthodes de l’Education en Situation d’Urgence (ESU). L’étude invite dans ce même ordre d’idée, les acteurs à accroitre la sensibilisation des autres élèves sur les méfaits de la stigmatisation à travers des sketchs, des conseils, …, afin d’instaurer un climat de confiance entre eux et les EDI par l’écoute, l’empathie, la bienséance etc. Enfin, elle préconise de renforcer les leviers de l’éducation inclusive dans les zones à for défis sécuritaires afin d’instaurer une cohésion sociale dans les établissements et garantir par ricochet un climat de convivialité pouvant permettre à tout apprenant d’apprendre en toute quiétude.
Résumé : Depuis 2015, le Burkina Faso à l’instar des autres pays du Sahel fait face à une crise sécuritaire sans précédent qui a occasionné des milliers d’élèves déplacés. Ces élèves, couramment appelés « Elèves Déplacés Internes (EDI) », sont confrontés à d’énormes difficultés au nombre desquelles la stigmatisation qui conduit certains d’entre eux à déserter définitivement les salles de classes. Or, le pays s’est engagé depuis des années, dans une politique d’inclusion scolaire afin d’éviter la mise à l’écart d’un enfant du système éducatif. Pour faire face à cette situation, des initiatives se doivent d’être développées par les Agents de la Vie Scolaire (AVS) qui se trouvent être les premiers acteurs terriens de résolution. Le présent article intitulé « Inclusion scolaire et stigmatisation des élèves déplacés internes dans la région de Bankui : rôle des acteurs de la vie scolaire », a pour objectif d’analyser le rôle des AVS dans la prise en charge inclusive des EDI victimes de stigmatisation dans les établissements scolaires afin de trouver des mécanismes de résolution. Ainsi, la théorie du stigmate de Goffman a été utilisée à travers une méthode mixte avec des questionnaires adressés aux élèves et des guides d’entretien adressés aux AVS. Il ressort de l’étude que plusieurs facteurs notamment la situation de vulnérabilité des EDI, les conditions socio-économiques de leurs parents et la méconnaissance des actions d’éducation en situation d’urgence (ESU) concourent à cette stigmatisation. Pour ce faire, l’étude recommande une sensibilisation des acteurs surtout des autres élèves sur les méfaits de la stigmatisation, la vulgarisation de l’inclusion scolaire et une formation accrue des AVS dans la prise en charge psychosociale des EDI et en éducation en situation d’urgence.
Mots-clés : élève déplacé interne, stigmatisation, inclusion scolaire, acteurs de la vie scolaire et éducation en situation d’urgence.
Références bibliographiques
- Dépelteau, F. (2000). La démarche d’une recherche en sciences humaines : de la question départ à la communication des résultats. Presses de l’Université Laval.
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- Ouédraogo, I., & al., (2024). Crise sécuritaire et baisse des acquis scolaires chez les EDI. Revue Sciences et Techniques, 40 (1). https://revuesciences-techniquesburkina
- Ouédraogo, I., Sawadogo, A., & Zongo, Y. A. S. E. (2024). La motivation aux apprentissages scolaires chez les élèves déplacés internes dans la région du centre-ouest du Burkina Faso. Revue Scientifique Sociétés, Education, Santé et Pathologies Sociales, 1(2), 223-243.
- Pinto, R.& Grawitz, M. (1971). Méthodes des sciences sociales, Paris Dalloz. 870 p
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- Soré, Z. (2026). Conditions de déplacés et rescolarisation des élèves déplacés internes dans la commune de Kaya (Centre Nord du Burkina Faso). Education et Sociétés, 55
