• LA FORCE PHONOLOGIQUE DES VOYELLES SUFFIXALES DE L’EWONDO
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  • Diandra Sleene MENDOUGA OWONA
  • Université d’Ebolowa, Ebolowa, Cameroun
  • ORCID iD:0009-0002-3048-3560
  • diandrasleenemendouga@gmail.com

Introduction: Mel’èuk (1994) définit la dérivation affixale comme « un processus qui permet de former un dérivé en ajoutant à un radical ou une base un ou plusieurs affixes dits dérivationnels. ». La dérivation affixale en ewondo, s’intéresse surtout à la création de nouveaux items et a pour point de départ une base dérivationnelle primitive[1] ou étendue[2] à laquelle doivent obligatoirement s’adjoindre un ou plusieurs affixes. La dérivation suffixale constitue un mécanisme privilégié de formation de thèmes nominaux à partir de bases nominales ou verbales en ewondo. Cependant, l’analyse des suffixes de nominalisation en ewondo révèle une asymétrie fondamentale dans le comportement des voyelles de ces suffixes. Ce travail de recherche pose le problème de l’asymétrie visible entre la voyelle centrale /ə/ et la voyelle basse /a/ dans les suffixes de nominalisation en ewondo. Dès lors, nous cherchons à savoir quelles sont les contraintes phonologiques qui dictent ce comportement différencié et dans quelle mesure la force phonologique intrinsèque de chaque segment détermine sa résistance morphophonologique.  L’objectif principal de cette étude est d’expliquer cette asymétrie à partir du degré de spécification phonologique de chacune des voyelles suffixales. Nous émettons l’hypothèse selon laquelle cette asymétrie s’explique par le degré de spécification phonologique intrinsèque à chaque segment. Ce qui détermine leur vulnérabilité face aux contraintes de surface de la langue. Pour vérifier cette hypothèse, après avoir fait la présentation de la langue (1), nous apporterons une précision sur la taxonomie des noms dérivés (2), nous évaluerons le comportement sémantique des suffixes (3) avant d’évaluer la force des suffixes à travers leur comportement morphophonologique (4). base constituée uniquement du radical.

1.Présentation de la langue

Selon les données d’Ethnologue (2026), le groupe beti-fang également appelé « Jaunde » forme une communauté homogène historiquement établie au sud du Cameroun, dans le nord du Gabon et dans une infime partie de la Guinée Equatoriale. Au Cameroun, ce groupe se caractérise par un continuum dialectal où les variations locales n’entravent guère la compréhension mutuelle. De ce fait, le terme beti-fang renvoi à la fois à un ethnonyme et à un glossonyme. Au sein de cet ensemble, l’ewondo s’inscrit comme un dialecte au même titre que le bulu, le ntumu, l’eton, le mvele ou le faŋ. Choisi par les missionnaires pour l’œuvre de l’évangélisation, l’ewondo a rapidement bénéficié d’une codification écrite devenant un vecteur de communication trans-tribal pour diverses communautés Ekaŋ tant dans les sphères politiques et liturgiques qu’éducatives. Indépendamment de sa dynamique sociolinguistique, l’ewondo possède un foyer géographique originel qui sur la carte du Cameroun, se situe dans la région du centre englobant les départements du Mfoundi, de la Mefou-et-Afamba, de la Mefou-et-Akono, du Nyong-et-So’o, ainsi qu’une section du Nyong-et-Mfoumou. Ethnologue (2026) identifie l’ewondo (Iso 639-3 ewo) comme une langue a vitalité stable avec environ 2,5 millions de locuteurs. Elle tend vers un niveau de vitalité institutionnelle de par son utilisation dans la liturgie religieuse, dans les médias nationaux et dans les projets pilotes d’enseignement scolaires.

Résumé : Notre objectif dans ce travail, est d’étudier la force phonologique des voyelles des suffixes de nominalisation en ewondo, une langue bantoue (A72a) parlée dans la région du centre du Cameroun. Dans cette langue, les suffixes de nominalisation sont de deux types : les suffixes en |-a| et les suffixes en |-ə|. Bien qu’ils se greffent tous les deux aux mêmes types de radicaux, ces deux suffixes ne comportent pas de la même manière dans le même contexte. Les suffixes en |-a| entrainent des changements au sein du radical, tandis que les suffixes en |-ə| subissent ces changements.

Mots-clés : Dérivation suffixale, Nominalisation, Ewondo, Force phonologique, Contraintes.

Références bibliographiques

Livres

  • Archangeli, D. (1984). Underspécification in Yawelmani phonology and morphology. These de doctorat, MIT.
  • Dubois, J. & Al. (2002). Dictionnaire de linguistique. Larousse. 
  •  Essono, J-M. (2000). L’ewondo langue bantou du Cameroun, phonologie, morphologie, syntaxe, Yaoundé : presse de l’UCAC/ACCT. 608P
  • Essono, J-M. (2012). Langue et Culture ewondo. Belle France.
  • McCarty, J. & Prince, A. (1993). Optimality Th (MEUL’EUK, 1994)eory: Constraints Interaction in Generative Grammar. Rutgers University Center for Cognitive Science.
  • MEUL’EUK, Igor, (C-1993- C2000), Cours de morphologie générale : théorique et descriptive, Volume 2 : 2è partie :, Signification morphologiques, Mont réal, Presse de l’Université de Mont réal et CNRS éditeur.
  • Zimmermann, Eva (2017), Morphological Length and Prosodically Defective Morphemes, Oxford University Press, Oxford.

Articles

  • Inkelas, Sharon (1995), The consequences of optimization for underspecification, in J.Beckman, ed., ‘Proceedings of NELS 25’, GLSA, Amherst, MA, pp. 287–30
  • Inkelas, Sharon (1998), The theoretical status of morphologically conditioned phonology: a case study from dominance, in ‘Yearbook of Morphology 1997’, Kluwer, Dordrecht, pp. 121–155.
  • Inkelas, Sharon, C. Orhan Orgun and Cheryl Zoll (2004), The implications of lexical exceptions for the nature of grammar, in J.McCarthy, ed., ‘Optimality Theory in Phonology’, Blackwell, Oxford, pp. 542–551.
  • Zimmermann, Eva (2013), ‘Vowel deletion as mora usurpation: the case of Yine’, Phonology 30, 125–163.
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