• INVESTISSEMENT ET RENTABILITE : ROLE MEDIATEUR DE L’EFFET DE LEVIER FINANCIER ET DU COEFFICIENT DE LEVIER OPERATIONNEL AU SEIN DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’ELECTRICITÉ SA (2014-2023)
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  • Bill NZUZI PHUATI
  • Chercheur et apprenant au troisième cycle, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education/Département de Gestion des Entreprises et Organisation du Travail
  • Université de Kinshasa
  • billphuati3@gmail.com
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  • Alphonse KASONGO DJUNGA
  • Professeur Full, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education/Département de Gestion des Entreprises et Organisation du Travail à l’Université de Kinshasa
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  • Divin DISI KALUETE
  • Doctorant, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education /Département de Gestion des Entreprises et Organisation du Travail à l’Université de Kinshasa
  • ORCID iD: 0009-0002-8958-8463
  • divindisi75@gmail.com

Introduction: Les entreprises évoluent en effet dans un espace financier qui leur offre des instruments et des possibilités d’action spécifiques, mais qui les soumet aussi à des contraintes drastiques. C’est ce qui permet de définir d’abord l’objet de la gestion financière ou de la finance d’entreprise par référence à ces opportunités et à ces contraintes suscitées par l’environnement financier (Cohen, 1991). Ainsi, une entreprise quelques soit son secteur d’activité, elle doit traiter des problèmes de gestion financière chaque fois qu’elle effectue ou envisage une opération qui exige l’acquisition, la détention ou la cession de monnaie et de titres. En conséquence, toute entreprise insérée dans une économie où circulent de la monnaie et d’autres créances se trouve confrontée aux opportunités et aux contraintes de la finance et doit donc mettre en place des procédures appropriées de gestion financière pour la prise des décisions. Il s’est en effet avéré que l’investissement est l’un des seuls modes de financement pouvant répondre efficacement aux besoins élevés des PME et notamment des entreprises innovantes (Poitrinal, 2010). Madame Lagarde, ancienne directrice générale du FMI, annonçait dans un discours du 14 septembre 2010 que, l’investissement est avant tout un formidable outil de financement des entreprises, un outil de marché qui a fait ses preuves et qui témoigne de la capacité de la sphère financière à se mettre au service de l’économie réelle. Tout projet d’investissement accroît généralement l’activité de l’entreprise, l’investissement engage l’avenir de l’entreprise, c’est-à-dire au niveau de sa productivité et sa compétitivité sur le marché (Kasongo, 2018).

L’investissement comme  la  consommation, est  essentiel voir indispensable à toute activité économique. Même si l’investissement ne signifie pas toujours la croissance et création d’emploi, par contre sans investissement, pas de doute possible, la croissance et l’emploi ne peuvent être au rendez-vous.  Quant à ce, nous pouvons dire que l’investissement étant un facteur de la vie économique d’une entreprise, il est une bonne chose pour le développement d’une firme. En République démocratique du Congo, les entreprises publiques ont longtemps occupé une place importante dans l’économie nationale. Après l’indépendance de 1960, l’Etat congolais a progressivement pris le contrôle de plusieurs secteurs stratégiques tels que l’énergie, les mines, les transports, les télécommunications et l’eau. Cette politique s’est renforcée sous le régime du Président Mobutu avec la politique de la Zaïrianisation dans les années 1970. Cependant, au fil du temps, plusieurs entreprises publiques sont devenues moins performantes à cause de la mauvaise gestion ; de la corruption ; du manque d’investissements ; du clientélisme politique ; de l’endettement excessif et de l’absence de compétitivité. Durant les années 1980 et 1990, la crise économique a fortement affaibli ces entreprises. Beaucoup d’entre elles fonctionnaient à perte et dépendaient continuellement des subventions de l’Etat. Face à cette situation, les partenaires internationaux comme Banque mondiale et Fonds monétaire international ont encouragé la RDC à engager des réformes économiques et institutionnelles. La grande réforme des entreprises publiques en RDC débute officiellement avec la loi n°08/007 du 7 juillet 2008 portant dispositions générale relatives à la transformation des entreprises publiques. Cette réforme avait pour objectif de moderniser le secteur public et d’améliorer la performance économique des entreprises de l’Etat. Cette loi a conduit à trois principales transformations : (1) Certaines entreprises ont été transformées en sociétés commerciales ; (2) D’autres sont devenues des établissements publics ; (3) Certaines ont été dissoutes ou privatisées (4) Et parmi les entreprises concernées figurent : la SNEL, REGIDESO, GECAMINES, SCTP Etc…

Raisons de la réforme des entreprises publiques en sociétés commerciales sont accentuées sur les variables ci-après : (1) Améliorer la gestion (Les entreprises publiques connaissaient une gestion inefficace caractérisée par des déficits financiers et une faible productivité) ; (2) Réduire les charges de l’Etat (L’Etat dépensait énormément d’argent pour soutenir des entreprises déficitaires, ce qui pesait lourdement sur le budget national) ; (3) Attirer les investisseurs (créer un environnement économique plus crédible et plus attractif pour les investisseurs privés nationaux et étrangers) ; (4) Moderniser les infrastructures ; (5) Renforcer la transparence et la gouvernance (Mécanismes de contrôle financier et une gestion basée sur la performance) et (6) Adapter les entreprises à l’économie de marché (les entreprises publiques devaient devenir compétitives et rentables). Toutefois, nous remarquons que, les investissements au sein des organisations publiques congolaises en général n’ont pas tendance à influencer leur rentabilité. Du fait que, nous ne constatons aucune transformation des faits financiers sur les organisations congolaises dans leur manière de gérer. La Société Nationale d’Electricité S.A Ciblée qui se recherche pour son développement, et cela du fait que, la société se retrouve à l’incapacité de satisfaire sa population, et nous pouvons dire durant toutes ces années, la firme a dû investir dans son domaine d’exploitation, sous plusieurs formes. Mais, le constat est que la société sous étude n’arrive toujours pas à décoller et se démarquer dans le temps. Pour se faire, nous menons une étude pour vérifier non seulement le niveau des investissements mais aussi à identifier les retombés de ces investissements sur la rentabilité de la SNEL après la réforme, question d’apprécier les résultats de cette réforme. Pour ce faire, notre préoccupation dans cette étude est de répondre à la question principale suivante : comment les investissements influencent-ils la rentabilité de la SNEL à travers l’effet médiateur du levier financier et du coefficient de levier opérationnel ? De cette question principale découlent les questions secondaires ci-après : (1) Quel est le niveau des investissements entrepris par la SNEL durant ces Dix années sous étude ? (2) Dans quelle mesure l’effet de levier financier influence-t-il la relation entre investissement et rentabilité ? (3) Dans quelle mesure le coefficient de levier opérationnel influence-t-il la relation entre investissement et rentabilité ? Corrélativement aux interrogations soulevées dans la problématique, nous émettons les hypothèses suivantes : Au regard de notre hypothèse principale, les investissements influenceraient positivement la rentabilité de la SNEL, et cette influence est renforcée par l’effet médiateur du levier financier et du coefficient de levier opérationnel. (1) Le niveau des investissements entrepris par la SNEL durant ces années sous études serait faible. (2) L’effet de levier financier améliorerait l’impact des investissements sur la rentabilité lorsque le rendement des investissements est supérieur au coût de la dette. (3) Le coefficient de levier opérationnel renforcerait l’effet des investissements sur la rentabilité en amplifiant l’impact des variations du chiffre d’affaires sur le résultat d’exploitation. Partant de nos hypothèses, le présent article se propose, d’analyser la relation entre les investissements et la rentabilité de la SNEL après la réforme de 2008, en mettant en évidence…

Résumé : La présente étude porte sur l’investissement et la rentabilité : rôle médiateur de l’effet de levier financier et du coefficient de levier opérationnel, avec comme champ d’investigation la société nationale d’électricité, SNEL SA en sigle. Sur la période allant de 2014 à 2023. L’objectif principal est d’analyser l’influence des investissements sur la rentabilité de la SNEL en mettant en évidence le rôle médiateur du levier financier et du coefficient de levier opérationnel. Pour atteindre cet objectif, la méthode d’analyse financière a été utilisée, appuyée par la technique documentaire. Les données ont été recueillies à partir des états financiers de la SNEL et analysées l’étude de l’équilibre financier, du levier financier et du coefficient de levier opérationnel. Les résultats montrent que les investissements ont connu une progression continue durant la période sous étude. Toutefois, cette évolution ne s’est pas traduite par une amélioration durable de la rentabilité. L’analyse révèle également que l’effet de levier financier est demeuré majoritairement négatif, tandis que le coefficient de levier opérationnel a présenté une forte volatilité. En revanche, les indicateurs de liquidité, de solvabilité et d’équilibre financier restent globalement satisfaisants. L’étude conclut que les investissements constituent un levier essentiel du développement de la SNEL, mais que leur efficacité dépend de la maîtrise des coûts d’exploitation, d’une gestion prudente de l’endettement et d’une amélioration de la performance opérationnelle.

Mots-clés : Investissement, Rentabilité, Effet de levier financier, Coefficient de levier opérationnel, médiation, performance financière, SNEL S.A, République démocratique du Congo.

INVESTISSEMENT AND RETURN ON INVESTISSEMENT : THE MEDIATING ROLE OF FINANCIAL LEVERAGE AND OPERATING LEVERAGE AT THE NATIONAL ELECTRICITY CORPORATION, S.A. (2014-2023)

 Abstract : This study focuses on investment and profitability : the mediating role of financial leverage, using the National Electricity Company (SNEL S.A.) as a case study over the period from 2014 to 2023. The main objective was to analyze the relationship between investment and profitability while highlighting the mediating role of financial leverage and the degree of operating leverage. To achieve this objective, the study employed the financial analysis method supported by documentary research. Data were collected from SNEL’s financial statements and analyzed through horizontal analysis, financial ratio analysis, financial balance assessment, financial leverage, and the degree of operating leverage. The findings reveal that investment increased steadily throughout the study period. However, this growth did not lead to a sustainable improvement in profitability. The analysis further indicates that financial leverage remained predominantly negative, while the degree of operating leverage showed significant volatility. Nevertheless, liquidity, solvency, and financial balance indicators remained generally satisfactory. The study concludes that investment is an essential driver of SNEL’s development. However, its effectiveness depends on efficient operating cost management, prudent debt management, and improved operational performance.

Keywords : Investment, Profitability, Financial Leverage, Operating Leverage, Mediation, Financial Performance, SNEL S.A.

Conclusion: Il est important de rappeler que notre travail a porté sur investissement et rentabilite : rôle mediateur de l’effet de levier financier et du coefficient de levier operationnel au sein de la société nationale d’electricité sa (2014-2023). Cette recherche a été menée en vue d’analyser la relation entre les investissements et la rentabilité de la SNEL après la réforme de 2008, en mettant en évidence le rôle médiateur de l’effet de levier financier et du levier opérationnel dans cette relation.  A l’issue de l’analyse des données, les résultats suivants ont été obtenus : (1) Les investissements de la SNEL ont connu une croissance continue entre 2014 et 2023, traduisant la volonté de l’entreprise de moderniser ses infrastructures et d’accroître ses capacités de production ; (2) La structure financière de la SNEL demeure relativement solide, malgré une baisse progressive de l’autonomie financière et une augmentation du niveau d’endettement. Les capitaux propres restent néanmoins supérieurs au total des dettes ; (3) Le coefficient de levier opérationnel est très volatil, alternant des valeurs positives et négatives. Cela traduit une forte sensibilité du résultat d’exploitation aux variations du chiffre d’affaires et une maîtrise insuffisante des coûts d’exploitation ; (4) L’effet de levier financier est majoritairement négatif sur la période étudiée, les investissements financés par l’endettements n’ont généralement pas généré une rentabilité économique suffisante pour couvrir le coût de la dette ; (5) Le rôle médiateur du levier financier et du coefficient de levier opérationnel est seulement partiellement confirmé. Les deux leviers influencent la relation entre investissement et rentabilité, mais ils ne permettent pas d’améliorer durablement la rentabilité de la SNEL ; (6) L’augmentation des investissements ne garantit pas, à elle seule, une amélioration de la rentabilité.

Références bibliographiques

Ababsa, A., & Azzaoui, A. (2022). Analyse de l’impact des effets de leviers opérationnels et financiers sur la valeur de l’entreprise. Ecole supérieure de commerce Mouloud Kacem, Algérie.

Cohen, E. (1991). Gestion financière de l’entreprise et développement financier. Canada : EDICEF. 

Guide Boursier. (2025). Le levier opérationnel et financier :défiitions et implications. Récupérer le 7 juillet 2026 de https://www.capital.fr

Kasongo, A. (2018). Introduction à la gestion des entreprises. FPSE. Cours en premier année graduat en Gestion des Entreprises et Organisation du Travail (Syllabus inédit). Kinshasa : Université de Kinshasa.  

Poitrinal, F. (2010). Le capital-investissement : guide juridique et fiscal. Paris : revue banque.