• UNE APPROCHE DISCURSIVE DE LA SUBJECTIVITE DANS SOUS LA CENDRE LE FEU D’EVELYNE MPOUDI NGOLLE
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  • Jodelle Charitès NGONO MANGA
  • Université de Yaoundé I, Cameroun
  • charitesmanga@gmail.com

Introduction: Cette réflexion vise à dépasser les conditions apparentes de la subjectivité telles qu’énoncées par Benveniste qui les réduisait essentiellement aux marques de la personne, notamment les pronoms personnels interlocutifs et certaines formes linguistiques y afférentes. Loin de se limiter à une étude indicielle, il propose une organisation des indicateurs de la subjectivité, envisagée comme expression d’un ensemble de valeurs, de croyances, de pensées et de sentiments qui se manifestent dans le discours d’un locuteur. Dès lors, comment s’articule l’expression de la subjectivité dans un texte littéraire et plus précisément narratif ? Son opérationnalité se déploierait en trois temps : la mise en valeur de l’aspect affectif du discours, l’exploration de la dimension cognitive (mécanismes mentaux du narrateur/personnage), et l’analyse des relations subjectives tisse entre lui-même, son objet-discours et son interlocuteur. Une telle approche conduit inévitablement à dégager l’idéologie de l’écrivain. Pour ce faire, nous appliquerons cette grille de lecture au roman homodiégétique Sous la cendre le feu d’Evelyne Mpoudi Ngollè.

0.1 Cadre théorique: Ce travail s’inscrit dans le vaste champ de l’énonciation, dont il propose une herméneutique discursive intégrative. Benveniste, qui en est une figure incontournable, a ouvert ce champ en jetant les bases de la question de la subjectivité ainsi qu’il déclare : « L’instance de discours est aussi constitutive de toutes les coordonnées qui définissent le sujet et dont nous n’avons désigné sommairement que les plus apparentes. » 1966, p.262. En revanche, les travaux de Kerbrat-Orecchioni sont plus proches de notre réflexion, bien qu’ils ne sortent pas totalement d’une analyse de la signification de certaines parties du discours ; ce qui ne permet pas à Kerbrat de proposer une grille d’ensemble de la construction de la subjectivité dans un discours. Toutefois, c’est en tirant parti également des classifications proposées par Charaudeau, Galatanu, Le Querler, etc., sur la modalisation que nous forgerons notre outillage. En somme, ce travail a pour ambition d’apporter une pierre supplémentaire à l’édifice foisonnant des études sur l’Analyse du Discours.

Résumé : La subjectivité comme voie par laquelle l’intimité profonde du locuteur est mise en exergue devrait dévoiler toutes les ambiguïtés et les moyens d’accès à l’affectivité, à la psychologie et aux mécanismes cognitifs et mentaux du sujet-parlant. A l’inverse de Benveniste qui fonde sa réflexion, à ce propos, sur les aspects formels, qu’on observe explicitement chez tout locuteur, ce travail s’appuie plutôt sur des piliers de fond profonds qui font rejaillir volontairement ou non l’intériorité du locuteur afin de dégager l’idéologie même de l’auteur. Le roman homodiégétique d’Evelyne Mpoudi Ngollè, intitulé Sous la cendre le feu, nous permet d’illustrer ce postulat. 

Mots-clés : Subjectivité ; affectivité ; discours ; locuteur, mécanismes cognitifs

Références bibliographiques

  • BALLY, Charles, 1909, Traité de stylistique française, Berne, Francke.
  • BENVENISTE, Émile, 1966, Problèmes de linguistique générale, tome 1, Paris, Gallimard.
  • CHARAUDEAU, Patrick, 1992, Grammaire du sens et de l’expression, Paris, Hachette.
  • GALATANU, Olga, 1999, Sémantique et analyse du discours, Paris, Ophrys.
  • KERBRAT-ORECCHIONI, Catherine, 1980, L’énonciation : de la subjectivité dans le langage, Paris, Armand Colin.
  • Le QUERLER, Nicole, 1996, Typologie des modalités, Caen, Presses Universitaires de Caen.
  • MAINGUENEAU, Dominique, 2004, Le discours littéraire, paratopie et scène d’énonciation, Paris, Armand Colin.
  • NGOLLE MPOUDI, Evelyne, 1992, Sous la cendre le feu, Paris, Harmattan.