• LES ADVERBES PRÉ-VERBAUX DANS LE SYSTÈME VERBAL DE L’ABBEY, LANGUE KWA DE CÔTE D’IVOIRE
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  • N’Guessan Edmond APIA
  • Département des Sciences du Langage et des Langues Nationales
  • Université Félix Houphouët-Boigny
  • apianguessanedmond@gmail.com

Introduction: L’abbey est une langue appartenant à la sous-famille des langues kwa. Elle est parlée dans le sud de la Côte d’Ivoire. Dans cette langue, les unités que nous avons rangées dans la classe des adverbes peuvent être scindées en deux groupes : le premier, qu’on pourrait appeler « adverbes ordinaires », sont des unités lexicales qui se rencontrent en position postverbale, dans les énoncés verbaux. Elles portent des tons, exclusivement, lexicaux. Le deuxième groupe, quant à lui, comprend les unités que Apia (2017) a appelées « adverbes pré-verbaux » : quand ils sont employés, dans les énoncés, ils se rencontrent toujours avant les constituants verbaux. Les unités de ce type portent des tons, exclusivement, grammaticaux, comme c’est le cas pour les constituants verbaux. C’est sur ce deuxième groupe d’unités grammaticales que porte le présent article, dont l’objectif général est de décrire le fonctionnent desdits adverbes pré-verbaux dans le système verbal de la langue abbey. Cependant, pour atteindre cet objectif général, il convient de développer des objectifs spécifiques. Ceux-ci se présentent comme suit : présenter les méthodes de travail ainsi que le cadre théorique utilisé ; exposer les faits ; étudier l’impact de ces adverbes sur les constituants et autres éléments grammaticaux dans les énoncés verbaux. Le développement de ces objectifs spécifiques constituera les parties essentielles de cet article. À présent, intéressons-nous aux méthodes de travail et au cadre théorique sous-tendant cette étude.

1.Méthodes de travail et cadre théorique retenu: Pour qu’une étude soit correctement menée, il convient qu’elle obéisse à une méthode de travail et s’inscrive dans une perspective théorique. Ces étapes, nous les présentons dans les lignes qui suivent.

1.1. Méthodes de travail: Les méthodes de travail mises en place et suivies ont respecté deux étapes : la première a concerné celle des recherches bibliographiques sur le sujet ; la deuxième, quant à elle, a concerné celle des recherche de terrain. Celles-ci nous ont permis de récolter les données en lien avec notre sujet de recherche. Le corpus de la langue abbey que nous avons ainsi élaboré et sur lequel nous nous sommes appuyés pour rédiger cet article, l’a été avec le concours d’informateurs[1] abbey résidant à Agboville, mais aussi à Abidjan.

À présent, exposons le cadre théorique qui sous-tend la présente étude.

 1.2. Cadre théorique et quelques définitions opératoires: Le cadre théorique retenu pour cette étude est celui développé par Maurice Houis dans ses articles parus dans les numéros 1 et 2 de la revue Afrique et Langage (1974), et dans le numéro 1 de celle de 1977. Cette perspective théorique a été choisie parce qu’elle nous semble disposer des outils appropriés pour identifier et expliciter la langue et ses composantes. Toutefois, elle a été complétée par les travaux d’autres auteurs, chaque fois que le besoin s’est fait sentir. Pour Houis, la description (grammaticale) d’une langue procède selon trois paliers : le palier de la morpho-syntaxe, celui de la lexicologie et celui de la sémio-syntaxe.

  • [1] Nous tenons à remercier Mme Yapo M. Rosine Épse APIA et M. Adja Kama Marcel, nos informateurs principaux. Bien que le dernier nommé soit locuteur de l’abbey tiofo, sa collaboration nous a été d’une utilité remarquable. Précisons, par ailleurs, que les exemples d’énoncés convoqués dans cet article sont tirés de l’abbey morié.

Résumé : En abbey, langue kwa de Côte d’Ivoire, les unités reconnues comme étant des adverbes peuvent être réparties en deux groupes suivant leur position par rapport aux constituants verbaux, dans l’énoncé verbal. Ce sont, premièrement, les adverbes qu’on qualifierait d’ordinaires. Il s’agit de ceux qu’on rencontre, dans la langue, en position postverbale. Ceux-ci portent des tons, exclusivement, lexicaux. Le deuxième groupe, quant à lui, est constitué d’unités que Apia (2017) a appelées « adverbes pré-verbaux ». Ce type d’unités porte des tons, exclusivement grammaticaux, exactement comme les constituants verbaux. C’est ce deuxième groupe d’unités grammaticales que le présent article tentera d’analyser, plus profondément, afin d’en comprendre le fonctionnement dans le système verbal de la langue abbey. Pour se faire, des données auprès de locuteurs abbey ont été recueillies. Le traitement de ces données s’est appuyé sur le cadre théorique développé par Maurice Houis dans ses articles parus dans les numéros 1 et 2 de la revue Afrique et Langage (1974), et dans le numéro 1 de celle de 1977. Notre étude a abouti aux résultats qu’en abbey, les adverbes pré-verbaux constituent une liste finie de sept (07) unités grammaticales. Aux plans sémantique, morphophonologique et syntaxique, leur influence sur les signifiants verbaux est grande. Avec les constituants verbaux, ils partagent quelques caractéristiques morphologiques.

Mots-clés : abbey ; adverbes pré-verbaux ; système verbal

Références bibliographiques

  • AGBADJA Sénamé Kokou, 1983, « Pour une approche nouvelle des prétendus « ADVERBES » EꞵE » in Afrique et langage, N°19, 1er semestre, p. 32-51.
  • AHOUA Firmin et GBERY Eddy, 1991, « Aspects of the tonal morphophonology of abbey and the mid tone » in CIRL, N° 26, p. 5-21.
  • AHOUA Firmin et LEBEN, William, 1997, The phonology of focus in Tano (9th Niger-Congo syntax and semantic workshop, University of Ghana, Legon). (Non publié)
  • APIA N’Guessan Edmond, 2017, Descriptions phonologique et grammaticale de l’abbey morié, parler abbey des Sous-préfectures de Grand-Morié et d’Attobrou, Thèse unique de Doctorat, Université Félix Houphouët Boigny de Cocody. (Thèse non publiée)
  • BOGNY Yapo Joseph, 2005, « La réduplication des verbes monosyllabiques dans les langues kwa de Côte d’Ivoire » in Journal of African Languages and Linguistics, Mouton de Gruyter, Volume 26, Number 1.
  • BOLE-RICHARD Rémy, 1978, « Problématique des séries verbales avec application en gen » in Afrique et langage, N°1, p. 24-47.
  • BOLE-RICHARD Rémy, 1981, « Une autre approche de l’harmonie vocalique : le mot phonologique en éga » in CIRL, N°10, p. 31-51.
  • BOLE-RICHARD Rémy, 1983, Système phonologique et grammatical d’un parler éwé : le gen-mina du sud-Togo et sud-Bénin, L’Harmattan.
  • BONVINI Emilio, 1986, « Aspects verbaux : quelques définitions opératoires », in Afrique et langage, N°25, 1er semestre, p.55-64.
  • CORBIN Danièle, 1980, « Contradictions et inadéquations de l’analyse parasynthétique en morphologie dérivationnelle » in Théories linguistiques et traditions grammaticales, Presses universitaires de Lille, p. 181-224.
  • CRESSEILS Denis et KOUADIO N’Guessan Jérémie, 1977, Description phonologique et grammaticale d’un parler baoulé, ILA, Université Nationale de Côte d’Ivoire.
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