• ANALYSE QUALITATIVE DE L’ACQUISITION DE LA COMPÉTENCE LINGUISTIQUE EN ANGLAIS CHEZ LES DOCTORANTS MAROCAINS
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  • Imane BARAKAT
  • 1Laboratoire Langue, Communication, Pédagogie et Valeurs,
  • Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Université Cadi Ayyad
  • Institut Supérieur des Professions Infirmières et Techniques de Santé
  • ORCID iD : 0000-0002-3070-3642
  • imanebarakat@hotmail.com
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  • Abdeljalil AMIME
  • Laboratoire Langue, Communication, Pédagogie et Valeurs,
  • Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Université Cadi Ayyad
  • ORCID iD: 0009-0000-3031-2943
  • a.amime@uca.ac.ma
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  • Ali OUASSOU
  • Laboratoire Langage et Société CNRST-URAC 56,
  • Ecole Supérieure de l’Education et de la Formation, Université Ibn Tofail
  • ORCID iD : 0009-0009-8002-7118
  • ali.ouassou@uit.ac.ma

Introduction: Dans un contexte d’internationalisation de la recherche scientifique, l’anglais s’impose comme la langue dominante de la communication et de la production académiques, faisant de sa maîtrise une compétence essentielle pour l’intégration des chercheurs, en particulier des doctorants, aux communautés scientifiques internationales (Hyland, 2016; Crystal, 2003). Ainsi, la compétence en anglais ne se limite pas à la maîtrise des règles grammaticales, mais renvoie à une capacité multidimensionnelle. Elle comprend notamment la compréhension et la production écrites et orales, la capacité à interagir avec différents interlocuteurs, ainsi que la mobilisation adéquate de ressources linguistiques en fonction des situations de communication (Canale & Swain, 1980 ; Council of Europe, 2020). Au Maroc, cette exigence se confronte à une réalité linguistique complexe et multilingue, marquée par la prédominance historique du français dans l’enseignement supérieur et par une pratique encore limitée de l’anglais académique (Ben Hammou & Kesbi, 2024; CSEFRS, 2022). Les doctorants marocains sont ainsi amenés à apprendre l’anglais comme langue étrangère tout en l’utilisant dans des contextes de forte exigence scientifique, notamment à travers la lecture et la publication d’articles spécialisés, la participation à des conférences et les échanges avec des pairs anglophones (Bazar et al., 2023; Galil, 2024). La maîtrise de cette langue suppose dès lors la mobilisation conjointe de plusieurs dimensions: la compréhension et la production, qui renvoient aux capacités réceptives et expressives; l’interaction orale, qui engage la construction du sens dans l’échange ; ainsi que la maîtrise des relations syntaxiques, sémantiques et morphologiques qui structurent le fonctionnement du système linguistique. Elle implique également la capacité à exprimer des nuances modales, notamment l’attitude, le degré de certitude, l’intention ou la relation au contexte, ainsi qu’à organiser les éléments de la langue selon des modèles grammaticaux cohérents (Canale & Swain, 1980; Council of Europe, 2020).

Malgré les réformes visant à renforcer l’enseignement de l’anglais, le niveau linguistique global des doctorants demeure insuffisant, en particulier dans les compétences de production écrite et orale nécessaires à la communication scientifique (Msaddek, 2016; Elmachichi & Brigui, 2025). Dans cette perspective, la compétence linguistique en anglais ne saurait se limiter à la maîtrise des règles grammaticales, mais doit être envisagée comme un processus intégrant des dimensions communicatives, discursives et stratégiques (Brown, 2007; Oxford, 2017). Cette conception permet d’envisager les différentes dimensions de la compétence linguistique comme des éléments complémentaires et interdépendants. La maîtrise de la grammaire aide à construire et à comprendre le sens, tandis que le vocabulaire et les expressions permettent d’adapter son discours aux différentes situations de communication. Ainsi, la compétence linguistique repose à la fois sur la connaissance de la langue et sur la capacité à l’utiliser dans des contextes varies (Council of Europe, 2020). Dès lors, comprendre les modalités de développement de ces compétences chez les doctorants marocains, ainsi que les obstacles susceptibles d’entraver leur progression, constitue un enjeu central pour améliorer leur performance académique et leur intégration dans la recherche internationale.

C’est dans cette cadre que s’inscrit la présente étude qui se propose d’analyser les difficultés rencontrées par les doctorants marocains dans le développement de leur compétence linguistique en anglais, en mettant l’accent sur les dimensions grammaticales et communicatives. À la lumière de cet objectif, notre étude s’articule autour de la question suivante : Quelles difficultés les doctorants marocains rencontrent-ils dans le développement de leur compétence linguistique en anglais, notamment sur les plans grammatical et communicatif ? Au regard de cette question de recherche, nous formulons l’hypothèse selon laquelle les doctorants marocains rencontreraient des difficultés dans le développement de leur compétence linguistique en anglais, notamment sur les plans grammatical et communicatif. Ainsi, la présente étude s’articule autour de trois parties. La première partie présente la méthodologie adoptée, notamment les participants, les méthodes de collecte et d’analyse des données, ainsi que les considérations éthiques. La deuxième partie est consacrée à la présentation des résultats relatifs à la compréhension, à la production écrite, à l’interaction orale, à la syntaxe, à la sémantique, aux systèmes morphologiques, aux nuances modales et à la structuration des modèles grammaticaux. La troisième partie est consacrée à la discussion des principaux résultats à la lumière des travaux antérieurs. Enfin, la conclusion synthétise les principaux enseignements de la recherche, met en évidence ses implications ainsi que ses limites et perspectives.

Résumé: Cette étude avait pour objectif d’analyser l’acquisition de la compétence linguistique en anglais chez les doctorants marocains, en mettant l’accent sur les dimensions grammaticales et communicatives. Elle a adopté une approche qualitative et a été menée entre juillet et septembre 2025 auprès de vingt-quatre doctorants recrutés par appel à contribution, la taille de l’échantillon ayant été déterminée selon le principe de saturation des données. La collecte des données s’est appuyée sur des entretiens individuels hybrides combinant une phase écrite et une phase orale afin de recueillir des informations à la fois réfléchies et approfondies. Les entretiens, enregistrés, transcrits et anonymisés, ont été analysés par codage thématique autour de huit axes linguistiques incluant la compréhension, la production écrite, l’interaction orale, les relations syntaxiques, les relations sémantiques, les systèmes morphologiques, les nuances modales et la structuration des modèles grammaticaux. Les résultats obtenus ont montré que, même si certains doctorants ont déclaré avoir un niveau d’anglais satisfaisant, ils ont soulevé des difficultés dans les différentes compétences linguistiques étudiées, notamment dans la compréhension écrite et orale, la production écrite ainsi que l’expression orale. Ces difficultés sont principalement liées au vocabulaire scientifique, à la prononciation, à la fluidité de l’expression et au manque de confiance. L’analyse a également fait ressortir des difficultés sur les plans syntaxique, sémantique, morphologique et modal, ainsi que dans l’emploi des structures grammaticales. Ces problèmes semblent être liés à des interférences du français dans l’usage de l’anglais. En conclusion, l’acquisition de l’anglais chez les doctorants marocains s’est révélée inégale et incomplète. Ces résultats mériteraient d’être confirmés par une étude quantitative menée auprès d’un échantillon représentatif afin d’évaluer précisément l’ampleur des difficultés identifiées et de guider la conception de dispositifs de formation ciblés en anglais académique adaptés aux besoins réels des doctorants.

Mots-clés: Anglais académique; Compétence linguistique; Doctorants marocains; Recherche qualitative; Difficultés linguistiques

Références bibliographiques

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