N°021_Vol.3_26
- DE LA SECURISATION FONCIERE : PROBLEMATISATION ET METHODOLOGIE
- Joseph RANDRIANASOLO
- Diplôme National de Docteur Aménagement
- Université de Perpignan Via Domitia France
- Enseignant-Chercheur à l’Institut Supérieur des Techniques de l’Environnement
- Université de Fianarantsoa – Madagascar
- ORCID iD: 0009-0008-1308-8618
- jo18randrianasolo@gmail.com
Introduction: Le riz est cultivé selon une grande diversité de conditions dans la région Sud-Ouest. Il constitue une filière vivrière très importante. L’agriculture est intimement liée à la vie quotidienne et culturelle des paysans. Son absence ou son insuffisance désacralise le milieu. L’impact des aléas climatiques constitue des blocages à considérer. Les parcelles titrées sont rares voire inéxistantes. Les terrains sont domaniaux mais font l’objet d’une appropriation traditionnelle individuelle. Cette dichotomie conduit à la recherche d’objectifs primordiaux pour endiguer la pérennité d’une telle pratique. La question qui se pose reste celle qui détermine dans quelle mesure un aménagement foncier constitue-t-il un facteur de développement concernant ces différents périmètres irrigués ? Pour plus de clarté quels moyens faudraient-ils envisager pour que cette structure à mettre en place puisse satisfaire les besoins de sécurisation des paysans-producteurs peu engagés dans un processus de transformation foncière ? L’hypothèse de travail de recherche intéresse la sécurisation foncière dans l’aménagement de ces divers périmètres. En premier lieu, elle crée une dynamique de développement économique, tout en intensifiant les modes de cultures. L’occupation permanente du sol favorise l’amélioration de la production rizicole ainsi que l’épanouissement de son avenir pour d’autre aspect de sécurisation. En second lieu, elle est un moyen pour garantir la paix sociale si le droit de propriété par l’immatriculation ou le cadastre d’une part et le droit de jouissance de la terre par le droit coutumier d’autre part, sont reconnus par la communauté villageoise. Les conflits fonciers seraient alors réduits aux maximum. En dernier lieu, la sécurisation foncière est déjà une contribution à la protection et au sauvegarde de l’environnement. Ainsi la dilapidation de ressources naturelles qui prend actuellement l’allure d’une catastrophe à cause de l’accès libre aux terres et aux ressources seraient annihilée.
Dans cette perspective, les objectifs fixés doivent viser à résoudre la crise d’identité des paysans-producteurs en vue de l’élargissement de leur espace social et à améliorer dans une large mesure leur niveau de vie. Le développement local intégré considéré, devrait permettre d’assurer la promotion d’une approche foncière de développement. Le résultat attendu serait accès sur l’alliance des paysans-producteurs et à leurs capacités de négociation pour déboucher sur de nouvelles coalitions sociales. Cette nouvelle entité mettra sur pied un dispositif de sécurisation foncière indispensable pour résoudre les points de blocage succeptibles d’entraver la reforme à réaliser. L’approche foncière du développement devra catalyser ce processus dynamique qui répondra aux besoins actuels et permettra de sauvegarder les perspectives d’avenir et de garantir la pérennité des ressources pour les générations futures. Cet article se limite essentiellement en deux parties, à savoir : la partie « Problématique » qui détermine dans quelle mesure un aménagement foncier constitue-t-il un facteur de développement concernant les différents périmètres irrigués ? La partie « Méthodologie » adoptée qui repose sur l’analyse systémique des différents paramètres agronomiques, économiques et sociaux.
Résumé : Les études de préfaisabilité et de faisabilité des périmètres irrigués de la SAMANGOKY, de la SEDEFITA et du Génie Rural n’ont jamais intégré la sécurisation foncière. Ils ont subi une dégradation sans précedent. La productivité reste faible car la maîtrise de l’eau n’est pas acquise. Ces périmètres aménagés ou non ne sont pas cadastrés. Les terres domaniales font l’objet d’une appropriation traditionnelle qui reste incontestée. Dans quelle mesure un aménagement foncier devient-il un facteur de développement ? Il s’avère primordial de solutionner à sa juste valeur cette crise d’identité des paysans afin d’améliorer leur niveau de vie. Il n’appartient pas à l’Etat de gérer le foncier. Son rôle se cantonne à poser les règles du jeu. Il s’avère donc nécessaire de changer d’une façon progressive leur statut afin que ces paysans acceptent leur rôle d’acteurs de développement pour les rendre progressivement dynamiques et obtenir une productivité croissante.
Mots-clés : foncier; périmètre; sécurisation foncière; productivité croissante.
Références bibliographiques
- AKTOUF, O. (1987). Méthodologie des sciences sociales et approche qualitative des organisations, les Presses de l’Université du Québec, Une introduction à la démarche classique et une critique, 213pp.
- BRUNET, R. & al. (2001). Les Mots de la Géographie, Dictionnaire critique, Paris, Reclus
- CROUSSE, B. & al. (1986). Espaces disputés en Afrique Noire, Paris, Karthala, 426 p.
- Claire BLESS & Paul ACHOLA. (1988). « Fundamentals of Social Research Methods : An African Perspective. »
- GAUTHIER, B. (1987). Recherche sociale, édition Presse de l’Université du Québec, p.464.
- HAMON, J.F & PARMENTIER, M.C. (2005). Types de représentation et contextes d’enculturation. Psychologie et Éducation.
- J-P Olivier de SARDAN. (1995). Anthropologie et développement : essai en socio-anthropologie du changement social, Paris Karthala.
- Le MOIGNE, JL. (1990). La modélisation des systèmes complexes. Dunod, Paris. & C. BARRIERE. (1995). « Le foncier- environnement pour une gestion viable des ressources naturelles renouvelables au Sahel. »
- Pierre-Yves LE MEUR. (2002). « Approche qualitative de la question foncière, Note méthodologique » Cité dans Document de travail de l’Unité de Recherche 095 N° 4, de l’IRD REFO.
- QUIVY, R. & CAMPENHOUDT, LV. (1998). Manuel de recherche en sciences sociales, Dunot, Paris.
