• REPLANTATION DU CACAO À SIKABOUTOU : DYNAMIQUE DE RÉSILIENCE PAYSANNE ENTRE INITIATIVES INDIVIDUELLES ET COLLECTIVES
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  • Younéloué Amandine OUROU
  • Doctorante, Université Alassane Ouattara,
  • Département d’Anthropologie et de sociologie
  • ORCID iD: 0009-0004-5656-9156
  • amandineourou@gmail.com
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  • Kouakou Valentin KRA
  • Enseignant chercheur
  • Université Alassane Ouattara
  • ORCID iD: 0009-0009-5469-6860
  • kravalentin2005@yahoo.fr
  • &
  • N’goran François KOUASSI

Introduction: La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, fait face à un vieillissement accéléré de ses vergers, avec plus de 40 % des plantations âgées de plus de 25 ans (CCC, 2022). Ce phénomène, lié à la fois à des facteurs agronomiques, économiques et sociaux, a de profonds impacts sur les dynamiques rurales, la productivité agricole et la résilience des cacaoculteurs. Dans ce contexte, le renouvellement des vergers apparaît comme un enjeu majeur du maintien de la capacité de production actuelle et celle à venir des exploitations. Cependant, la replantation n’apparait pas comme une activité agricole ordinaire. Elle nécessite la mobilisation de main-d’œuvre, de ressources financières sans ignorer que la plantation rénovée ne produira pas d’aussi tôt de revenus. Les travaux de Ruf et Konan 2001 montrent d’ailleurs que la replantation est plus contraignante que la création de nouvelle plantation, en raison des coûts du travail nécessaire et des conditions socio foncières dans lesquelles elle s’effectue. En effet, la réduction du couvert forestier et le renforcement des contraintes environnementales conduisent progressivement à privilégier l’entretien, l’amélioration et la réhabilitation des plantations existante. Ainsi, la replantation apparaît comme une nécessité de production mais aussi comme une adaptation aux contraintes qui pèsent sur la culture du cacao. Les réponses aux contraintes relèvent donc des initiatives individuelles qui se manifestent non seulement au niveau familial, mais aussi des actions collectives inscrites dans l’entraide des organisations et collectif d’accompagnement ainsi que des coopératives. Toutes ces actions précitées renvoient à la résilience paysanne.

C’est le cas de sikaboutou zone de production cacaoyère où la majorité des plantions est vieillissante et moins productive. Puisque la majorité des plantations a plus de vingt-cinq ans d’existence. Cette situation est la résultante de plusieurs contraintes que sont : l’appauvrissement du sol à cause des années de vie des vergers, la raréfaction de la main-d’œuvre pour entretenir les exploitations agricoles, la disparition des terres arables due à la concurrence mais aussi des techniques culturales utilisées par les planteurs. Ainsi pour y faire face, les paysans ont développé comme stratégie la replantation des cacaoyers qui permettra, à terme, de renouveler les plants et améliorer leur productivité. Partant, nous nous posons la question de savoir comment les producteurs de cacao de Sikaboutou mobilisent-ils des initiatives individuelles et collectives dans la replantation de leurs vergers, et en quoi ces dynamiques contribuent-elles à renforcer leur résilience face aux crises agricoles et environnementales ? L’objectif de cet article est d’analyser comment les producteurs de Sikaboutou réagissent face aux contraintes qui entravent la replantation du cacao. De façon spécifique, il s’agit d’identifier dans un premier temps les contraintes auxquelles sont confrontés les producteurs ; en second lieu, mettre en évidence les formes d’initiatives individuelles et collectives que mobilisent les cacaoculteurs de sikaboutou pour faire faces aux contraintes. De ce fait, notre hypothèse stipule que la condition de durabilité des plantations renouvelées repose sur la combinaison des initiatives individuelles et collectives. La vérification de cette hypothèse repose sur une approche mixte s’appuyant sur le paradigme de la résilience communautaire pour l’analyse.

Résumé : Le cacao, pilier de l’économie ivoirienne est confronté à des contraintes dans sa pérennisation. À Sikaboutou, la cacaoculture fait objet de mutations majeures qui interrogent directement la capacité de résilience des producteurs. Cet article analyse donc comment les producteurs de Sikaboutou réagissent face aux contraintes qui entravent la replantation de cacao. Pour le déroulement de l’étude, nous avons privilégié une approche mixte. Ainsi la collecte de données s’est faite à l’aide d’entretien semi-directif et de l’administration d’un questionnaire aux enquêtés. Les résultats montrent deux stratégies (individuelles et collectives) de réponses aux contraintes. Les producteurs adoptent ces stratégies en fonction de leurs accessibilités.

Mots-clés : cacaoculture ; replantation ; résilience ; individuelle ; collectives

COCA FARMING IN SIKABOUTOU : DYNAMICS OF FAMER RESILIENCE BETWEEN INDIVIDUAL AND COLLECTIVE INITIATIVES

Abstract : The cocoa, pillar of the economy of the Ivory Coast is confronted to constraints in its perpetuation. In Sikaboutou, the cacaoculture makes object of major mutations that interrogates the capacity of resilience of the producers directly. This article analyzes therefore how the producers of Sikaboutou react facing the constraints that hinder the replantation of cocoa. For the progress of the survey, we privileged a mixed approach. So the collection of data got used with the help of semi-directif interview and the administration of a questionnaire to them investigated. The results show two strategies (individual and collective) of answers to the constraints. The producers adopt these strategies according to their accessibilities.

Keywords :cacao farming; replnting; resilience; individual; collective.  

Références Bibliographiques

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  • CCC (Conseil Café-Cacao). (2022). Rapport annuel sur la filière cacao ivoirienne. https://www.conseilcafecacao.ci
  • Centre National de Recherche Agronomique (CNRA). (2021). Bien cultiver le cacaoyer en Côte d’Ivoire (Fiche technique). Ministère de l’enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique. https://cnra.ci/download/bien-cultiver-le-cacaoyer-en-cote-divoire
  • Deheuvels, O. (2011). Compromis entre productivité et biodiversité sur un gradient d’intensité de gestion de systèmes agroforestiers à base de cacaoyers de Talamanca, Costa Rica (Doctoral…