N°021_Vol.3_21
- LES ÉCHOS D’UN SILENCE PATHÉMIQUE DANS CELLULE 512
- DE MISSA HÉBIÉ
- Haoua NANA
- Université Norbert Zongo
- ORCID iD : 0009-0002-6716-8863
- nhaoua@ymail.com
Introduction: La sémiotique est une science qui embrasse de nombreux champs d’application. Parmi ces champs, figure le septième art, pris en charge par la sémiotique du cinéma. De facto, elle s’intéresse au mécanisme de production de sens dans les supports filmiques afin de permettre une meilleure intellection de ceux-ci. Dans le discours filmique, d’aucuns accordent plus de crédit au dit tout en reléguant le non-dit au second plan ainsi que ce qui est tu, en l’occurrence le silence. Pourtant, le silence en tant que « moment de la communication » (J-P. Sartre, 1948) est un véritable moyen qui permet de faire passer un message. En sémiotique, le silence est pris en charge par la sémiotique de l’absence qui plonge ses racines dans l’implicite linguistique. Dans le domaine du septième art, le cinéaste, en fonction de ses objectifs, peut faire recours au silence à travers plusieurs procédés : le jeu des plans, le montage, le scénario, etc. Ce faire filmique est porteur de sens pour le sémioticien et mérite donc que l’on l’interroge. Le long métrage Cellule 512 du réalisateur burkinabè Missa Hébié est un bel exemple où le silence se donne à lire comme la réponse à une situation qui indexe des pratiques sombres qui gangrènent l’univers carcéral. Ainsi, quels sont les modes d’actualisation du silence dans ce film ? Comment ce silence fait-il sens ? Telle est la problématique qui sous-tend la présente réflexion. L’objectif de l’étude est de montrer que le silence est une stratégie de mise en discours dans le film ; un silence qui est porteur de sens. En poursuivant cet objectif, nous voulons examiner l’hypothèse selon laquelle Cellule 512 est le lieu de manifestation d’un silence pathémique mis à l’épreuve par un agir inconvenant. Aussi, Mme Kinda, l’actrice principale est la force absorbante de cet agir. Pour mener à bien cette analyse, nous ferons recours à la sémiotique de l’absence et quelques éléments de la sémiotique du sensible. Il s’agira donc pour nous dans un premier temps de faire un aperçu théorique sur la sémiotique de l’absence tout en faisant un clin d’œil à quelques outils conceptuels de la sémiotique du sensible ; et dans un second temps nous examinerons les différents modes de manifestation du silence dans Cellule 512 pour une meilleure saisie de ce film.
Synopsis du film: Calix, fils d’un richissime homme d’affaires, brûle en pleine vitesse le feu et est percuté par Mme Kinda qui était à bord de son véhicule. Malheureusement, Calix trouve la mort dans cet accident et Mme Kinda est emprisonnée en attendant son procès. Une fois incarcérée, elle sera constamment maltraitée par Bougoum et le Directeur de la prison. Ce dernier a été stipendié par M. Nana, le père de Calix, afin qu’il fasse souffrir Mme Kinda pour la mort de son fils unique. Cette affaire permettra de mettre à nu les tares de la PRICO (Prison Civile de Ouagadougou) : un lieu où les détenus subissent toutes sortes de maltraitances ; certains sont violés, d’autres sont contraints à se prostituer. Cependant, il est une catégorie de prisonniers, qui est traitée avec beaucoup d’égard, car ces prisonniers ont su corrompre les premiers responsables des lieux. Mme Kinda, traumatisée par l’accident, se plonge dans un mutisme total. Elle découvre ainsi un univers carcéral sans pitié où l’on veut la réduire à un objet sexuel. Elle s’y refuse au nom de sa dignité de femme. Grâce à sa force de caractère, elle résistera jusqu’au bout malgré tous les sévices que le Directeur et son complice Bougoum lui ont infligés. Après les efforts du procureur et l’infirmier syndicaliste Alex, le juge en charge du dossier de Mme Kinda, prononça un non-lieu et elle retrouva ainsi la liberté.
Abstract: In Native Son by Richard Wright, the author’s perception of the link between violence, the Prince, and retributive justice in America remains largely underexplored in the current literary-critical landscape. Yet Wright’s understanding of the violence-Prince-retributive justice triad is so inextricably deconstructionist that it deserves closer critical attention. To better decipher the Wrightean perception of violence and retributive justice, this paper seeks to understand the novel’s deep-rooted origins of violence, how the Prince instrumentalizes retributive justice for his own ends of revenge, and the extent to which his revenge exposes the flaws of the justice system as a whole. To this end, the analysis draws upon Michel Foucault’s (1975) theory of justice, which holds that justice is a system of social, economic, and political domination in which the Prince imposes his value system and uses the judicial apparatus to punish those who contravene it. The use of the Foucauldian approach demonstrates that the marginalized employ violence as a means of self-creation amid a struggle against the Prince, who uses retributive justice to oppress them. Furthermore, the study shows that as long as the Prince instrumentalizes the retributive justice system for his own benefit, it only further exposes its flaws.
Keywords : Violence, justice, Native Son, Foucault
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