• DIDACTIQUE DE LA PONCTUATION EN CÔTE D’IVOIRE : DES PRESCRIPTIONS CURRICULAIRES AUX RÉALITÉS DES MANUELS
  • DU SECONDAIRE GÉNÉRAL
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  • Sié Juradin SOM
  • Université Félix Houphouët-Boigny
  • ORCID iD : 0009-0001-3951-3714
  • siejuradinsom@yahoo.fr

Introduction:  L’enseignement de la grammaire ne peut se faire sans le choix de supports pédagogiques que constituent les manuels scolaires. Ainsi, les manuels scolaires se posent comme des supports ayant un statut particulier en ce sens qu’ils sont des écrits didactiques à la fois conçus pour l’élève et pour l’enseignant. Pour l’enseignant, le manuel scolaire demeure un réservoir d’exercices, mais aussi un guide pour organiser l’enseignement et une source dans laquelle les savoirs, notamment les notions grammaticales à enseigner, dont la ponctuation sont explicitement définis. Pour ce faire, la question de la place de la ponctuation dans les manuels de grammaire a suscité l’intérêt de plusieurs linguistes dont Catach, Chabanne, Fayol, Paolacci qui sont arrivés à la conclusion que celle-ci y est mal abordée. Ce point de vue est partagé par Jacques et Vaudrey Luigi qui notent que

  • « les manuels de français la relèguent généralement aux confins de certains chapitres, l’annexent souvent à l’orthographe (…) ou alors l’étudient factuellement au détour de l’analyse de textes littéraires, de procédés stylistiques ou, plus marginalement, de problèmes rédactionnels des élèves. » (Jacques et Vaudrey Luigi : 2014 :3)

En effet, appréhendée depuis toujours comme une notion mineure dans l’enseignement de la langue française, la ponctuation est pourtant un outil linguistique fondamental dans la structuration de la phrase aux plans syntaxique et sémantique. En Côte d’Ivoire, bien que les réformes curriculaires aient eu pour objectif, dans l’apprentissage du français, d’amener l’apprenant à la construction du sens du texte à travers l’expression écrite par la structuration de sa pensée, une réalité demeure au sujet de la place de l’enseignement de la ponctuation. Elle ne fait pas l’objet d’un enseignement autonome, et sa place dans les manuels demeure superficielle, réduite à un accessoire à l’occasion de l’étude de certaines notions grammaticales dont les signes en constituent les caractéristiques. Dès lors, le sujet ainsi formulé suscite les questions de recherche suivantes : quelle place les manuels de grammaire accordent-ils à la ponctuation ? Comment la ponctuation y est abordée par les auteurs ? Quelles démarches ces auteurs adoptent-ils pour faciliter sa transposition didactique ? Permettent-elles une appropriation des fonctions logico-syntaxiques de la ponctuation ? Nous postulons que le traitement de la ponctuation dans les manuels de grammaire est superficiel et ne favorise pas son appropriation par les apprenants en situation de production écrite. Par conséquent, son intégration dans les programmes d’enseignement et la réadaptation des manuels scolaires pour l’introduire pleinement dans les contenus pourraient contribuer à une meilleure transposition didactique au profit des apprenants. L’objectif de cette étude est donc de montrer qu’il existe un écart entre les contenus didactiques proposés dans les programmes d’enseignement et les manuels, et les objectifs de l’Approche Par Compétence (APC) qui met au centre de l’apprentissage les compétences visant à donner à l’apprenant des ressources  lui permettant de construire le sens de tout type de texte. Ainsi pour y parvenir, nous nous attèlerons à analyser quantitativement et qualitativement quelques manuels de grammaire utilisés par les enseignants dans la préparation des cours, et même comme support desquels sont extraits des exercices.

Résumé : La ponctuation, outil linguistique important de la structuration de la pensée, demeure une notion apparente dans l’enseignement de la grammaire au secondaire général en Côte d’Ivoire. Cet article se propose de porter un regard critique sur la réalité de cette notion dans les manuels scolaires au prisme des successives réformes curriculaires survenues dans le système éducatif ivoirien. Ainsi de la Pédagogie Par Compétence (PPO) à l’Approche Par Compétence (APC), en dépit des objectifs qui visent à mettre la production de sens au cœur de l’apprentissage, force est de constater que la ponctuation est maintenue à un niveau d’apprentissage superficiel dans les manuels de grammaire. Considérée comme un accessoire, les auteurs l’associent à la majuscule et aux accents et la présentent comme une exigence orthographique plutôt que comme un outil grammatical de rédaction textuelle, d’une part, et l’abordent sous l’angle de l’oralité par le fait qu’on la réduit à une pause ou à une intonation, d’autre part. Par ailleurs, l’analyse des exercices qui marquent la phase d’application à la fin de la transposition didactique sur la ponctuation, révèle une prédominance du bas niveau cognitif du fait que ces exercices sont dominés par des consignes qui n’appellent pas à son usage en situation d’écrits complexes, mais plutôt à de simples repérages de signes, à leur insertion mécanique sans aucune possibilité de manipulation en situation de rédaction.

Mots-clés : ponctuation, manuels scolaires, réformes curriculaires, apprenants, enseignement.

Références bibliographiques

  • Carion, Y. (2009). La ponctuation dans les productions écrites d’étudiants en reprise d’études, SPIRALE-Revue de recherches en Education, 44 :159.
  • Claude, V. (2006). Le manuel scolaire : Un outil à multiples facettes, Presses de l’Université du Québec (PUQ), 23
  • David, J, & Vaudrey-Luigi, S. (2014). Enseigner la ponctuation, Le français d’aujourd’hui, 187 :3
  • Lemaitre, B. (1995). La ponctuation : un savoir enseignable ? Enseigné ? Spirale, Revue de recherches en Éducation, 15 :190
  • Riquois, E. (2010). Évolutions méthodologiques des manuels et matériels didactiques complémentaires en FLE. Education & Formation, 129–142. [En ligne], consultable sur URL : https://halshs.archivesouvertes.fr/halshs-01066557