• L’APPORT DE L’EVEIL AUX MATHEMATIQUES SUR LES COMPETENCES COGNITIVES DU JEUNE ENFANT EN COTE D’IVOIRE
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  • Akissi Bah Esther KONAN
  • Université Félix Houphouët-Boigny
  • estherkonanakissi@gmail.com
  • &
  • Rith Pascal ADJOUA
  • Université Félix Houphouët-Boigny

Introduction:  « Assurer l’accès de tous à une éducation inclusive et équitable et à des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie d’ici à 2030 », voici l’un des objectifs de développement durable (ODD 4) que se sont fixés les organismes internationaux qui œuvrent en faveur de l’éducation (Rapport de la Banque Mondiale, 2024-2025). Tel que décrit, il faut comprendre que la question de l’enseignement est de plus en plus un sujet qui préoccupe les états africains spécifiquement la Côte d’Ivoire. En effet, l’éducation est d’abord un droit fondamental et universel. C’est un puissant vecteur de développement en ce sens qu’il participe à réduire la pauvreté, les inégalités sociales. Elle contribue également à développer la confiance des enfants et leur permet d’acquérir des compétences diverses. L’instruction tire toute son importance en ce sens qu’elle prépare les enfants à affronter les défis futurs. Malheureusement, on constate de manière récurrente une déperdition des acquis des apprenants dans plusieurs domaines dont les principaux sont la lecture, l’écriture, les mathématiques qui représentent pourtant les apprentissages fondamentaux chez le jeune enfant. Ainsi, dans un Rapport rendu public par la Banque Mondiale, il est mentionné que « le monde traverse une crise des apprentissages », (2018 : 3)[1] et que dans les pays à revenu faible et intermédiaire, la plupart des enfants d’une dizaine d’années sont incapables de lire et comprendre correctement un texte court et adapté à leur âge. Ce taux va crescendo avec près de 70 % en 2022. Selon les résultats du PASEC (2019), en référence à la Côte d’Ivoire, seuls 17,2 % des élèves de fin de primaire atteignaient le niveau requis en mathématiques, et 40, 4 % en français. Au vue de ces résultats, repenser l’enseignement des mathématiques tout en agissant depuis les classes du préscolaire serait favorable pour atteindre de meilleurs résultats. Comenius (XVIIème siècle) relève que « L’enfance est le meilleur moment pour former l’homme. Plus tard, on n’en vient pas à bout » cité par Ouvrier-Buffet (2023, pp 2). Cette citation met en évidence toute l’importance d’agir très tôt chez le jeune enfant. Les apprentissages futurs en mathématiques requièrent de ce fait une fondation solide, de haute qualité, dès l’éducation préscolaire puisque l’éveil dans cette matière est garant d’une réussite éducative et scolaire en sciences et en mathématiques au primaire et au secondaire (National Research Council, 2009, 2013).

Ces dernières années, l’Etat de Côte d’Ivoire a placé l’éducation au cœur de ses actions afin d’améliorer la qualité de l’éducation. Cependant, le constat est tel que, de nombreux apprenants du primaire présentent des lacunes en mathématiques et cela est perceptible à plusieurs niveaux, notamment dans le dénombrement, la géométrie, la résolution de problèmes, etc. Dès lors, il convient de s’interroger sur les pratiques effectuées, les activités menées. L’objectif en menant cette étude, c’est bien de montrer le rôle de l’éveil aux mathématiques ainsi que son impact sur le développement des compétences cognitives de l’enfant. Autrement dit, elle analyse la manière dont les premières expériences arithmétiques participent à la construction du raisonnement logique afin de réduire considérablement les difficultés d’apprentissage observées dans le primaire. Elle vise également à comprendre les facteurs qui expliquent les difficultés en mathématiques chez les apprenants en Côte d’Ivoire.

S’appuyant sur ce constat, cette étude soulève la question suivante : Comment l’éveil aux mathématiques contribue-t-il au développement des compétences cognitives ainsi qu’à la réussite scolaire des apprenants en Côte d’Ivoire ? Quelles sont les mécanismes mis au point ainsi que, les activités pratiquées au préscolaire pour garantir aux apprenants un meilleur apprentissage ? Partant de là, l’initiation précoce aux apprentissages serait un moyen efficace pour remédier aux inégalités rencontrées en mathématiques par les apprenants. Ainsi, une stimulation précoce à travers des activités ciblées favoriserait une meilleure préparation aux apprentissages des mathématiques et une meilleure compréhension de ses concepts.

  • [1] Rapport sur le développement dans le monde 2018 : Apprendre pour réaliser la promesse de l’éducation.

Résumé : On reconnait bien qu’il est important d’initier très tôt l’enfant à la lecture car cela participe à son développement tant cognitif que langagier. Pour cela, les parents ou encore les accompagnateurs mobilisent des ressources nécessaires afin d’offrir ce cadre aux enfants. Moins de personnes cependant, ne se penchent sur la question de l’éveil en ce qui concerne les mathématiques, pourtant faisant partie des apprentissages fondamentaux chez le jeune enfant. L’apprentissage des mathématiques chez le jeune enfant est crucial pour son développement intellectuel et déterminant pour sa réussite future. Les premières années de vie sont des étapes essentielles aux apprentissages à ne surtout pas négliger. Ainsi, intégrer les mathématiques de manière précoce permet à l’enfant de se familiariser avec les nombres, de les comprendre et cela permet de les aider à développer leur raisonnement logique et un esprit critique. En d’autres termes, explorer très tôt les chiffres dans les habitudes de l’enfant lui permettrait d’acquérir des bases solides capables de modeler son raisonnement mathématique et sa vision du monde, ce tout au long de sa vie. En Côte d’ivoire, les mathématiques suscitent peu d’intérêt chez la plupart des élèves et même des étudiants, pour cause de leur complexité. A travers cet article, nous entendons présenter l’intérêt qu’il y a pour le jeune enfant de développer plus tôt des compétences en mathématiques, ce qui pourrait d’une certaine manière réduire les échecs scolaires dans le primaire.

Mots-clés : Apport éveil mathématique, jeune enfant, Compétence cognitive

Conclusion : Notre étude a porté sur l’apport de l’éveil aux mathématiques chez les jeunes apprenants en Côte d’Ivoire. En amorçant cette étude, notre objectif était de mettre en avant le rôle et la place de l’éveil dans le développement cognitif et de montrer comment cette approche contribue à la construction du nombre au préscolaire dans le contexte éducatif ivoirien. Pour se faire, nous avons recueilli les avis d’enseignants et procédé à des observations de classe. Ces observations ont permis de relever quelques activités pratiquées dans les classes du préscolaire. Ce sont entre autres : la récitation de la suite numérique, le comptage, le classement des objets, la comparaison, etc. A travers ces activités, on comprend que l’éveil aux mathématiques constitue un levier puissant pour améliorer les compétences des apprenants en ce sens qu’elle participe à développer les premières compétences numériques chez ceux-ci. En effet, ces premières expériences vécues par l’enfant l’engage dans un processus actif d’exploration lui permettant de développer certaines compétences notamment, le raisonnement logique, la capacité à comprendre les concepts mathématiques et donner du sens au nombre à travers des activités qui mobilisent le langage, la mémoire, etc. Cependant, les conditions d’apprentissage des apprenants et des enseignants ne sont pas véritablement favorables parce que beaucoup de défis restent encore à relever. Il serait donc important de renforcer le dispositif éducatif pour favoriser les apprentissages des jeunes enfants ainsi qu’encourager leur engagement.

Références bibliographiques

  • Ahoudji, A. (2021). Perceptions des acteurs éducatifs face à la baisse des rendements des apprenants en contexte de réformes pédagogiques basées sur les compétences dans le cycle primaire public de Côte d’Ivoire ». Akofena, 4(3) : 231-250
  • Baroody, A. (2024). Favoriser la numératie précoce en prématernelle et en maternelle, Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants, Abilio, Washington : 1-20
  • Baruk, S. (1973).  Échecs et maths, Seuil :1-6
  • Bautier, É. (2006). Apprendre à l’école, apprendre l’école : Les risques de construction d’inégalités dès la maternelle, Edition de la Chronique Sociale, 256.
  • Brousseau, G., (1986). Fondement et méthodes de la didactique des mathématiques », Recherches en Didactiques des mathématiques : 33-115.
  • Debouvry et Al, (2007). Le dénombrement d’éléments et d’évènements chez les enfants de maternelle, Mémoire, Université de Nantes, 139.
  • Dehaene, S., (2021). Les 4 piliers de l’apprentissage , Mémo pédagogique, Université de Toulon.