• L’ABREVIATION DANS LE JARGON SPORTIF ESPAGNOL : ENTRE UNIVERSALISMES ET SPECIFICITES
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  • Mady Edouard DIATTA
  • Université Gaston Berger de Saint-Louis
  • ORCID iD: 0009-0004-6641-2830
  • mady-edouar.diatta@ugb.edu.sn

Introduction: L’espagnol est une langue qui n’a cessé d’évoluer au fil de siècles. Elle le fait soit à travers les procédés de créations lexicales (dérivation, suffixation, composition), soit en faisant appel à d’autres langues. Parmi les créations endogènes, elle se sert aussi des abréviations, servant par là-même un principe d’économie linguistique. Les exemples sont légion, mais nous pouvons en citer quelques-uns : mail (e-mail), link (enlace), cine (cinema), porfa (por favor), agua y ajo (a aguantar y a joderse), profe (profesor), RENFE (Red Nacional de los Ferrocariles Españoles), Sanidad (Ministerio de Sanidad), la liste est bien évidemment longue. Si ces néologismes font florès dans la langue familière, il est également bien présent voire prolifique dans le jargon sportif espagnol (un commentateur de foot[1] préfèrera, à n’en pas douter, tronquer les mots pour aller plus vite dans ses commentaires[2]). En guise d’exemples, on peut lire dans le quotidien Sport (2024) « Este MVP es de todo el equipo, disait Iñigo Martínez, ancien défenseur du Barça[3] », dans Mundo Deportivo (2026) « KO blanco » plus encore dans les titres, en quête de concision, numéro publié au lendemain de la débâcle à domicile du Real[4] contre Getafe), dans AS (2026) Los octavos son de Vinicius, dans Marca (2020) Apuesta por João Felix en la Champions. Ces quelques raccourcis sont révélateurs d’une présence non négligeable de formes abrégées dans la langue sportive espagnole, et c’est précisément ce qui a présidé au choix du sujet du présent article. La langue des doctes et des phraseurs professionnels se boursoufle et s’hypertrophie, alors que la langue familière pratique l’ellipse et le raccourci, écrivaient Belot et Oury (2010, 129). Mais quid de la présence des abréviations dans la langue du sport ?

L’objectif du présent article est de montrer qu’au-delà des formes étrangères abrégées, l’espagnol dispose également des outils lui permettant de créer des mots abrégés comme semi (semifinal), repe (repetición), contra (contraataque), meta (guardameta), el Madrid (Real Madrid), el Atleti (Atlético de Madrid…).  Nous avons donc d’un côté les importations étrangères et de l’autre les formes abrégées endogènes qui, en tout état de cause, font souvent l’objet d’une adaptation pour prouver leur importance dans la langue espagnole ; ce qui nous amène à nous interroger sur non seulement leur capacité d’adaptation mais aussi leur degré d’intégration. Nous nous sommes intéressés à cette question, car à la suite de quelques lectures de la presse sportive espagnole citée plus haut, nous avons constaté que son jargon est émaillé de formes abrégées. Qui plus est, importées ou pas, ces abréviations semblent jouir d’une capacité créative au sein de la langue. Nous nous sommes appuyés sur les journaux les plus importants pour réaliser nos inventaires comme Marca (le plus lu en Espagne), As, el Mundo deportivo et Sport. Pour enrichir notre corpus, nous avons consulté aussi Recaredo Agulló, auteur d’un ouvrage lexicographique spécialisé. Dans un premier temps, nous nous attèlerons à rappeler les différents types d’abréviations. Ensuite, nous traiterons les différents types d’abréviations avant de nous intéresser aux abréviations devenues internationales et de finir par celles issues du génie espagnol.

  • [1] Dirait-on en France
  • [2] Principe d’économie linguistique
  • [3] Troncation du FC Barcelone
  • [4] On peut voir aussi el Madrid (ellipse)

Résumé : Le présent article a pour but de traiter des abréviations dans le domaine du sport. Il est vrai que la langue de sport espagnole est émaillée de nombreuses importations lexicales, notamment des anglicismes, mais il est aussi le théâtre de beaucoup de raccourcis, motivés par le principe d’économie linguistique. Apocope, sigle et acronyme sont les principaux points traités dans le présent article. Compte tenu de l’hégémonie tous azimuts de l’anglais, nombre d’anglicismes raccourcis employés en espagnol sont présents dans bien des langues. Malgré la prédominance de l’anglais et de l’angloaméricain, l’espagnol parvient, lui aussi, à créer ses propres mots tronqués. Mais quelle que soit leur origine, ces formes raccourcies empruntent des itinéraires parfois atypiques afin de se couler dans le moule linguistique de la langue espagnole.

 Mots-clés : Abréviation, néologisme, langue du sport, anglicisme.

Références bibliographiques

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