Introduction: Autrefois, les langues ivoiriennes servaient à elles seules, à communiquer dans les communautés jusqu’à l’arrivée des colons français. Ces derniers se sont déplacés avec leur langue et leur culture. Ainsi, les jeux de distractions, les contes et autres sont dits désormais en français. Plus tard, le développement du cinéma en Occident va contribuer à la production aussi de films dans les pays africains et notamment en Côte d’Ivoire. Que ce soit en français de « Moussa », « français ivoiriens » et en français standard, tous y trouvaient leur satisfaction. Chaque citoyen pouvait trouver son compte et la majorité des Ivoiriens s’y plaisaient dans le français de Moussa ou français ivoirien car ils saisissent mieux les messages diffusés. Les nombreux travaux consacrés au français en Côte d’Ivoire ont souvent parlé de son statut et de ses différentes fonctions qu’il remplit dans ce pays. Le français est reconnu comme langue officielle, depuis le 26 mars 1959, date d’adoption de la première constitution ivoirienne (restée en vigueur jusqu’à l’accession de l’indépendance le 07 août 1960), au détriment de la soixantaine de langues locales de Delafosse (1904) partageant le même territoire. Le rôle de langue véhiculaire et vernaculaire lui est également dévolu du fait de sa pratique par la plupart des Ivoiriens et les non-Ivoiriens. Le français en usage dans la communication audiovisuelle, et surtout dans les téléfilms tels que  « Ma famille », « Ma grande famille », « Comment ça va ? » et autres, attire de nombreux auditeurs et téléspectateurs du fait du niveau de langue accessible à la majorité

Depuis une quarantaine d’années, un autre phénomène captive de plus les passionnés de la télévision . Il s’agit de l’alternance codique qu’on retrouve aussi bien dans les spots publicitaires que dans les téléfilms ivoiriens. Les acteurs utilisent souvent concomitamment les langues locales et le français et vice-versa, en contexte. Pour en savoir plus, l’on se demande ce qui a motivé ce choix qui prend de plus en plus d’ampleur notamment, dans le cinéma ivoirien alors que, ( d’autant plus que) le français reste toujours la seule langue officielle de communication dans ce pays. Comment ce mode de communication se présente-t-il dans la pratique et quels en sont les intérêts pour un pays comme la Côte d’Ivoire à vouloir communiquer à la fois dans 2 ou 3 langues ? Pour répondre à ces préoccupations, on pense que les locuteurs Ivoiriens, qui sont en majorité bilingues, se trouvent aisés dans cette posture. En réalité, les acteurs du cinéma dialoguent en français/ langues ivoiriennes ou langues locales/ langue française à travers la répétition. Pour y parvenir, on montrera que l’alternance codique a toujours figurée dans le paysage linguistique ou écosystème ivoirien pour ensuite, mettre en relief les caractéristiques de certains énoncés. Pour un pays comme la Côte d’Ivoire où la population est à majorité bilingue, comprendre et parler dans au moins 2 langues est un atout pour les règlements de litiges et ainsi que dans la préservation des langues surtout locales. La méthodologie adoptée s’appuie sur un corpus le recueilli des réalisateurs et scénaristes ivoiriens tels que Léonard Groghuet avec « Comment ça va ?» et Akissi Delta pour « Ma famille » et « Ma grande famille ». A souligner qu’ils sont tous deux locuteurs de leur langue maternelle respective, ce qui dérive de leurs différentes prestations scéniques car sont-ce des acteurs et aussi des comédiens. La théorie adoptée s’avère celle de la communication de masse tandis que le travail s’appuie sur quelques concepts de la communication à travers les différentes formes d’intégration linguistique passant par les interprétations pour atteindre les illustrations de cette pratique.

Résumé : La présente étude a pour but de mener une réflexion sur l’interprétation du discours, à la lumière de l’expérience cinématographique en matière d’introduction des langues ivoiriennes. L’article présente l’insertion, des langues locales dans les téléfilms ivoiriens, démarrée d’il y a une quarantaine d’années. L’usage concomitant du français et des langues locales par les acteurs et actrices a commencé à fidéliser les téléspectateurs en raison de la proximité des langues du terroir. Ce phénomène appelé alternance codique n’a pourtant pas altéré le français, langue officielle du pays qui demeure toujours véhicule et matière de communication. Enfin, ce mode de communication fidélise les téléspectateurs en valorisant les langues locales, surtout. Pour y arriver, on se fonde sur la méthodologie de la communication de masse basée sur un corpus de documentation, de films ou téléfilms ivoiriens : « Ma famille », « Ma grande famille », « Comment ça va ? » et autres. Et le travail est subdivisé en trois parties. De la théorie de communication de masse et quelques concepts, aux différentes formes d’intégration linguistique en passant par les interprétations pour atteindre les illustrations de cette pratique.

Mots-clés : Interprétation, alternance codique, langue française, langue ivoirienne, film et téléfilm ivoirien

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