• UNE LECTURE SOCIO-POLITIQUE DES RAPPORTS ENTRE JEUNES ET ACTEURS POLITIQUES AU SEIN DE L’U.D.P.S
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  • Albert KABONGO MWAMBA
  • Chef de travaux, Faculté des Sciences Sociales, Université de Kananga
  • Doctorant à l’Université de Kinshasa
  • kabongoalbert88@gmail.com

Introduction: La République Démocratique du Congo fait partie de la majorité des traités internationaux et africains des droits relatifs à la participation politique, à la démocratie et à la citoyenneté égale. Elle a également adhéré aux principaux traités relatifs à la lutte contre la discrimination et à la promotion de l’égalité entre les citoyens. Même si la plupart de ces instruments juridiques sur la promotion et la participation politique de la jeunesse ont été ratifiés par la RD Congo, la jeunesse est considérée comme un groupe social que l’on peut généralement qualifier de subordonné. Sa marginalisation sociale et politique a provoqué un attachement à toute idée de changement, d’où qu’elle vienne, et la crise économique et politique des années 1980 et 1990 a déclenché un mouvement de protestations et de manifestations politiques soutenu par la jeunesse et organisé par les partis politiques d’opposition principalement (Kabongo Mwamba, A. 2023). L’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS en sigle, a été parmi les structures politiques qui ont profité de mécontentements de la population congolaise en général, et de la jeunesse en particulier, pendant plus de trois décennies et a su mobiliser et contré l’oppression par la détermination de la jeunesse congolaise. Malgré la présence d’un nombre important de jeunes dans cette structure politique, les rapports qu’ils ont avec les cadres et d’autres militants sont en dents de scie. Les jeunes se déclarent mis à l’écart par ceux qui ont une parcelle de pouvoir au sein du parti. Les postes ministériels et la plupart des cabinets dirigés par l’UDPS sont peuplés par les non militants et le peu des militants envoyés par le parti ne sont pas des jeunes, alors que le congrès de Righini[1] avait donné au parti une autre orientation politique sur la question de la jeunesse en mettant cette problématique au centre de sa stratégie politique de refondation de l’Etat et de construction du pays. Dans ce contexte, notre préoccupation gravite autour des questions suivantes : quel est le degré des relations intergénérationnelles entre jeunes et acteurs politiques au sein de l’UDPS ? que pensent-ils de leur encadrement ?  Et enfin, que faire pour améliorer ces rapports pour permettre aux jeunes de jouer leur rôle ?

A titre d’hypothèse, il sied de noter que depuis l’accession du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, membre de l’U.D.P.S, à la magistrature suprême, les relations intergénérationnelles connaissent des tensions et des fluctuations liées aux luttes de positionnement politique. La jeunesse estime être marginalisée dans la gestion de l’Etat, reconnaît néanmoins les efforts du directoire pour favoriser sa participation à des activités d’intérêt public, telles que l’assainissement de la ville de Kinshasa ou des formations destinées à lutter contre le chômage et à renforcer la cohésion du parti. L’amélioration des relations intergénérationnelles au sein du parti requiert l’intégration des jeunes dans les processus décisionnels et leur responsabilisation accrue dans la conduite des affaires publiques. Le présent papier poursuit trois objectifs ci-après : le premier est de démontrer la relation qui existe entre les jeunes et d’autres catégories sociales au sein de l’UDPS depuis l’accession à la magistrature suprême de Felix-Antoine Tshisekedi Tshilombo; le deuxième cherche à examiner le niveau d’implication ou de la responsabilisation de la jeunesse au sein du parti et enfin, le troisième tente de répondre au besoin exprimé par les jeunes de s’engager politiquement par l’octroi de certains postes de commandements pour une  inclusion politique de cette catégorie sociale.

Pour prendre en charge ce questionnement, notre réflexion se structure autour de quatre points suivants : le premier présente la démarche méthodologique ; le deuxième point consiste à la présentation et à l’analyse des données ; le troisième s’occupe des résultats de l’étude, et le dernier sert à l’interprétation et aux discussions desdits résultats.

Résumé : Ce papier a comme objectif d’esquisser les rapports entre jeunes et acteurs politiques au sein de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social UDPS en sigle, en tenant compte de la gestion des relations intergénérationnelles, des structures d’encadrement de la jeunesse, de connaissance de statut et règlement intérieur et de participation de la jeunesse à la gestion dudit parti. En effet, La jeunesse est considérée comme « le fer de lance de la nation, la garantie la plus sûre pour l’avenir, ou encore l’avenir au présent », sa participation à la gestion de la res publica est de tout le souhait, malgré la marginalisation dont elle est victime depuis plusieurs décennies de la part des gouvernants. Dès la création dans les années 1980 de ce parti politique, cette couche sociale a été au rendez-vous de la lutte menée par cette formation politique pour l’instauration de la démocratie et de l’Etat de droit. Un questionnaire a été élaboré et administré à un échantillon de 125 jeunes de l’UDPS appartenant aux quatre fédérations de la ville de Kinshasa pour saisir la quintessence des rapports entre cette couche sociale et d’autres acteurs de cette formation politique. Les résultats de ces enquêtes nous ont permis de confirmer que la jeunesse a des bons rapports avec d’autres couches sociales de l’UDPS, et plusieurs propositions ont été formulées sur l’inclusion politique de cette catégorie sociale, entre autres la mise en place d’un quota de 50% réservé à la jeunesse par le directoire du parti pour faciliter le renouvellement générationnel.

 Mots-clés : Jeune, Socio-politique, UDPS, Rapport, Acteur politique

Références bibliographiques

  • Dugrand, C. (2012). Combattants de la parole : Parlementaires-debout et mobilisation partisane à Kinshasa » Revue Politique africaine, (En ligne) consulté 08 mai 2025, URL : http://www.cairn. Info/revue-politique-africaine-2012-3-page-49.htm.
  • Kabongo Mwamba, A. (2023). Jeunes et engagement politique en RD Congo. Essai d’analyse des rapports entre jeunes et politique au sein de l’UDPS, Mémoire de D.E.A., Unikin, Sciences Politiques et Administratives, Inédit.
  • Maheo, V.-A. (2021). La non-participation politique des jeunes : Une étude des barrières temporaires et permanentes de l’engagement, Revue Canadian journal of political science/ vol. 45/july 2012, consultable sur : http://journals.cambridge.Org/abstract_S0008423912000388
  • Michels, R. (2021). Sociologie du parti dans la démocratie moderne. Enquête sur les tendances oligarchiques de la vie des groupes, Paris, Ed. Gallimard, coll. « Folio essais ».
  • Nkwanda Muzinga, S. et Mutonwa Kalombe, J.-M. (2020). La participation politique comme droit fondamental et socle de la démocratie en République Démocratique du Congo : Enjeux et perspectives Revue Librairie Africaine d’études Juridique, consultable sur : https//www.nomos-elibrary.de/agh;
  • Tshibwabwa Kuditshini, J (2021). Réinvention de l’UDPS, déclin du FCC, enjeux de pouvoir et refondation de l’Etat. Savoirs, acteurs et structures, Kinshasa, éd. Universitaires Africaines.