• ENGAGEMENT PARTISAN EN RD CONGO : ETUDE DES MODALITES DE PARTICIPATION POLITIQUE DE LA JEUNESSE AU SEIN DE L’UDPS
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  • Albert KABONGO MWAMBA
  • Chef de travaux à l’Université de Kananga
  • Doctorant à l’Université de Kinshasa
  • kabongoalbert88@gmail.com

Introduction: La participation des jeunes constitue une véritable expression de la démocratie participative et de la bonne gouvernance. Elle s’apparente à une forme de vigilance citoyenne qui stimule le développement politique. Favoriser l’engagement des jeunes dans la vie politique permet de combler le vide qu’ils ressentent en raison de leur marginalisation et du manque de prise en compte de leurs préoccupations dans les programmes et activités des partis politiques (Najla, A., 2023 :3). La participation des jeunes représente un véritable levier pour mobiliser l’énergie des générations montantes. Elle incarne le renouveau indispensable du système politique et social, en insufflant un sang neuf dans ses artères. Par leur engagement, les jeunes contribuent activement au mouvement de développement continu et à la vitalité de la nation. Même les États réunis au sein de l’Organisation des Nations Unies ont reconnu l’importance de la participation des jeunes aux systèmes politiques, à travers notamment plusieurs conventions internationales et résolutions. En effet, comme l’ont montré les soulèvements récents des jeunes en Afrique, une grande frustration pourrait se développer si les jeunes ne sont pas inclus dans les nouvelles prises de décision formelles. Cela peut déstabiliser la démocratisation et accélérer les dynamiques de conflits (Koagne Zouapet, A., 2016 :248). Considérés à juste titre comme l’avenir de la République démocratique du Congo, les jeunes se trouvent, grâce à leurs potentialités et atouts, au centre de toutes les attentions qui font que, désormais, de nombreuses initiatives sont lancées afin d’assurer un plus grand engagement social et une plus forte participation dans les affaires politiques de leur part (Ministère de la Jeunesse et des sports, 2009 :14). La jeunesse a été au cours des dernières décennies, un acteur majeur dans la vie politique. Dans un contexte marqué depuis les années 1980 par la persistance de pratiques autoritaires et par une précarité socio-économique structurelle. Cette catégorie sociale constitue une composante démographique majeure, représentant plus de 60 % de la population nationale[1]. Ce poids statistique lui confère un rôle stratégique dans les dynamiques de participation politique et de consolidation démocratique.

Cependant, la réalité de la participation politique des jeunes de l’UDPS est ambivalente. Ils sont massivement sollicités pour les manifestations, les meetings et les campagnes électorales, mais ils se retrouvent souvent marginalisés lors de la répartition des postes de responsabilité. Cette configuration a favorisé l’apparition de formes atypiques de participation politique, situées à l’intersection de l’engagement institutionnel et de pratiques contestataires. L’UDPS, parti d’opposition historique devenu depuis 2019 parti au pouvoir, a constamment bénéficié du soutien actif de la jeunesse. Dès sa fondation en 1982, les jeunes ont occupé une position centrale dans les mobilisations pour la démocratisation, assumant souvent un coût élevé en termes de répression et de sacrifices. Ce constat conduit à une interrogation centrale, celle de savoir quelles sont les modalités de participation politique adoptées par les jeunes lors des élections générales du 30 décembre 2018 et du 20 décembre 2023 ? Grâce cette interrogation centrale, deux axes d’analyse se dégagent : d’une part, l’examen des formes concrètes d’engagement électoral et, d’autre part, l’évaluation de la nature et de l’étendue de leur inclusion dans les mécanismes de gouvernance.

Et pourquoi leur participation « activiste » est-elle nettement plus élevée que leur participation à la gestion effective du pouvoir ? L’hypothèse de départ est que ces jeunes s’inscrivent massivement sur les listes électorales pour peser sur le cours des élections, souvent encadrés par des mentors politiques qui, parfois, les orientent vers des pratiques contestables (fraude, violence, favoritisme). Ils sont aussi fréquemment désignés comme témoins ou observateurs électoraux. Mais leur engagement ne s’arrête pas là : il peut aussi basculer dans la violence politique, utilisée comme un mode d’expression et de régulation face à un système perçu comme injuste.

L’impact de ces jeunes sur la gouvernance est donc ambivalent. Certains se sont distingués par leur sérieux et leur capacité à répondre aux attentes de leurs communautés. Mais d’autres, faute d’un encadrement adéquat, ont failli à leur mission, confondant parfois biens publics et biens personnels. Par ailleurs, leur participation militante reste bien plus forte que leur implication dans la gestion du pouvoir. Souvent écartés des postes à pourvoir par manque de compétences adaptées ou par la mauvaise foi de certains cadres qui privilégient leurs proches ou des militants issus de la diaspora. Ces derniers sont davantage sollicités et récompensés, au détriment de ceux qui, depuis plusieurs décennies, ont participé activement à la lutte politique sur le terrain, notamment à Kinshasa.

Résumé : Cet article explore la manière dont les jeunes militants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social UDPS en sigle, participent à la vie politique en République démocratique du Congo, en se concentrant sur les élections générales de 2018 et 2023. Ce phénomène démontre un paradoxe sociopolitique majeur : en dépit de l’ampleur et de la diversité de leur engagement, les jeunes se heurtent à des contraintes structurelles persistantes et à des mécanismes de marginalisation institutionnalisés. Confrontés à ces obstacles, ils mettent en place des modalités alternatives de participation politique, allant de l’action contestataire violente à des stratégies de légitimation par le mentorat, qui permettent à redéfinir leur position dans l’arène politique. L’analyse réunie en même temps la théorie de la mobilisation des ressources (McCarthy et Zald), qui clarifie les conditions organisationnelles de l’action collective, et la « loi d’airain de l’oligarchie » formulée par Robert Michels, laquelle met en lumière la tendance des organisations à reproduire des logiques de pouvoir établies.

Mots-clés : Jeunesse, participation politique, UDPS, engagement partisan.

Références bibliographiques

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  • LOI n°22/029 du 29 juin 2022 portant organisation des élections générales en RD Congo
  • Mccarthy, J. D. & Zald, M. N., (1977). Resource Mobilization and Social Movements: A Partial Theory, American Journal of Sociology.
  • Michels, R., (1971). Les partis politiques. Essai sur les tendances oligarchiques des démocraties, Paris, Flammarion.
  • Mukendi, R. (2021). « Jeunesse et engagement citoyen en RD Congo : entre idéal démocratique et réalité politique » in Revue Congolaise de Science Politique, vol. 17, n°2.
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  • Ngumbi Kitete Wa Yuma, C. (2021). Violence, démocratie et émergence des élites politiques en République démocratique du Congo. De Laurent Désiré Kabila à Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Paris, L’Harmattan.
  • Tshikala Biaya, K., (2000). Les jeunes, la violence et la rue à Kinshasa. Entendre, comprendre, décrire, Dakar, Codesria.
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  • Autres
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