N°019_Vol.2_26
- INFLUENCE DES TRAITS DE PERSONNALITÉ SUR LA DÉTRESSE PSYCHOLOGIQUE CHEZ LES PATIENTS VICTIMES D’ACCIDENT
- VASCULAIRE CÉRÉBRAL
- Giovanni SANTOLINI LUAMBA
- Apprenant au DES
- DEA, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education
- Université de Kinshasa
- divindisi75@gmail.com
- BALAYULU OLEA MAKILA
- Professeur Associé, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education
- Université de Kinshasa
- &
- Ruth BUKABAU BABUYA
- Professeure, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education
- Université de Kinshasa
Introduction:L’être humain constitue une unité biopsychosociale au sein de laquelle les dimensions biologiques, psychologiques et sociales interagissent continuellement. Pour Portmann (2002), que l’influence du psychisme sur la pathologie corporelle est permanente : le corps n’est que l’instrument de l’esprit qui, en retour, résulte des mécanismes neurophysiologiques complexes régulant notre cerveau. Ainsi, les facteurs psychologiques, notamment les émotions, le stress, les modes d’adaptation et certains traits de personnalité, peuvent influencer l’état de santé et la qualité de vie des individus. C’est dans cette perspective holistique que s’inscrit l’AVC, communément appelé « attaque cérébrale », il représente l’une des principales causes de mortalité et du handicap acquis à l’échelle mondiale. Dans notre travail, il sera question de mettre en lumière la relation qui existe entre les diffeérents traits de personnalité propre à chaque individu, en lien avec la détresse psychologique, qui est l’un des facteurs courourant à la survenu de l’AVC chez l’homme.
Il sied de noter que l’AVC constitue l’une des principales causes de mortalité et d’incapacité dans le monde. Il survient lorsqu’une interruption ou une diminution de l’apport sanguin au cerveau entraîne des lésions neurologiques pouvant affecter durablement les capacités motrices, cognitives et émotionnelles de la personne, c’est dans cette perspective, l’on estime que près de 1,9 million de neurones peuvent être détruits, chaque minute d’interruption de la circulation sanguine. Cette pathologie surgit brutalement, sans signe précurseur évident dans bien des cas, bouleversant instantanément la vie du patient et de son entourage (Saver, 2006). Au-delà de l’aspect strictement clinique, la survenue de l’AVC constitue un défi sociétal majeur. Malgré les progrès de l’imagerie et des thérapeutiques d’urgence, telles que la thrombolyse ou la thrombectomie mécanique, l’incidence reste élevée. Ce phénomène s’explique par le vieillissement de la population mais aussi par la prévalence de facteurs de risque classiques comme l’hypertension artérielle, le diabète ou la sédentarité (Baubet & Moro, 2013).
En RDC, les travaux de Mwaka (2019) illustrent une progression inquiétante : l’incidence des AVC ischémiques est passée de 127,96 à 163,54 pour 100 000 habitants entre 1990 et 2010, tandis que celle des AVC hémorragiques grimpait de 53,34 à 74,31 sur la même période. Si les causes vasculaires classiques (rupture d’anévrisme, athérosclérose, hypertension) sont documentées depuis les travaux de Fisher (1965, 1982), l’influence des facteurs psychologiques est capitale. L’AVC ne survient pas dans un vide psychologique. Le stress, l’anxiété et la dépression agissent comme des catalyseurs biologiques. La World Stroke Organization (2015) explique que le stress persistant libère des hormones provoquant un durcissement des artères (athérosclérose). De plus, la dépression altère la coagulation sanguine et favorise l’hypertension ainsi que la fibrillation auriculaire, augmentant ainsi brusquement le risque vasculaire.
Au regard de ces constats, notre étude s’articule autour des interrogations suivantes : Comme question pricipale nous disons: Existe-il une relation entre la détresse psychologique et le névrosisme comme trait de personnalité à risque chez les patients victimes de l’AVC ? De ces questions, en découlent trois questions secondaires se présentant de la manière suivante : Existe-il un lien entre les symptômes du trouble de stress post-traumatique et le névrosisme comme trait de personnalité à risque ? Eu égard aux questions soulevées à la problématique, nous émettons notre hypothèse principale de la manière suivante : Il existe une relation entre la détresse psychologique et le névrosisme comme trait de personnalités à risque menant au développement de l’AVC. Pour ce qui concerne notre hypothèse spécifique : Les symptômes du trouble de stress post-traumatique auraient un lien direct avec le névrosisme, comme trait de personnalité à risque à l’AVC. La présente étude vise donc d’analyser le lien existant entre la détresse psychologique et le névrosisme comme trait de personnalités majeur d’une personnalité à risque chez les patients victimes d’AVC et Vérifier le lien qu’il y a entre les symptômes du trouble de stress post-traumatique et le névrosisme comme trait de personnalité à risque chez les personnes souffrants d’AVC.
Résumé : La présente étude analyse l’influence des traits de personnalité sur la détresse psychologique chez les patients victimes d’accident vasculaire cérébral (AVC), en mettant un accent particulier sur le névrosisme comme facteur de risque psychologique. Réalisée auprès de 120 participants recrutés à l’Hôpital Général de Référence de N’Djili, elle a adopté une approche mixte combinant des méthodes quantitatives et qualitatives. Les données ont été recueillies à l’aide de l’échelle DS14, du questionnaire PCL-5, du test de personnalité Big Five ainsi que d’entretiens cliniques semi-directifs. Les résultats mettent en évidence une relation statistiquement significative entre la détresse psychologique, les symptômes du trouble de stress post-traumatique et le névrosisme. Les patients ayant été victimes d’un AVC présentent des niveaux plus élevés de détresse psychologique, de stress post-traumatique et de nervosité que les sujets témoins. Ces résultats confirment le rôle du névrosisme comme facteur psychologique associé à la détresse psychologique chez les patients victimes d’AVC. L’étude souligne ainsi l’importance d’intégrer une prise en charge psychologique dans le suivi des patients afin de favoriser leur rétablissement et leur adaptation psychosociale.
Mots-clés : accident vasculaire cérébral, détresse psychologique, névrosisme, traits de personnalité, stress post-traumatique.
Conclusion: La présente étude portant sur Analyse des corrélations entre les structures de personnalité et la survenue de l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) avait pour objectifs : d’analyser le lien existant entre la détresse psychologique et le névrosisme comme trait de personnalités majeur d’une personnalité à risque chez les patients victimes d’AVC et Vérifier le lien qu’il y a entre les symptômes du trouble de stress post-traumatique et le névrosisme comme trait de personnalité à risque chez les personnes souffrants d’AVC.. Les résultats de la présente étude nous ont démontré que oui il existe bel et bien un lien entre la détresse psychologique et le névrosisme comme un trait de personnalité le plus exposé, susceptible de pousser l’individu à développer l’AVC. Aussi il existerait un lien étroit entre le névrosisme et le trouble de stress post-traumatique chez les patients atteints d’AVC. Cette étude nous a démontré que la nervosité ou le névrosisme comme facteur à risque de l’AVC, est influencé par notre sexe, la profession que l’on exerce, l’âge que nous avons, aussi et surtout les chiffres de tension que nous affichons surtout si ces derniers sont élevés, et que le Niveau d’étude n’exerce significativement pas de l’influence sur ce trait de personnalité à risque à l’AVC. Nous avons compris également que les croyances mystico-religieuse sur cette maladie influenceraient non pas seulement la survenue de cette maladie, mais aussi son maintien.
Références bibliographiques
- Baubet, T., & Moro, M. R. (2013). Psychopathologie de l’accident vasculaire cérébral. In : Psychiatrie de liaison. Masson.
- Fisher CM., (1982), Lacunar strokes and infarcts : a review. » Neurology.
- Fisher, C. M. (1965). Lacunes: small, deep cerebral infarcts. Neurology, 15(8), 774-784
- Mwaka, C., R., (2019), Niveaux d’activité et de participation des patients post AVC à Kinshasa, Mémoire : Maîtrise en sciences cliniques et biomédicales -avec mémoir, Québec, Université Laval.
- Portmann, M., (2002), Médecine d’hier, d’aujourd’hui et de demaini, Bordeaux, REV LARYNGOL OTOL RHINOL.
- Santolini, G., L., (2021), Evaluation des facteures de résiliences des quelques enfants de la rue vivant à Kinshasa, Kinshasa : Université de Kinshasa
- World Stroke Organization (WSO). (2024). Mental Health and Stroke : Understanding the Connection. World Stroke Campaign
