N°019_Vol.2_14
- LA TRADITION SOUFIE ET LE SUJET FÉMININ DANS L’ŒUVRE DANS LE JARDIN DE HAWWĀ’ DE ZAKIA ZOUANAT
- Mariam CHRIHA
- Doctorante en littérature et interculturalité
- Faculté des Lettres et des sciences Humaines Dhar EL Mehraz, Fès, Maroc
- Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, Fès, Maroc
- Laboratoire des Sciences du Langage, Littérature, Arts, Communication, Histoire, et Education (SLLACHE)
- ORCID iD: 0009-0005-9621-7208
- mariam.chriha@gmail.com
- &
- Nadia CHAFAI
- Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, DHAR EL MAHRAZ-Fès
- Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, Fès, Maroc
- Laboratoire des Sciences du Langage , Littérature, Arts, Communication, Histoire, et Education (SLLACHE)
- nadia.chafai@usmba.ac.ma
Introduction: L’œuvre Dans le jardin de Hawwā’ de l’auteure Zouanat (2004) support de notre étude est un nectar de son long voyage à la recherche du soufisme, et son rôle à le présenter comme dimension spirituelle de l’islam, où elle mentionne l’ignorance de cette mystique dans son ouvrage Quête de Lumière (ZOUANAT, 2009). C’est ainsi, que nous avons choisi d’étudier cette œuvre comme matière d’étude du soufisme mais sous un autre angle, étudier le soufisme dans sa dimension traditionnelle. Aussi, essayer de découvrir la place du sujet féminin, son rôle et son rapport avec cette spiritualité à travers ce recueil de contes et nouvelles narrées par des femmes. Notre choix n’est pas ainsi par hasard, l’étude de la tradition soufie et du sujet féminin d’une œuvre littéraire écrite par une auteure anthropologue, vient premièrement du fait que les auteures marocaines sont méconnues en matière littéraire comme leurs collègues en écriture les auteurs hommes, cela peut être dû à la question du genre et au problème de l’écriture féminine. De plus, son recueil de contes et nouvelles qui est la matière de notre article, n’est pas une œuvre littéraire seulement mais elle porte entre ses pages et ses lignes une philosophie, un mysticisme, la spiritualité soufie tant ignorée que l’écrivaine a essayé de dévoiler sous une autre forme inhabituelle mais surprenante qui pousse le lecteur à la découvrir, et à rechercher cet intérieur caché de l’islam : le Soufisme.
Un tel sujet nous a imposé à choisir une méthode d’analyse du recueil étudié, où nous avons adopté parmi les procédés de la critique, une méthode de critique moderne précisément l’intertextualité ; comme le disait Roland Barthes (1966 :85), critiquer un texte c’est : « ainsi « toucher » à un texte, non des yeux, mais de l’écriture.». Puisqu’il pense qu’« un texte est fait d’écritures multiples, issues de plusieurs cultures et qui entrent les unes avec les autres en dialogue, en parodie, en contestation. »(Barthes , 1968 : 69). Nous avons essayé de répondre à ces trois questions : comment le sujet féminin est-il présenté dans la tradition soufie à travers cette œuvre ? Pouvons-nous reconnaître l’Absolu divin à travers l’absolu féminin ? Comment le soufisme peut-il être une voie qui mène à vivre une expérience de l’infini ? Nous tenterons d’ interroger la tradition soufie en rapport avec le sujet féminin pour dévoiler que le soufisme est une méthode de vie et une recherche de l’Amour absolu à travers le sujet féminin. De ce fait, cet article va traiter le thème du sujet féminin et sa présence dans la tradition soufie dans la nouvelle : Dans le jardin de Hawwā’ et Elle. Ainsi, à travers une nouvelle bien exceptionnelle qui s’intitule Le dernier amour de Ghannou, un récit qui a exploité toute une grande charge culturelle et traditionnelle du soufisme pour célébrer le sujet féminin comme symbole de la recherche de la Vérité.
Résumé: Depuis Rabi’a al Adawiyya, les femmes ont progressivement pris une importance croissante dans le soufisme en tant qu’ermites, chefs d’écoles et même épouses et mères de famille. Dans le jardin de Hawwā’ de Zakia Zouanat est un recueil de nouvelles et de contes qui met en lumière la tradition soufie et le sujet féminin. Notre choix n’est pas ainsi par hasard, il vient de l’importance de découvrir la place du sujet féminin, son rôle et son rapport avec cette spiritualité. Ce qui nous incite à traiter ce recueil de nouvelles et de contes d’une manière délicate pour en ressortir par une vision qui nous amène à mieux dévoiler les secrets cachés de cette œuvre.
Mots-clés : Matrimoine mystique , femme, tradition soufie, littérature francophone.
Références bibliographiques
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