• PROMOTING A RETURN TO TRADITIONAL BLACK SEXUAL MORALITY AND CULTURAL VALUES IN SELECTED NOVELS BY ALICE WALKER
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  • Eguibowé Viviane KANOUAR
  • Université Joseph KI-ZERBO
  • ORCID iD: 0009-0004-4036-0681
  • kanouarviviane@gmail.com

Introduction: La femme a toujours occupé une place cruciale dans les sociétés traditionnelles et modernes. Elle a grandement contribué au développement économique et social du pays. Pourtant, la gent féminine est souvent sous-estimée, négligée et reléguée au second plan. Dans cette perspective, des mouvements voient le jour pour prendre sa défense et lutter pour son émancipation. La préoccupation de ces mouvements féministes a été bien prise en compte dans les compositions poétiques wolofal mouride depuis fort longtemps. Les wolofal-kat[1] ont très tôt honoré la femme ; car bien avant l’accession des pays Ouest Africain à l’indépendance et l’émergence du féminisme, ils s’étaient occupés à célébrer ses mérites et à l’idéaliser. Ce genre poétique d’inspiration arabe et islamique, qui s’adapte et se réadapte aux contextes socioculturels de chaque époque, fait le panégyrique de la femme à travers une figure emblématique, Maam Jaara Busó (1833-1866). Cette femme vertueuse, bien qu’ayant connu une vie très courte, a inspiré et influencé plusieurs sénégalais et sénégalaises. Une de ses petites-filles du nom de Aminatu Mbàkke (1923-1965) avait composé un poème de vingt-quatre vers en son honneur et l’avait soumis à Sëriñ Musaa Ka pour correction. Ce dernier, chantre de la poésie wolofal mouride, a amélioré le fond et la forme du poème. Cette composition nous permettra, ainsi, de démontrer comment la poésie wolofal relève-t-elle le prestige de la femme. Cette poésie cherche-t-elle à valoriser la femme ? Voilà la question à laquelle nous tenterons d’apporter des réponses en révélant que la poésie wolofal est un art qui sublime et déifie la femme. Elle l’embellit et lui donne beaucoup plus d’importance. La composition poétique de Soxna Ami Mbàkke fait les éloges de Maam Jaara et rend hommage à toutes les femmes. La poétesse met en exergue les qualités de sa grand-mère et la présente comme une figure à imiter. Ce poème interprété par plusieurs chanteurs religieux est transcrit et traduit avant d’être analysé. Pour ce faire, nous nous sommes inspiré des théories psychocritique et sociocritique. La première approche permet de découvrir les motivations psychologiques et inconscientes de la poétesse et même de l’interprète alors que l’autre aide à voir le contexte et les représentations sociales de l’époque dans le poème et les impacts sociaux de ce dernier. Ce travail est articulé autour de deux parties : la première dresse un portrait de Maam Jaara et la deuxième montre l’influence de cette figure dans nos sociétés.

[1]Wolofal-kat : poète qui compose dans la langue Wolof.

Résumé : Cet article exalte la femme. Il cherche à démontrer comment la poésie wolofal élève et idéalise la gent féminine à travers une figure musulmane emblématique, Maam Jaara Busó. Sa petite fille, Soxna Ami Mbàkke, a collaboré avec un chantre de la poésie wolofal mouride, Sëriñ Musaa Ka, pour lui rendre hommage. Leur composition poétique présente Soxna Jaara comme étant une femme majestueuse qui avait la noblesse et la grandeur de l’homme. Sa vie et son œuvre enseignent la vertu et les valeurs cardinales. Elle est un personnage souvent utilisé dans les créations artistiques et littéraires pour mettre en évidence les valeurs de la femme. Maam Jaara offre, de la sorte, une belle image permettant d’encourager et d’influencer ses semblables.

 Mots-clés : la femme, l’exaltation, la poésie wolofal, les valeurs, l’inspiration.

Références bibliographiques 

  • BA, M, (1979). Une si longue lettre, Nouvelles Éditions Africaine, Dakar.
  • BOUATENIN, A, (2017). La psychocritique de Charles Mauron : une méthode à redécouvrir, in Langues & Usages, série n°1.
  • DIENG, B & FAYE, D. (2006). L’épopée de Cheikh Ahmadou Bamba de Moussa Ka : Jasaa u sakóor u géej gi, Jasaa u sakóor u jéeri ji, Presses Universitaires de  Dakar.
  • FAYE, D. (1999). L’œuvre poétique « wolofal » de Moussa Ka ou l’épopée de Ahmadou Bamba, Thèse de doctorat du 3ème cycle soutenue à la faculté des Lettres et Sciences Humaines, Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
  • LO, M. (1993). Un aspect de la poésie wolofal mouride : traduction et analyse de quelques titres de Seriñ Mbaye Jaxate, Mémoire de maitrise soutenu à la faculté des Lettres et Sciences Humaines, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, 1993.
  • SAKHO, C. (2016). « Construction de la figure maternelle et destin exceptionnel du héros dans les traditions orales ouest africaines » in Revues d’Études Africaines, n° 3.
  • SAKHO, C. (2017). Des héros et des femmes ou problématique de l’amour dans les épopées peules du Fuuta tooro et du Jolof, Actes de colloque, in Études Sahéliennes, revue scientifique de la faculté des Lettres et Sciences Humaines, Université Abdou Moumouni de Niamey.