N°019_Vol.1_22
- ÉNONCIATION ET CONSTRUCTION DU SENS : INSTANCES DISCURSIVES, MODALISATION ET ÉTHOS
- Nacer BOUFENAYA
- Université de Lorraine, École Doctorale Humanités Nouvelles, Metz, France.
- Laboratoire Centre de Recherches sur les Médiations
- Université de lorraine, équipe Praxitexte
- ORCID D : 0009 -0006-5543-0309
- nacer.boufenaya@univ-lorraine.fr
Introduction: L’énonciation constitue aujourd’hui un champ central des sciences du langage en ce qu’elle permit pensait conjointement la production du discours, son interprétation est les mécanismes par lesquels le sens se construit en contexte. Loin de se réduire à la matérialité linguistique de l’énoncé, elle engage annonce semble complexe de paramètres situationnels, discursif interactionnel et générique qui participe à l’élaboration de la signification. Elle est envisagée comme mise en fonctionnement de la langue dans une situation donnée, Elle implique les instances, des positionnements et des stratégies discursives par lesquelles le sujet parlant se situe par rapport à ce qu’il dit, à autrui et au monde. Dans cette perspective, cet article se donne pour objectif principal d’analyser les mécanismes par lesquels l’énonciation organise la construction du sens, en mettant l’accent sur l’articulation entre instances discursives, phénomène de modalisation et construction de l’éthos. Il s’agit plus précisément de montrer comment ces dimensions interagissent pour structurer la signification d’un énoncé et orienter son interprétation dans différents types de discours. À partir de cet objectif, l’étude se structure autour des questions de recherche suivantes : comment la distinction entre énoncer énonciation permet-elle de rendre compte du processus de construction de sens ? En quoi l’identification des instances énonciatives éclaire-t-elle la pluralité des points de vue dans le discours ? Quel rôle jouent les phénomènes de modalisation dans la prise en charge initiative et l’expression du degré d’adhésion du locuteur ? Comment l’éthos discursif contribue il à configurer l’interprétation et la réception des énoncés. Dans quelle mesure l’articulation entre texte, contexte et genre discursive constitue elle une condition déterminante de la signification ? Ces intégrations conduisent à formuler les hypothèses suivantes : la construction du sens ne résulte pas uniquement du contenu propositionnel des énoncés mais d’une interaction dynamique entre les formes linguistique, les instances énonciatives et les paramètres contextuels. La distinction entre locuteur énonciateur constitue un outil heuristique essentiel pour analyser la polyphonie discursive et la circulation des points de vue. Les marques de modélisation fonctionnent comme des indices structurant de la posture énonciative et participe à l’orientation interpréter natif du discours. Les tos, en tant qu’une image de soi construite discursivement, juin un rôle déterminant dans la crédibilité, la lisibilité et l’efficacité communicationnelle d’un énoncé. Ainsi posée, l’analyse vise à montrer que l’énonciation ne construite ne constitue pas un simple cadre théorique parmi d’autres, Mais le principe organisateur qui relie langue, sujet et discours, et qui permet de penser la signification comme un processus dynamique, situé et interactionnel.
0.1 Cadre théorique: Cette étude s’inscrit dans le champ de la linguistique de l’énonciation et de l’analyse du discours, en envisageant la construction du sens comme un phénomène interactionnel situé, résultant de l’articulation entre formes linguistiques, instances discursives et conditions contextuelles. Elle s’appuie sur la conception fondatrice de l’annonciation comme mise en fonctionnement de la langue élaboré par Émile Benveniste (1966 ;1974), prolongé par la théorie polyphonique de Oswald Ducrot (1972 ;1984) qui distingue locuteur et énonciateur afin de décrire la pluralité des points de vue. Les travaux de Dominique Maingueneau (1990 ;1998) fournissent le cadre socio discursif d’interprétation à travers les notions de scène d’énonciation, Compétences génériques et contraintes communicationnelles, tandis que Alain Rabatel éclaire les mécanismes de prise en charge énonciative et de responsabilité discursive. Enfin, la conception interactionnelle celle de l’éthos développée par Ruth Amossy (2000) permet d’intégrer la dimension identitaire et stratégie de l’image de soi dans l’analyse du sens.
Résumé : Cet article propose une réflexion théorique sur les problématiques relatives à l’énonciation envisagée comme processus central de construction du sens. Et comme mise en fonctionnement de la langue dans une situation donnée. À partir des apports de Benveniste, Ducrot, Maingueneau, Rabatel et Amossy. L’étude examine la distinction entre énoncé énonciation, La nature des instances énonciatives, la gestion des scènes énonciatives. Elle met en lumière la perspective polyphonique du discours à travers l’analyse de la prise en charge des points de vue, notamment des exemples journalistiques et dans la fable le renard et les raisins de La Fontaine. Une attention particulière accordée aux phénomènes de modalisation et au rôle des modalisateurs dans l’expression du dégré d’adhésion du locuteur à son propos. L’article montre que la construction du sens repose sur l’articulation dynamique entre texte, contexte, genre discursif et éthos, entendu comme image de soi construite dans et par le discours. L’énonciation apparaît ainsi comme le pivot de la relation entre langue, sujet et monde.
Mots-clés : énonciation, locuteur, énonciateur, modalisation, éthos.
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