N°019_Vol.1_17
- POETIQUE DE LA LIBERTE ET ETHIQUE DE LA MEMOIRE DANS LE ROMAN HISTORIQUE MAROCAIN
- Kaouthar NOUALI
- Université Moulay Ismail-Meknès,
- Faculté des Lettres et des Sciences Humaines,
- Laboratoire de Recherche Communication, Interculturel, Genre, Arts,
- Langues & Sociétés,
- ORCID iD : 0000-0003-0530-1614
- kaoutharnouali@gmail.com
Introduction: Longtemps dominée par une historiographie centrée sur les figures de pouvoir et les récits institutionnels, l’Histoire officielle a laissé dans l’ombre de nombreuses voix dissidentes ou marginalisées. Le roman historique marocain contemporain, tel que La Sultane du Caire : Chajart ed-Dour de Dima Droubi, Bou Hmara, l’homme à l’ânesse d’Omar Mounir, Mardochée de Kebir Ammi et L’Exilé de Mogador de Mhamed Lachkar, s’inscrit dans une dynamique critique visant à interroger cette mémoire sélective et à restituer aux figures oubliées leur densité humaine et symbolique. En investissant l’espace de la fiction, le romancier ne se contente pas de reproduire les faits : il les reconfigure, les interroge et les soumet à une lecture subjective, ouvrant ainsi la voie à une compréhension renouvelée du passé.
Le roman historique devient alors un lieu d’articulation entre liberté créatrice, devoir de mémoire et quête identitaire. Comment le roman historique marocain contemporain, à travers le recours à la fiction, contribue-t-il à restituer la parole aux figures historiques marginalisées, à affirmer leur liberté et à réhabiliter leur identité face aux silences et aux déformations de l’Histoire officielle ? Pour tenter de répondre à cette problématique, notre travail s’articule en deux axes : d’abord, pointer l’expérience de la liberté par le personnage historique, puis analyser la confession comme stratégie de réhabilitation identitaire.
Résumé : Cette étude analyse le roman historique marocain comme espace privilégié d’expérimentation de la liberté et de réhabilitation des figures marginalisées par l’historiographie officielle. À travers l’examen des œuvres de Dima Droubi, Omar Mounir, Hassan Aourid, Kebir Ammi et Mhamed Lachkar, l’article met en lumière deux dynamiques majeures : l’expérience de la liberté par le personnage historique et le recours à la confession comme stratégie de réhabilitation identitaire. Le roman historique apparaît ainsi comme un espace scriptural où s’articulent mémoire, subjectivité et responsabilité morale. Il permet au personnage historique de reconquérir sa voix, de redéfinir son identité et d’imposer sa propre version des faits face aux silences, aux falsifications et aux jugements de l’Histoire officielle.
Mots-clés : Roman historique marocain, Liberté, Mémoire, Discours confessionnel, Réhabilitation identitaire.
Références bibliographiques
- Ammi, K, (2011). Mardochée, Gallimard.
- De Beauvoir, S. & Sartre, J.P (1981). La Cérémonie des adieux : suivi d’Entretiens avec Jean-Paul Sartre, Gallimard.
- Droubi, D, (2022). La Sultane de Caire : Chajarat ed-dour, Librairie Porte d’Anfa.
- Lachkar, M, (2021). L’Exilé de Mogador, Slaiki Akhawayne.
- Mounir, O, (2012). Bou Hmara, l’homme à l’ânesse, Marssam.
- Moyal, M, (1984). Le Discours confessionnel : l’énonciation de la faute dans Les Confessions de Rousseau et La Chute de Camus, Dissertation inédite, Ohio State University.
- Ricoeur, P, (2000). La Mémoire, l’histoire, l’oubli, Editions du Seuil.
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