• LA PHRASE PARENTHÉTIQUE DANS QUAND ON REFUSE ON DIT NON D’AHMADOU KOUROUMA
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  • Ratoguessiyaoba Virginie KABORE
  • Université Joseph KI-ZERBO
  • ORCID iD: 0009-0005-4181-4566
  • bkvirginies@yahoo.fr
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  • Boureima Alexis KOENOU
  • Université Joseph KI-ZERBO
  • ORCID iD: 0009-0002-3784-7785
  • alexiskoenou@yahoo.fr

Introduction: La visée de toute œuvre littéraire est de produire des effets sur les lecteurs. C’est ainsi qu’à travers le choix des mots, les nuances sémantiques et les constructions phrastiques, les écrivains cherchent à émouvoir l’Être humain. Autant par la manière de narrer que par la matière, l’intention de toucher la sensibilité est manifeste chez eux. Dans le présent article, nous nous intéressons à un cas particulier de signes graphiques, notamment la parenthèse, qui connaît un emploi prépondérant et remarquable dans le roman Quand on refuse on dit non de l’écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma. Selon Albert Doppagne (1998 :54), les parenthèses font partie des signes d’insertion, qui sont destinés à matérialiser, dans le discours, l’introduction de mots ou de passages plus ou moins longs, « des signes graphiques qui s’emploient par paire et présentent deux formes : la forme ouvrante [( ] et la forme fermante [ )] ». Notons que le texte ou le message mis entre ces deux signes se nomme également la parenthèse. Quant à Claude Peyroutet (2013 :97), il soutient que « la parenthèse est un mot, un ensemble de mots, une phrase insérés dans une phrase d’un texte, mais qui peut ne pas entretenir un rapport logique avec ce qui précède et ce qui suit ; mieux certaines parenthèses sont autonomes ». Marouzeau (1969 :140), pour sa part, applique le qualificatif « labyrinthes » aux phrases parenthétiques. Et l’auteur d’ajouter : « La pratique de ces phrases-labyrinthes est la marque de certains écrivains, et comme un trait de leur psychologie en même temps que de leur style. » La parenthèse utilise une ponctuation particulière : les parenthèses ( ) ou les tirets–. Elle peut apparaître aussi entre virgules ou constituer une phrase.

Notre étude portera exclusivement sur les parenthèses matérialisées par le signe ( ), et qui apparaissent cent quarante-quatre (144) fois dans le corpus. L’objectif de la réflexion est de déterminer la valeur stylistique de la phrase parenthétique dans le roman. Les questions suivantes guideront l’investigation : quelle est la nature des informations contenues dans les parenthèses ? En quoi les parenthèses, interruption momentanée et régulière de la poursuite de la phrase, peuvent-elles être efficaces dans la transmission du message littéraire ? Consécutivement aux questions de recherche posées, nous pouvons émettre les hypothèses suivantes : les phrases parenthétiques caractéristiques du corpus fournissent des définitions, des commentaires et servent de cadres de traductions. Comme éléments de réponse à la seconde question de recherche, on peut retenir que ces phrases favorisent l’enchaînement des idées et concourent à la clarté et à l’expressivité du texte. L’analyse de la parenthèse se fera à la lumière de la stylistique, …

Résumé : Le trait linguistique le plus remarquable du roman Quand on refuse on dit non de l’écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma est indubitablement la prédominance de la parenthèse. Plus que des signes graphiques qui s’emploient par paire, les parenthèses apparaissent tout au long du roman pour donner des définitions, faire des commentaires et servir de cadres de traductions. Au regard de son caractère multidimensionnel, la parenthèse revêt une propriété insistante et se révèle en définitive une stratégie de mise en relief de segments phrastiques ou de phrases pour assurer la compréhension du texte romanesque et même pour traduire l’ironie. Dans d’autres cas, elle concourt à la dénonciation de l’irresponsabilité des dirigeants africains, à l’inactivité et ou à la passivité inconsciente des peuples africains.

 Mots-clés : phrase, parenthèse, intelligibilité, expressivité, stylistique.

Références bibliographiques 

  • BARTHES, R. (1973). Le Plaisir du texte, Paris, Seuil.
  • BETH, A. et MARPEAU, E. (2011). Figures de style, collection Librio n°710, Paris, E.J.L.,
  • BLANCHE-BENVENISTE, C. (1997). Approches de la langue parlée en français, Paris, Ophrys.
  • DOPPAGNE, A. (1998). La Bonne ponctuation. Clarté, efficacité et précision de l’écrit, 3e édition, Paris, Duculot.
  • DRILLON, J. (1991). Traité de la ponctuation française, Paris, Gallimard.
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  • FONTANIER, P. (1977). Les figures du discours, Paris, Flammarion.
  • KOUROUMA, A. (2004). Quand on refuse on dit non, Paris, Seuil.
  • LE GOFFIC, P. (1993). Grammaire de la langue française, Paris, Hachette supérieur.
  • MAROUZEAU, J. (1969). Précis de stylistique française, Paris, Masson et Cie.
  • NARJOUX, C. (2010). La ponctuation. Règles, exercices et corrigés, Bruxelles, De Boeck duculot.
  • PEYROUTET, C. (2013). Style et rhétorique, collection Repères pratiques n°29, Paris, Nathan.
  • ROBRIEUX J.-J. (2015). Rhétorique et argumentation, Paris, Armand Colin.