N°21_Vol.6_29
- LE MANAGEMENT DU TEMPS : REGARD SUR LE RESPECT DES ÉCHÉANCES DES ACTIVITÉS DE PAIE DES AGENTS DE L’ÉTAT DANS LES ÉTABLISSEMENTS PUBLICS : CAS DE L’UNIVERSITÉ DE KINSHASA
- Sylva MUTOMBO MUKENA
- Université de Kinshasa, RDC
- syllvanhomutombo@gmail.com
Introduction: Le temps constitue une ressource particulière dans toute organisation. Contrairement aux ressources financières, matérielles ou humaines, il ne peut être stocké, accumulé ou récupéré lorsqu’il est perdu. Sa gestion représente dès lors une dimension importante du fonctionnement et de la performance des organisations. Dans les administrations publiques, cette question revêt une importance particulière lorsque les activités sont organisées autour d’échéances précises et lorsque l’exécution d’une tâche conditionne directement celle d’une autre. Le management du temps renvoie ainsi à l’ensemble des pratiques permettant de planifier, d’organiser, de hiérarchiser et de contrôler les activités afin de réaliser les objectifs dans les délais prévus. La littérature consacrée à cette question souligne notamment l’importance de la planification, de la définition des priorités et du contrôle des activités dans l’utilisation efficace du temps (Claessens et al., 2007 ; Aeon & Aguinis, 2017).
La gestion de la paie des agents de l’État constitue précisément un processus dans lequel la dimension temporelle occupe une place centrale. Elle mobilise plusieurs acteurs et plusieurs opérations qui doivent être exécutées suivant un ordre déterminé et dans des délais compatibles. La collecte et la mise à jour des informations doivent précéder leur transmission, leur vérification et leur validation. Ces différentes opérations précèdent elles-mêmes les étapes de liquidation, d’ordonnancement et de paiement. Dans le contexte de la République démocratique du Congo, le processus de paie des agents de l’État implique plusieurs structures administratives et financières. Le calendrier officiel des activités de paie prévoit différentes opérations relatives à la transmission des mises à jour, à leur centralisation et à leur validation, à la préfiguration de la paie, au calcul des impacts, à la validation de l’état liquidatif, à l’ordonnancement et au transfert de la paie. La question du respect des délais est donc étroitement liée à la qualité de l’organisation administrative et à la coordination des différents intervenants. Elle revêt une importance particulière dans les établissements publics d’enseignement supérieur, compte tenu de la diversité des structures administratives, du nombre d’agents concernés et de la multiplicité des opérations nécessaires à la transmission et au traitement des informations. L’Université de Kinshasa constitue, à cet égard, un terrain d’étude pertinent. En tant qu’établissement public d’enseignement supérieur, elle dispose de plusieurs structures et services administratifs dont les activités sont interdépendantes. L’analyse du management du temps dans ce contexte permet donc de s’interroger sur les conditions organisationnelles susceptibles de favoriser le respect des échéances liées aux activités de paie. Dès lors, la présente étude s’articule autour de la question centrale suivante :dans quelle mesure le management du temps influence-t-il le respect des échéances des activités liées à la paie des agents de l’État au sein de l’Université de Kinshasa ? De cette question principale découlent les questions spécifiques suivantes : dans quelle mesure les activités liées à la paie sont-elles planifiées au sein des services concernés ? Comment les responsabilités sont-elles réparties entre les différents intervenants ? Quel est le niveau de coordination entre les services participant au processus de paie ? L’objectif général de cette étude est d’analyser l’influence du management du temps sur le respect des échéances des activités de paie des agents de l’État à l’Université de Kinshasa.
Plus spécifiquement, il s’agit d’identifier les différentes activités intervenant dans le processus de paie ; déterminer les principales échéances associées à ces activités ; d’pprécier le niveau de respect des délais par les services concernés. L’hypothèse générale de l’étude est formulée comme suit : le respect des échéances des activités de paie des agents de l’État à l’Université de Kinshasa dépendrait significativement de la qualité du management du temps, notamment de la planification des activités, de la répartition des responsabilités, de la coordination des services et du suivi des délais. L’étude est structurée autour de plusieurs axes. Elle présente d’abord le cadre conceptuel relatif au management du temps et à la gestion des échéances. Elle examine ensuite la place du temps dans le processus de paie, avant de présenter le cadre institutionnel, le processus des activités de paie et les principales échéances. Enfin, elle expose l’approche méthodologique retenue ainsi que les principaux résultats attendus et propose un modèle de management du temps applicable aux activités de paie.
Résumé : Le management du temps constitue un enjeu majeur dans la gestion administrative des établissements publics, particulièrement lorsque les activités sont soumises à des échéances précises et interdépendantes. La paie des agents de l’État constitue, à cet égard, un processus administratif complexe impliquant plusieurs opérations successives, notamment la collecte, la vérification, la transmission, la validation et le traitement des informations relatives aux agents. Le retard enregistré à l’une de ces étapes peut avoir des répercussions sur les opérations subséquentes et, par conséquent, sur la régularité du processus de paiement. Le présent article analyse le rôle du management du temps dans l’exécution des activités liées à la paie des agents de l’État au sein des établissements publics, en prenant comme terrain d’étude l’Université de Kinshasa (UNIKIN). Il s’intéresse particulièrement à la planification des activités, à la répartition des responsabilités, à la coordination entre les services, au respect des échéances et aux mécanismes de suivi et de contrôle. Sur le plan méthodologique, l’étude s’inscrit dans une approche descriptive et analytique et mobilise la recherche documentaire, les entretiens semi-directifs, le questionnaire ainsi que l’analyse des documents administratifs et des échéanciers relatifs au processus de paie.L’hypothèse générale soutient que l’efficacité du processus de paie dépend, en partie, de la capacité des services concernés à planifier, coordonner, exécuter et contrôler leurs activités dans les délais prescrits. L’étude vise ainsi à mettre en évidence les mécanismes organisationnels susceptibles de favoriser le respect des échéances et de contribuer à l’amélioration de la régularité et de l’efficacité du processus de paie à l’Université de Kinshasa.
Mots-clés : management du temps, gestion des échéances, paie, agents de l’État, établissement public, Université de Kinshasa, administration publique.
Références bibliographiques
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