• DE LA MYTHIFICATION DU PAYSAGE DANS LE CHANT DU MONDE (1934) DE JEAN GIONO : ENTRE ECRITURE DU DESARROI ET IMPERATIF DE COHESION ECOLOGIQUE
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  • Jean Denis NASSALANG
  • Département de Didactique des Lettres de la Faculté des Sciences et Technologies de l’Education et de la Formation (FASTEF),
  • Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal)
  • nassalang@yahoo.fr

Introduction: Le tourment inhérent aux conditions défavorables imposées par l’après-guerre a entrainé à la fois dans les relations que dans les consciences une redéfinition de plusieurs paramètres qui structuraient la vie en société. Les hommes sont revenus éprouvés par la torpeur et les abominations qui ont été perpétrés en cette période de crises. Il est alors concevable que le texte littéraire cautionne des subversions qui réorientent son analyse. Les intellectuels, tels que Jean Giono, en sortent heurtés et proposent une littérature qui réinterroge les fondements de la condition humaine. Pour l’auteur de Le chant du monde, il y a un besoin pressent de retour conceptuel aux origines pour asseoir une osmose entre l’homme et son milieu. La cohérence du langage humain ne saurait se consolider s’il n’est pas en corrélation avec le monde qui nous fait vivre. C’est pourquoi, il déplore, dans ses textes, toutes les expressions malencontreuses et tous les agissements qui désorganisent l’univers au profit d’une communion vivante entre ses personnages et leur cadre existentiel. Ce texte propose une mystique fusion existentielle entre toutes les sphères, dans leurs formes composites et les autres habitants du monde. Le narrateur, en porte-parole de Jean Giono, donne à comprendre toute la sensibilité de l’auteur qui fait dire à Gina que « Toutes les choses du monde arrivent à des endroits de mon corps », (Giono, 1934 :266).

Les réflexions déjà menées sur ce corpus se sont parfois limitées à présenter la dimension écologique de la pensée de Jean Giono. Elles ont insisté sur l’actualité des textes gionniens. Mais l’important, pour nous, est de montrer, dans ce travail, l’apport dynamique des éléments naturels et biologiques. En écrivain sensible au devenir du monde, en ces temps de désarroi, Giono situe la mythique communion entre les différentes composantes de l’univers au cœur de sa pensée. De son écriture s’élèvent ainsi des interpellations pour une meilleure prise en charge de la condition humaine ; car il conçoit mal que les besoins de reconstruction et de progrès s’élaborent en détruisant la nature. Jean Giono accorde alors au paysage une dynamique personnalité et des possibilités d’action dans la co-construction du monde. Dans une approche sociopolitique qui intègre des éléments écologiques, nous allons en première occurrence porter notre réflexion sur la désagrégation entre les êtres vitaux qui a suscité ce désarroi, ensuite analyser la sublimation des éléments paysagers, avant de terminer par les besoins de cohésion universelle.

 

Résumé : Cet article se veut être une réflexion sur les principes et dynamiques de connaissance de l’œuvre, Le chant du monde, de Jean Giono. En marge de la désarticulation des normes véhiculée par le Surréalisme en vigueur, l’auteur offre au lecteur des possibilités de concevoir le monde autrement. Il cherche, par une technique de distanciation par rapport à la destruction des éléments du cosmos pour des besoins de progrès, la décrépitude de l’orgueil humain pour asseoir une civilisation écologique. Les astres, sans être les reflets des états d’âme du personnage, comme le concevaient les Romantiques, s’arrogent des facultés de traduire l’émiettement de la conscience humaine. Les objets, comme les animaux, jouissent d’une vie intérieure intrinsèque qui témoigne des limites humaines dans la découverte du monde et impulse un impératif de connaissance approfondie et/ou de (ré)conciliation entre les différents êtres vivants qui composent l’univers.

Mots-clés : Désarroi, Écologie, Écriture, Monde, Mythification, Paysage

Références bibliographiques

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  • GIONO, J. (1934), Le chant du monde, Paris, Gallimard.
  • GIONO, J. (1938), Le Poids du ciel, Paris, Gallimard.
  • GIONO, J. (1937), Refus d’Obéissance, Paris, Gallimard.
  • GIONO, J. (1932), Solitude de la pitié, Paris Gallimard.
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