• SEMIOTISATION DE LA MONTAGNE DANS LE CORAN
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  • Arouna YAMEOGO
  • Université Joseph KI-ZERBO
  • ORCDI iD : 0009-0008-5897-2677
  • yaaroun@yahoo.fr
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Introduction: Le texte coranique est par excellence un texte narratif. Il rend compte de l’histoire des hommes, des femmes mais aussi des animaux, des plantes et de l’environnement. De la sorte, le coran évoque la montagne dans maints passages avec des valeurs sémiotiques différentes. Cette dimension se manifeste surtout dans les passages où la montagne accompagne des événements à forte portée religieuse. Elle n’y est pas seulement présente : elle participe à la construction du sens. Sa récurrence en fait une figure complexe, dont la signification se noue à partir de plusieurs tensions, le visible et l’invisible, le terrestre et le céleste, l’horizontal et le vertical, le doute et la certitude, l’immobilité et le mouvement, la vie et la mort, l’humain et le divin. Ces oppositions ne sont pas de simples couples thématiques. Elles aident à comprendre les relations et les transformations qui s’organisent autour de la figure de la montagne. Le texte coranique tisse un lien étroit entre récit, signe, figure et symbole.

Les éléments du monde naturel- astres, animaux, végétaux, eaux, terres, montagnes -n’y forment pas seulement le décor matériel des événements ; ils peuvent devenir des figures chargées de valeurs, actives dans la production du sens. Le minéral se trouve alors investi d’une dimension sémiotique qui le fait passer du statut de simple objet naturel à celui de figure participant à la production du sens. Cette transformation compte pour toute approche sémiotique. Il ne s’agit évidemment pas de prétendre que la montagne devient littéralement un sujet humain, mais de montrer que le discours lui attribue des prédicats, des comportements et des valeurs qui lui confèrent une forme de compétence sémiotique. En choisissant de sémiotiser la montagne dans le Coran, notre ambition est d’étudier les valeurs symboliques de la montagne en rapport avec les récits dont elle sert d’espace d’actualisation.

Pour ce faire, nous convoquerons les principaux outils de la sémiotique structurale d’Algirdas Julien Greimas : les isotopies, la thématisation et la sémio-narrativité. La méthodologie utilisée est la recherche documentaire. La réflexion prend source dans la problématique suivante : comment la montagne se construit-elle comme signe dans le discours coranique, et quelles valeurs thématiques, symboliques et narratives sa présence manifeste-t-elle ? L’hypothèse défendue est que la montagne constitue une figure polysémique dont les différentes occurrences s’organisent autour d’un ensemble cohérent de valeurs telles que la sacralité, la stabilité, la verticalité, la médiation, la mémoire et la foi. L’étude des isotopies permettra d’abord de repérer les réseaux de sens associés à la montagne et de voir comment ceux-ci se prolongent d’un passage à l’autre. Le schéma actantiel et le programme narratif serviront ensuite à examiner les relations qu’elle entretient avec les sujets et les objets de valeur. L’analyse des modalités du vouloir, du pouvoir, du savoir et du devoir aidera à comprendre les différentes positions du sujet face à la montagne…..

Résumé : Cet article interroge les processus par lesquels la montagne se trouve investie de sens dans le texte coranique. Il propose une analyse sémiotique de la figure de la montagne dans le discours coranique, en empruntant les principaux outils de la sémiotique structurale d’Algirdas Julien Greimas : les isotopies, la thématisation et la sémio-narrativité. L’objectif est de montrer que la montagne assume des fonctions narratives et symboliques variées selon les configurations discursives dans lesquelles elle apparaît. L’hypothèse défendue est que la montagne constitue une figure polysémique dont les différentes occurrences s’organisent autour d’un ensemble cohérent de valeurs telles que la sacralité, la stabilité, la verticalité, la médiation, la mémoire et la foi.  Elle constitue de ce fait un espace de rencontre avec le divin, de manifestation de la puissance divine, de révélation, d’épreuve ou encore de confirmation de la foi. Elle apparaît dès lors comme une métafigure du discours coranique, capable de condenser des dimensions cosmologique, théologique, narrative, mémorielle et eschatologique. Elle devient ainsi, dans le discours coranique, un lieu privilégié à travers lequel se donne à voir, par l’espace et l’action humaine, la relation entre l’homme, le monde et le divin.

Mots-clés : montagne, sémiotique, sémio-narrativité, isotopie, actant spatial.

Références bibliographiques

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