Hors-Série n°11
Hors-série n°11 - Janvier 2025
Les langues africaines sont bien plus que de simples moyens de communication. Elles sont les porteuses d’une mémoire collective, les témoins d’un héritage culturel pluriséculaire et les vecteurs d’une pensée enracinée dans des traditions orales et écrites d’une grande richesse. Pourtant, dans un monde où les rapports de force linguistiques sont marqués par la domination de certaines langues internationales, la place des langues africaines dans la production littéraire et la recherche scientifique demeure une problématique essentielle qui interpelle chercheurs, écrivains et acteurs culturels.
Face à cette réalité, les 1ères Journées Scientifiques sur les Langues Africaines et la Création Littéraire, organisées les 07 et 08 novembre 2024 à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, s’inscrivent dans une dynamique de réflexion et de valorisation des langues africaines dans l’espace littéraire et académique. Placées sous le thème « Littérature et usage des langues africaines : enjeux et perspectives identitaires », ces journées ambitionnent de questionner le rôle des langues africaines dans la création littéraire et dans la construction des identités, tant individuelles que collectives, à l ‘aune des défis contemporains. En effet, la littérature, en tant que mode d’expression et de transmission de la pensée, joue un rôle fondamental dans la préservation et la promotion des langues africaines. Cependant, elle est aussi le terrain de nombreuses tensions : entre l’héritage colonial et la revendication d’une autonomie linguistique et culturelle, entre l’oralité et l’écriture, entre la nécessité de se faire entendre à l’échelle mondiale et l’impératif de préserver les spécificités locales. L’enjeu est donc double : comment les langues africaines peuvent-elles s’affirmer dans la création littéraire contemporaine ? Et en retour, comment la littérature peut-elle contribuer à la vitalité et à la pérennité des langues africaines ? Une réflexion pluridisciplinaire, autour des axes variés– de l’évolution linguistique de l’écriture africaine à l’étude des représentations cosmogoniques en passant par la situation des langues africaines dans un contexte multipolaire, permettra d’apporter des éléments de réponse à ces questionnements.
Ce numéro spécial de la revue Akofena regroupe ainsi des contributions qui, chacune à sa manière, explorent les dynamiques linguistiques et littéraires africaines sous des prismes théoriques et pratiques divers. Il se veut une voix, une invitation à repenser les langues africaines non pas comme de simples vestiges du passé, mais plutôt comme des instruments vivants, capables de porter les imaginaires et les pensées du présent et de l’avenir. Que cette publication soit une pierre de plus à l’édifice de la valorisation des langues africaines et de leur pleine reconnaissance dans le champ de la création littéraire.
Sous la direction de :
Coordinateurs du numéro
SOMMAIRE
Amoin Véronique BOHOUSSOU
Langue d’écriture : entre ancrage culturel et créativités littéraires dans La carte d’identité de Jean-Marie Adiaffi et Les germes de la mort de Regina Yaou
Si au Sénégal, au Congo, au Kenya, pour ne citer que ces quelques cas de figures, il apparaît qu’en dehors de la langue française, langue officielle, il existe des œuvres littéraires produites en langues locales, d’autres écrivains en revanche choisissent d’user la langue française mais tout en y intégrant des lexèmes du terroir. À la vue de telles pratiques langagières axées sur une fusion de langue étrangère, langue officielle et de langue locale en littérature, nous avons décidé d’entreprendre cette étude qui a pour thème : « Langue d’écriture : entre ancrage culturel et créativités littéraires dans La carte d’identité de Jean-Marie Adiaffi et les germes de la mort de Regina Yaou ». La présente étude a pour objectif de montrer d’une part que ces écrivains qu’on pourrait qualifier d’avant-gardistes n’ont pas eu besoin de consensus communautaire ou politique pour faire la promotion de leurs langues maternelles à partir de leurs plumes dans le domaine littéraire et d’autre part d’identifier les enjeux identitaires qui sous-tendent ce mixage de langue. Cette réflexion s’adosse sur la méthode d’analyse descriptive afin de mettre en lumière toute cette volonté d’acclimatation de la langue française aux réalités africaines, d’afficher leur statut diglossique, laquelle démarche met en évidence le caractère dynamique de toute langue, ainsi que cette volonté de positionnement de ces auteurs à la lumière de leur verve créatrice et aussi de traduire ce choix de mutualisation des cultures en présence.
Mots-clés : avant-gardistes, code d’écriture, interjections, mélange, multilingue, mutualisation, Onomastiques.
THE LITERARY LANGUAGE: BETWEEN CULTURAL EMBEDDEDNESS AND LITERARY CREATIVITY IN LA CARTE D’IDENTITÉ BY JEAN-MARIE ADIAFFI AND LES GERMES DE LA MORT BY REGINA YAOU
Abstract: If in Senegal, Congo, Kenya, to name only these few cases, it appears that apart from French, which is the official language, there are literary works produced in local languages, other writers on the other hand choose to use the French language while integrating local lexemes. In view of such language practices focused on a fusion of foreign language, official language and local language in literature, we decided to undertake this study which has the following topic: “Writing Language: between Cultural Anchoring and Literary Creativity in La carte d’identité of Jean-Marie Adiaffi and Les germes de la mort of Regina Yaou. The present study aims at showing on the one hand that these writers who could be described as avant-garde did not need community or political consensus to promote their mother tongues from their pens in the literary domain and on the other hand to recognize the identity issues which underlie this language mixing. This reflection will be based on the method of descriptive analysis in order to highlight this desire to acclimatize the French language to African realities, to display their diglossic status, which approach emphasizes the dynamic character of any language, as well as this desire to position these authors in the light of their creative verve and also to express this choice of pooling the cultures involved.
Keywords: avant-garde, interjections, mixture, multilingual, Onomastics, sharing, writing code.
Amoin Véronique BOHOUSSOU. (2025). Langue d’écriture : entre ancrage culturel et créativités littéraires dans La carte d’identité de Jean-Marie Adiaffi et Les germes de la mort de Regina Yaou. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.01.2025
Kouakou Yannick KONDRO & Francis GOGBEU
ChatGpt et apprentissage de la grammaire anglaise à la lumière de la grammaire métaopérationnelle
L’apprentissage des langues secondes, en l’occurrence l’anglais, connaît des avancées considérables grâce aux apports technologiques. Cependant, il convient de s’interroger sur l’apport de ces nouveaux outils d’apprentissage en vue non seulement d’en connaître les limites mais aussi et surtout de proposer des supports contributifs pour l’amélioration de l’apprentissage de la grammaire. Cette analyse qui est mené dans le cadre théorique de la grammaire métaopérationnelle avec les outils d’analyse qui en découlent, montre que ChatGPT est certes utile, mais reste incapable de permettre un apprentissage raisonné sans une théorie explicative appropriée. Par conséquent, il importe de s’approprier de ChatGPT et la grammaire métaopérationnelle, pour faciliter l’apprentissage des langues.
Mots-clés: grammaire, métaoperationnelle, ChatGPT, langue seconde, apprentissage, anglais
CHATGPT AND LEARNING ENGLISH GRAMMAR IN THE LIGHT OF METAOPERATIVE GRAMMAR
Abstract: Second language learning, especially English, has made considerable progress thanks to technological contributions. However, there is a need to question the contribution of these new learning tools in order not only to know their limitations and to propose supportive theory for the facilitation of grammar learning. This analysis, which is conducted in the theoretical framework of metaoperational grammar including all the deriving analytical tools, shows that ChatGPT is certainly useful but remains incapable of allowing reasoned-based learning without an appropriate explanatory theory. Consequently, it is important to incorporate both ChatGPT and metaoperational grammar to facilitate language learning.
Keywords: grammar, metaoperational, ChatGPT, second language, learning, English
Kouakou Yannick KONDRO & Francis GOGBEU. (2025). ChatGpt et apprentissage de la grammaire anglaise à la lumière de la grammaire métaopérationnelle. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.02.2025
NGO BIUMLA Catherine Epse ABOGO
Topologie de la traduction des langues camerounaises dans le texte théâtral
Les emprunts aux langues locales ne se discutent plus ; seule se pose la question de leur traitement par l’auteur. Le théâtre camerounais, qu’il soit écrit ou oral, se particularise par la traduction systématique de ces emprunts. Toutefois, il importe de poser le diagnostic de l’impact de telles traductions sur la syntaxe de la phrase et l’esthétique du texte théâtral camerounais. Pour cela, nous recensons ces différentes reformulations à la fois dans les pièces de théâtre écrites après les années 2000, en l’occurrence Ngum a Jemea (2007) de David Mbanga Eyombwan et Nlongnjel (2019) de Djhamidi Bond, et dans le théâtre populaire de Kouokam Narcisse, Markus et Frida Choco Bronzé de la même période. Cet article, en s’appuyant sur la grammaire textuelle, vérifiera l’hypothèse selon laquelle ces traductions sont une particularité du théâtre camerounais moderne. Ainsi, nous nous servirons de notre corpus mixte pour décrire le marquage sur la page de ces reformulations d’une part et son impact sur la modalisation du discours théâtral en contexte plurilingue d’autre part. L’enjeu est de montrer que la reformulation, non seulement affecte la structure de la phrase, mais également se perçoit dans le processus énonciatif comme une sorte de compromis entre les langues officielles et les langues nationales. En somme, la traduction sert d’outil de revendication identitaire.
Mots-clés : emprunt linguistique, énonciation, théâtre, syntaxe, traduction.
Abstract: Borrowings from local languages are no longer up for discussion; the only question that arises is how the author treats them. Cameroonian theatre, whether written or oral, is distinguished by the systematic translation of these borrowings. However, it is important to diagnose the impact of such translations on the syntax of sentence and aesthetics of the Cameroonian theatral text. To do this, we identify these differents reformulations both in plays written after the 2000s, in this case Ngum a Jemea (2007) by David Mbanga Eyombwan and Nlongnjel (2019) by Djhamidi Bond, and in the popular drama’s of Kouokam Narcisse, Markus and Frida Choco Bronzée from the same period. This article, based on the Grammar of Text, will test the hypothesis that these translations are a particularity of modern Cameroonian theatre. Studying our mixed corpus, we will describe the marking of these reformulations on the one hand and its impact on the modalisation of the drama’s discourses in a plurilingual context on the other hand. The challenge is to show that reformulation not only affects the structure of the sentence, but is also perceived in the enunciative process as a kind of compromise between the official languages and the national languages. In short, translation serves as a tool for claiming identity.
Keywords: Language borrowing, enunciation, theatre, syntax, translation
NGO BIUMLA Catherine Epse ABOGO. (2025). Topologie de la traduction des langues camerounaises dans le texte théâtral. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.03.2025
El hadji CAMARA
L’autotraduction chez Boubacar Boris Diop : une analyse comparée de Les Petits de la guenon et d’Un tombeau pour Kinne Gaajo et de leurs versions wolofs Doomi Golo et Bàmmeelu Kocc Barma
L’autotraduction désigne la traduction par l’auteur lui-même de son propre texte. C’est une forme particulière de traduction qui existe depuis longtemps, mais sa fréquence à l’époque contemporaine interpelle sur le lien entre l’écriture et la problématique identitaire chez des écrivains tels que Boris Diop et tant d’autres. Chez l’auteur sénégalais, l’autotraduction est le fruit d’un engagement qui plaide en faveur des langues nationales et leur place dans la société ; mais elle s’apparente surtout à une forme de réécriture qui lui donne la liberté de s’éloigner du texte original sans en trahir la quintessence comme on le constate à la lecture de ses romans autotraduits. Cependant, en procédant lui-même à la traduction de ses romans du wolof au français et vice-versa, Boris Diop n’inscrit-il pas au cœur de sa pratique d’écriture les fondements idéologiques ainsi que les enjeux esthétiques et stylistiques de l’autotraduction ? Cette démarche n’est-elle pas l’expression d’un déchirement identitaire sur le plan culturel et linguistique de l’auteur ? L’analyse tentera de répondre à ces questions cruciales à travers une approche comparative des versions françaises et wolof des romans précités.
Mots-clés : Autotraduction, réécriture, identité, langues nationales, wolof, français.
SELF-TRANSLATION IN BOUBACAR BORIS DIOP : A COMPARATIVE ANALYSIS OF LES PETITS DE LA GUENON AND UN TOMBEAU POUR KINNE GAJOO AND THEIRWOLOF VERSIONS DOOMI GOLO AND BAMMEELU KOCC BARMA
Abstract: Self-translation refers to the translation by the author himself of his own text. It is a particular form of translation that has existed for a long time, but its frequency in the contemporary era raises questions about the link between writing and the problems of identity in writers such as Boris Diop and many others. For the Senegalese author, self-translation is the result of a commitment that advocates in favour of national languages and their place in society ; but above all, it is a form of rewriting that gives him the freedom to move away from the original text without betraying its quintessence, as we can see when reading his self-translated novels. However, by translating his own novels from Wolof to French and vice versa, does Boris Diop not place at the heart of his writing practice the ideological foundations as well as the aesthetic and stilistic issues of self-translation ? Is this approach not the expression of a rift in the author’s cultural and linguistic identity ? The analysis will attempt to answer these crucial questions through a comparative approach of the French and Wolof versions of above-mentioned novels.
Keywords: Self-translation, rewriting, identity, national languages, Wolof, French
El hadji CAMARA. (2025). L’autotraduction chez Boubacar Boris Diop : une analyse comparée de Les Petits de la guenon et d’Un tombeau pour Kinne Gaajo et de leurs versions wolofs Doomi Golo et Bàmmeelu Kocc Barma. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.04.2025
Oneil BOUPENGA -MOUMOSSY
Écriture en langue africaine et communication sociale au Sénégal : le cas de la publicité urbaine dakaroise en wolof
En 2024, l’usage des langues africaines résonne comme une aspiration à la fois sociopolitique et culturelle visant à conduire nos sociétés africaines vers un modèle de développement tenant compte des réalités sociolinguistiques. Le Sénégal, à l’instar de toutes les anciennes colonies d’Afrique francophone, se démarque depuis les années 1970 par un réaménagement de sa politique linguistique qui prend forme au sommet de l’État. En effet, l’implication active du président Leopold Sédar Senghor pour la valorisation de la culture au Sénégal se manifeste par une série de décrets visant à donner aux langues nationales du pays un statut juridique et institutionnel. Il est bien vrai que le français, érigé en langue officielle et administrative, s’est diffusé durant la colonisation en imprégnant les plus hautes instances de l’État et les milieux du pouvoir. Par ailleurs, une réalité est probante : les langues nationales au Sénégal sont une réalité, et le wolof encore plus dans la ville de Dakar. Au-delà des langues nationales bien présentes, le wolof est omniprésent, non seulement dans la communication orale quotidienne, mais aussi dans la communication écrite. Cette représentation sociale du wolof dans l’espace public par l’écriture est la conséquence d’un développement important du wolof dans le système socioculturel au Sénégal. L’intégration de la langue wolof en tant qu’outil d’unité nationale permet de développer une communication sociale efficace qui participe au développement de l’écriture en wolof, renforçant bien évidemment son statut de langue majoritaire. L’objectif de notre communication vise à mettre en évidence l’évolution de l’écriture en wolof à travers un usage encadré dans la communication sociale, avec un focus sur la publicité urbaine à Dakar en évoquant les enjeux.
Mots-clés : écritures en langues africaines, développement, politique linguistique, institutions, littérature africaine, culture.
Abstract: In 2024, the use of African languages is seen as a socio-political and cultural aspiration aimed at leading African societies towards a development model that takes account of sociolinguistic realities. Senegal, like all the former colonies of French-speaking Africa, has been leading the way since the 1970s with a reorganisation of its language policy that is taking shape at the very top of the State. President Leopold Sédar Senghor’s active involvement in promoting culture in Senegal led to a series of decrees aimed at giving the country’s national languages legal and institutional status. It is true that French, established as an official and administrative language, had spread during colonisation, permeating the highest levels of the State and the circles of power. However, one fact is clear: Senegal’s national languages are a reality, and Wolof even more so in the city of Dakar. In addition to the national languages, Wolof is omnipresent, not only in everyday oral communication, but also in written communication. This social representation of Wolof in the public space through writing is the consequence of the significant development of Wolof in the socio-cultural system in Senegal. The integration of the Wolof language as a tool of national unity makes it possible to develop effective social communication, which contributes to the development of writing in Wolof, reinforcing its status as the majority language. The aim of our paper is to highlight the evolution of writing in Wolof through its supervised use in social communication, with a focus on urban advertising in Dakar and a discussion of the issues involved.
Keywords: writing in African languages, development, language policy, institutions, African literature, culture.
Oneil BOUPENGA -MOUMOSSY. (2025). Écriture en langue africaine et communication sociale au Sénégal : le cas de la publicité urbaine dakaroise en wolof. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.05.2025
Kouadio KOFFI
Étude du procédé d’affixation dans la formation des mots en allemand et en anoh, langue ivoirienne du groupe kwa
La présente étude traite des procédés affixaux et de leur répercussion sur les vocabulaires de l’allemand et de l’anoh. Cette recherche est fondée sur la question centrale suivante : Quels sont les différents procédés d’affixation en allemand et en anoh, et comment contribuent-ils au dynamisme des vocabulaires de ces deux langues ? L’objectif de cette contribution est de montrer que l’allemand et l’anoh disposent de plusieurs possibilités linguistiques, à l’instar de l’affixation, dans le processus de formation de nouveaux mots contribuant de dynamiser leurs vocabulaires, et de satisfaire à plusieurs besoins de communication. Pour mener cette étude, nous avons employé les méthodes descriptive et contrastive. La première nous a permis de décrire les procédés linguistiques issus de l’affixation dans les deux langues. La seconde a servi à mettre en contraste les unités linguistiques décrites à l’aide de la première méthode. Cette étude est repartie en quatre parties. La première s’est intéressée à l’étude du procédé de la préfixation en allemand et en anoh. La seconde a été consacrée à l’emploi des suffixes en allemand et en anoh, pendant que la troisième partie a traité de la construction parasynthétique dans les deux langues. La quatrième nous a permis de faire le bilan de l’étude où nous les similitudes et les dissemblances dans le processus d’affixation dans les deux langues ont été présentées.
Mots-clés : préfixe, suffixe, parasynthèse, vocabulaire, langue
STUDY OF THE AFFIXATION PROCESS IN WORD FORMATION IN GERMAN AND ANOH, AN IVOIRIAN LANGUAGE OF THE KWA GROUP
Abstract: The present work deals with the process of affixation and its repercussion on the vocabularies of German and Anoh. This study is focused on the following principal question: what are the different processes of affixation in German and in Anoh, and how do they contribute to the dynamism of the vocabularies of these two languages? The objective of this contribution is to show that German and Anoh have several linguistic possibilities, like affixation, in the formation of new words which permit to dynamize their vocabularies, and to satisfy some communication needs. Descriptive and contrastive methods are applied to conduct the study. Descriptive method has allowed to describe linguistic processes obtained from affixation from the two languages. As for contrastive method, it has served to contrast the described linguistic items. The study is divided into four parts. The first part has dealt with the study of the process of affixation in German and in Anoh. As for the second part, it has been devoted to the use of suffixes in German and in Anoh. The third part has deals with the parasynthetic construction in the two languages. The last part has permitted to summarize the study by presenting the similarities and dissimilarities in the process of affixation in the two languages.
Keywords: prefix, suffix, parasynthesis, vocabulary, language
Kouadio KOFFI. (2025). Étude du procédé d’affixation dans la formation des mots en allemand et en anoh, langue ivoirienne du groupe kwa. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.06.2025
Agré Jules-Arnaud AGRÉ & Nahounou Angenor YAO
Orthographe et apprentissage des langues étrangères : relever le défi d’une transition souple à partir de la langue maternelle
L’orthographe se définit comme la reconnaissance d’une forme écrite par rapport à laquelle on juge l’adéquation des formes que réalisent les sujets d’une langue, impliquant que l’on distingue des formes correctes et des formes incorrectes (Dubois & al.2002). L’une des particularités de la codification orthographique réside dans la différence entre ce qui s’écrit et ce qui s’entend, de sorte que ce qui s’écrit ne s’entend pas nécessairement (Luzzati, 2010). Cette double nature de l’orthographe engendre parfois des difficultés dans l’apprentissage des langues, notamment lorsqu’il s’agit de passer de la langue maternelle à la langue étrangère. La présente étude vise à examiner les difficultés orthographiques rencontrées dans l’apprentissage d’une langue étrangère dans ses rapports avec la langue maternelle. Elle porte principalement sur les caractéristiques orthographiques de l’anglais et de l’espagnol, langues étrangères enseignées dans le secondaire en Côte d’Ivoire, et l’ébrié, langue Kwa de Côte d’Ivoire. Ce travail relève les difficultés orthographiques majeures liées à ces langues et propose des pistes de solution pour assurer une transition souple de la langue maternelle vers la langue étrangère.
Mots-clés : langue maternelle, langue étrangère, orthographe, opacité, transparence.
Abstract: Orthography is defined as the recognition of a written form against which one judges the adequacy of forms produced by speakers of a language, implying a distinction between correct and incorrect forms (Dubois et al., 2002). One of the peculiarities of orthographic codification lies in the difference between what is written and what is heard, such that what is written is not necessarily heard (Luzzati, 2010). This dual nature of orthography sometimes creates difficulties in language learning, particularly when transitioning from the mother tongue to a foreign language. This study aims to examine the orthographic difficulties encountered in foreign language learning in relation to the mother tongue. It focuses primarily on the orthographic characteristics of English and Spanish, foreign languages taught in secondary schools in Ivory Coast, and Ébrié, a Kwa language of Ivory Coast. This work identifies the major orthographic difficulties related to these languages and suggests possible solutions to ensure a smooth transition from the mother tongue to the foreign language.
Keywords: mother tongue, foreign language, orthography, opacity, transparency.
Agré Jules-Arnaud AGRÉ & Nahounou Angenor YAO. (2025). Orthographe et apprentissage des langues étrangères : relever le défi d’une transition souple à partir de la langue maternelle. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.07.2025
Birame SÈNE
Valorisation de l’identité socioculturelle et politique des Wolofs dans les contes d’Amadou Koumba de Birago Diop
Outre qu’il constitue le premier recueil de contes de Birago Diop (écrivain sénégalais, chantre de la négritude) publié dans la revue Présence Africaine, l’ouvrage les contes d’Amadou Koumba se particularise, au niveau de la combinatoire syntaxique, par l’entrelacement d’expressions provenant surtout de deux langues distinctes : le wolof et le français. L’entrelacement en question ne se limite pas au cadre familier (Woundou-le-chat, Nièye-l’Éléphant, Thile-le-Chacal. Leuk-le-Lièvre…), mais touche également à l’identité socioculturelle et politique des Wolof (Damel le Roi, Sélbés les Récitants, Lamanes-vices-rois…). Sous l’angle de la saillance et de l’expressivité, à travers une méthodologie articulée autour de la radioscopie des données du corpus, de la recherche documentaire, de l’analyse qualitative et linguistique, la présente contribution théorique s’évertue à lever un coin du voile sur les unités de traduction qui sont porteuses de connotations socioculturelles et politiques, qui mettent sur le piédestal la culture wolof, à une époque où la langue wolof elle-même ne bénéficie pas encore d’alphabet officiel.
Mots-clés : Combinatoire syntaxique, expressivité, mise en relief, saillance, traduction
ENHANCING WOLOF SOCIO-CULTURAL AND POLITICAL IDENTITY IN LES CONTES D’AMADOU KOUMBA BY BIRAGO DIOP
Abstract: In addition to being the first collection of tales by Birago Diop (a Senegalese writer and advocate of negritude) published in the journal Présence Africaine, the work Les contes d’Amadou Koumba is distinguished, in terms of syntactic combinations, by the interweaving of expressions mainly from two distinct languages: Wolof and French. The interweaving in question is not limited to the familiar framework (Woundou-le-chat, Nièye-l’Éléphant, Thile-le-Chacal. Leuk-le-Lièvre…), but also touches on the sociocultural and political identity of the Wolof (Damel le Roi, Sélbés les Récitants, Lamanes-vices-rois…). From the perspective of salience and expressiveness, through a methodology articulated around the radioscopy of corpus data, documentary research, qualitative and linguistic analysis, this theoretical contribution strives to lift a corner of the veil on the translation units that carry sociocultural and political connotations, which put Wolof culture on a pedestal, at a time when the Wolof language itself does not yet have an official alphabet.
Keywords: Syntactic combinatorics, expressiveness, highlighting, salience, translation
Birame SÈNE. (2025). Valorisation de l’identité socioculturelle et politique des Wolofs dans les contes d’Amadou Koumba de Birago Diop. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.08.2025
Richmond Jean-Baptiste Gnoleba MADOU
An Analysis of Traditional Cosmogony in African Languages Through Thomas Mofolo’s Chaka and Andrew Ekwuru’s Song of Steel
Cet article traite de Chaka de Thomas Mofolo et de Song of Steel d’Andrew Ekwuru. Il vise à analyser et à promouvoir l’utilisation des croyances et des mythes locaux afin de mieux comprendre la cosmogonie africaine. Pour y parvenir,nous avons sollicité la lexicométrie interprétative de Pierre Fiala et la dialogique onto-véridictoire de Rastier en vue d’effectuer l’étude des plans sémantiques relatifs aux croyances. Chaka et Song of Steel, permettent de comprendre à la fois la mauvaise perception de la cosmogonie traditionnelle due à la faible présence des langues locales dans la littérature africaine, et l’importance de l’empreinte onomastique de la cosmogonie africaine qui détermine l’identité africaine.
Mots-clés : croyances-langues-lexicométrie-cosmogonie- ontologie
Abstract: This article deals with Thomas Mofolo’s Chaka and Andrew Ekwuru’s Song of Steel. It aims to analyse and promote the use of local beliefs and myths to better understand African cosmogony. To achieve this, we have used Pierre Fiala’s interpretative lexicometrie and Rastier’s ontology and veridiction in dialogics to study the semantic planes relating to beliefs. Chaka and Song of Steel help us to understand both the poor perception of traditional cosmogony due to the weak presence of local languages in African literature, and the importance of the onomastic imprint of African cosmogony in determining African identity.
Keywords : beliefs-languages-literature-cosmogony- ontology
Richmond Jean-Baptiste Gnoleba MADOU. (2025). An Analysis of Traditional Cosmogony in African Languages Through Thomas Mofolo’s Chaka and Andrew Ekwuru’s Song of Steel. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.09.2025
Abdoulaye HAKIBOU & Chambi Julien ATCHADE
Promotion des langues maternelles en vue de leur enseignement dans un contexte post-colonial : le cas du Benin
La question de l’importance de l’enseignement formel en langue maternelle ne se pose plus. Cette importance n’est plus à démontrer au nombre des rencontres internationales tenues à cet effet par les organismes internationaux. Aujourd’hui, la question est plutôt relative aux stratégies à définir et à mettre en œuvre dans les pays surtout au sud du Sahara. La présente étude qui s’est menée dans un cadre national a visé à identifier des stratégies dans le contexte multilingue du Bénin. C’est pour cela d’ailleurs que la collecte des données a mis l’accent sur les stratégies. L’analyse des données a permis d’identifier globalement deux ordres de stratégies : les stratégies politiques et celles pédagogiques.
Mots-clés : langue maternelle, enseignement, stratégies, multilinguisme
PROMOTING THE TEACHING OF MOTHER TONGUES IN A POST-COLONIAL CONTEXT: THE CASE OF BENIN
Abstract: The issue of the importance of teaching in using mother tongue is no more a matter on the stake. That importance has been debated during a certain number of opportunities created by the international organisations. Today, the matter about mother tongue in teaching is rather related to the strategies to be defined and implemented in African countries, mainly those in Sub Sahara. The present study, conducted in a national frame, aimed to identify strategies in the multilingual context of Benin. That is the reason why data collection stressed on strategies. Data analysis allowed to identify globally two orders of strategies: political strategies and pedagogical ones.
Keywords : mother tongue, teaching, strategies, multilingualism
Abdoulaye HAKIBOU & Chambi Julien ATCHADE. (2025). Promotion des langues maternelles en vue de leur enseignement dans un contexte post-colonial : le cas du Benin. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.10.2025
N’guessan Norbert KOUADIO
Motivation à l’apprentissage des langues européennes en Afrique postcoloniale : cas de la Côte d’Ivoire
Cette communication vise à étudier les motivations d’enseignement des langues coloniales en Afrique en général et en Côte d’Ivoire en particulier. En effet, de nombreux pays africains possèdent des langues locales diverses. Celles-ci cohabitent avec des langues coloniales pérennisées à l’ère postcoloniale. Certaines langues européennes sans liens coloniaux sont délibérément choisies par les autorités pour être apprises dans le système scolaire. C’est le cas de l’allemand en Côte d’Ivoire. Notre étude trouve ses fondements dans la psychologie socio-cognitiviste de la motivation. Nous partons de l’hypothèse que les choix linguistiques opérés par les pays africains au profit des langues européennes sont déterminées par l’importance accordée à celles-ci. Cette approche confine les langues locales et favorise leur disparition. Nous abordons à cette occasion les différentes politiques linguistiques existant en Côte d’Ivoire dans le système scolaire. Par la même occasion, nous évoquons les efforts financiers et cognitifs fournis par les pays africains au profit des langues européennes.
Mots clés : apprentissage, colonisation, motivation, langues, culture
MOTIVATION FOR LEARNING EUROPEAN LANGUAGES IN POSTCOLONIAL AFRICA: THE CASE OF CÔTE D’IVOIRE
Abstract: This paper aims to study the motivations for teaching colonial languages in Africa generally and Cote d’Ivoire particularly. In fact many African countries have diverse local languages. These coexist with colonial languages that wereperpetuated in the postcolonial era. Some European languages with no colonial ties are deliberately chosen by the authorities to be learned in the school system. This is the case of German in Côte d’Ivoire. Our study is based on the sociocognitive psychology of motivation. We start from the hypothesis that the linguistic choices made by African countries in favour of European languages are determined by their importance. This approach confines local languages and encourages their disappearance. On this occasion, we will discuss the different language policies that exist in Côte d’Ivoire in the school system. At the same time, we mention the financial or cognitive efforts made by the the financial or cognitive efforts made by African countries for the benefit of European languages.
Keywords: learning, motivation, colonization, languages, culture
N’guessan Norbert KOUADIO. (2025). Motivation à l’apprentissage des langues européennes en Afrique postcoloniale : cas de la Côte d’Ivoire. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.11.2025
Narcisse Joël ODY
L’onosmastique dans la langue abbey dans l’œuvre la colère des ancêtres de Yapi Doffou Clément
La présente analyse porte sur l’onomastique dans la langue Abbey dans l’œuvre la colère des ancêtres de Yapi Doffou Clément, notamment dans une perspective grammatico-sémantique et herméneutique. Cette analyse sur l’onomastique en langue Abbey a permis de dégager, in fine, au niveau des aspects grammaticaux, au niveau les anthroponymes : le groupe nominal ou syntagme nominal, les types d’adjectifs, les types d’adverbes et les temps verbaux. En ce qui concerne les toponymes, les noms propres, le complément du nom, les groupes verbaux etc. Ceux-ci ont été interprétés diversement. Ces interprétations sémantiques se lisent comme des fécondes modalités d’expressivité qui assurent la dénonciation des funérailles pompeuses et grandioses dans la société africaine en général et en particulier chez le peuple Abbey. Quant aux anthroponymes et toponymes, ils sont symboliques, significatifs, savamment choisis ou composés par le romancier de sorte à faire d’eux, des abrégés de la fonction textuelle des lieux et personnages qu’ils désignent.
Mots-clés : Onomastique ; Anthroponymes ; Toponymes ; Langue Abbey ; Sémantique
ONOSMASTIC IN THE ABBEY LANGUAGE IN THE WORK THE ANGER OF THE ANCESTORS BY YAPI DOFFOU CLÉMENT
Abstract: This analysis focuses on onomastics in the Abbey language in Yapi Doffou Clément’s work The Anger of the Ancestors, particularly from a grammatical-semantic perspective. This analysis of onomastics in the Abbey language has made it possible to identify, in fine, at the level of grammatical aspects, at the level of anthroponyms : the noun group or noun phrase, the types of adjectives, the types of adverbs and the verb tenses. As regards toponyms, proper nouns, the complement of the noun, verb groups, etc. These have been interpreted in different ways. These semantic interpretations can be read as fertile modalities of expressiveness that ensure the denunciation of pompous and grandiose funerals in African society in general and in particular among the Abbey people. As for anthroponyms and toponyms, they are symbolic, significant, cleverly chosen or composed by the novelist in such a way as to make them abridgements of the textual function of the places and characters they designate.
Keywords : Onomastics; Anthroponyms; Toponyms; Abbey language; Semantics
Narcisse Joël ODY. (2025). L’onosmastique dans la langue abbey dans l’œuvre la colère des ancêtres de Yapi Doffou Clément. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.12.2025
Andjou Frédéric KOUADIO
From Orality to Scriptuality : the Contribution of African Languages to the English Language Teaching
DE L’ORALITÉ A LA SCRIPTUALITÉ : LA CONTRIBUTION DES LANGUES AFRICAINES A L’ENSEIGNEMENT DE L’ANGLAIS
Résumé : Depuis 1953, l’UNESCO, dans The Use of Vernacular Languages in Education, encourage éducation basée sur la langue maternelle. Pour ce faire, elle a publié en 2008 une série d’exemples qui témoignent de l’intérêt croissant pour la question de l’intégration des langues maternelles dans l’éducation et explorent la grande variété de modèles, d’outils et de ressources expérimentés pour promouvoir les programmes d’enseignement en langues maternelles. La mise en œuvre d’un tel projet implique que les langues africaines puissent être enseignées dans l’institution scolaire. Le faire, c’est passer de l’oralité à la scriptualité des langues d’Afrique dont la plupart restent non graphématisées. Le monde d’aujourd’hui est considéré comme une « société de la connaissance » dans laquelle la connaissance a un caractère universel et est traduite sous forme d’information à travers les langues et les technologies de l’information et de la communication. Face aux défis de ce monde, la scriptualisation des langues africaines n’est plus une option mais plutôt une obligation. L’objectif de cette étude est de mettre en évidence la contribution que le passage de l’oralité à la scripturalité des langues en Afrique peut apporter à l’enseignement en général et à l’enseignement de la langue anglaise en particulier. Pour atteindre cet objectif, nous avons opté pour une recherche documentaire qui a permis de définir un certain nombre de prérequis pour réussir l’apprentissage des langues. Nos résultats sur la base de ces préalables ont montré que la scripturalité des langues en Afrique est une source d’Input (matière première), mais aussi une source de motivation pour l’apprentissage ; toute chose qui contribue à la réussite de l’apprentissage de l’anglais.
Mots-clés : langues africaines, scriptualité, société de connaissance, information,
enseignement de l’anglaise
Since 1953, UNESCO, in The Use of Vernacular Languages in Education, has officially encouraged mother tongue based education. To make it possible, in 2008 it published a collection of examples which attest to the growing interest in integrating mother tongues in education and explore the wide variety of models, tools and resources which are being tried out to promote teaching programs in mother tongues. The implementation of such a project implies that African languages be teachable in the school institution. To be so, means the move from orality to the scriptuality of languages in Africa where most of them remain non-graphematized. Today’s world is seen as a ‘knowledge society’ where knowledge has a universal character and is translated in the form of information through languages and by means of information and communication technologies. With the challenges of this world, scriptualizing African languages is no longer an option but rather an obligation. The objective of this study is to highlight the contribution that the transition from orality to the scripturality of languages in Africa can give to teaching in general and to the teaching of the English language in particular. To achieve this objective, we opted for documentary research which made it possible to define a certain number of prerequisites for successful language learning. Based on our prerequisites, the results showed that the scripturality of languages in Africa is a source of input, but also a source of motivation; all things that contribute to the success in learning English.
Keywords: African languages, scriptuality, knowledge society, information, English language, teaching.
Andjou Frédéric KOUADIO. (2025). From Orality to Scriptuality : the Contribution of African Languages to the English Language Teaching. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.13.2025
Ibrahima KARAMOKO & Nongoiala Sidiky SILUE
Didactics of African Languages and English for Specific Purposes: Integrated Approaches for Hybrid Learning
DIDACTIQUE DES LANGUES AFRICAINES ET DE L’ANGLAIS A DES FINS SPECIFIQUES : APPROCHES INTÉGRÉES POUR UN APPRENTISSAGE HYBRIDE
Résumé : Le présent article propose une réflexion sur l’intégration des langues africaines et de l’anglais de spécialité dans une approche hybride d’enseignement. L’objectif est double : examiner l’interconnexion linguistique et didactique entre ces deux domaines, et formuler des recommandations pratiques pour améliorer leur co-apprentissage dans des contextes multilingues. Pour ce faire, l’étude se base sur des questions telles que : comment la coexistence des langues africaines et de l’anglais peut-elle enrichir l’apprentissage hybride ? Quelles stratégies didactiques permettent une interaction fructueuse entre ces deux systèmes linguistiques ? En s’appuyant sur la théorie de l’écologie linguistique, l’article montre que l’enseignement des langues africaines et de l’anglais de spécialité peut être renforcé par un environnement d’apprentissage interactif, à la fois présentiel et numérique. Une enquête, à la fois quantitaive et qualitative, comprenant un questionnaire, des entretiens et des observations en classe, a permis de recueillir des données sur l’efficacité des pratiques d’enseignement hybride. Les résultats révèlent que les étudiants qui exploitent activement les interactions entre leurs langues locales et l’anglais spécialisé montrent des compétences accrues et une meilleure appropriation des concepts disciplinaires. Par ailleurs, il est suggéré que les enseignants jouent un rôle crucial en tant que médiateurs, utilisant les outils technologiques pour faciliter ces échanges linguistiques et didactiques. L’article conclut que l’adoption de méthodes actives telles que l’analyse interactionnelle hybride, non seulement encourage une utilisation optimale des outils numériques, mais également valorise le potentiel des langues africaines dans un contexte globalisé d’apprentissage spécialisé.
Mots-clés : écologie linguistique, anglais de spécialité, apprentissage hybride, langues africaines, technologie éducative
This article proposes a reflection on the integration of African languages and English for specialization in a hybrid teaching approach. The objective is twofold: to examine the linguistic and didactic interconnection between these two domains, and to formulate practical recommendations to improve their co-learning in multilingual contexts. Two questions inform the study: how can the coexistence of African languages and English enrich hybrid learning? What didactic strategies allow a fruitful interaction between these two linguistic systems? Drawing on the theory of linguistic ecology, the article shows that the teaching of African languages and English for specialization can be enhanced by an interactive learning environment, both face-to-face and digital. A survey both quantitative and qualitative, including a questionnaire, interviews and classroom observations, made it possible to collect data on the effectiveness of hybrid teaching practices. The results reveal that students who actively exploit interactions between their local languages and specialized English show increased skills and a better appropriation of disciplinary concepts. Furthermore, it is suggested that teachers play a crucial role as mediators, using technological tools to facilitate these linguistic and didactic exchanges. The article concludes that the adoption of active methods, such as hybrid interactional analysis, not only does it encourage an optimal use of digital tools, but it also enhances the potential of African languages in a globalized context of specialized learning.
Keywords: linguistic ecology, specialized English, hybrid learning, African languages, educational technology.
Ibrahima KARAMOKO & Nongoiala Sidiky SILUE. (2025). Didactics of African Languages and English for Specific Purposes: Integrated Approaches for Hybrid Learning. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.14.2025
Jean Bruno ANTSUE
Imaginaire linguistique et narratif dans Memoires de porc-epic d’Alain Mabanckou : deux procédés de recyclage des cultures africaines
Dans la littérature africaine surtout francophone subsaharienne, l’imaginaire linguistique et narratif émane beaucoup plus d’un travail créatif que l’écrivain opère sur la langue et les conventions narratives venues d’ailleurs. L’écrivain construit son écriture en recourant aux éléments de sa culture aussi bien sur le plan linguistique que narratif. La présente contribution explore les manifestations de la survivance culturelle dans le roman Mémoires de porc-épic. Il s’agit de montrer comment le recours à une langue d’écriture assortie de l’humus congolais et d’une narration construite sous le signe du conte africain, l’auteur congolais redéfinit une nouvelle forme d’écriture qui accorde du crédit aux valeurs endogènes. De ce fait, cette étude a pour objectif de montrer comment Alain Mabanckou incorpore et réutilise la langue et le récit traditionnel de manière à répondre à un contexte spécifique. Pour ce faire, la démarche méthodologique s’adosse sur un éclectisme critique ; qui prend en compte aussi bien les théories sur les écarts linguistiques et sur les innovations narratives dans le champ francophone. Il apparaît au terme de cette étude que la survivance des schèmes culturels dans Mémoires de porc-épic se veut un moyen de mettre en lumière les modes de vie, les gouts et les cultures mieux les éléments de la contingence socioculturelle pour éviter une mondialisation à sens unique.
Mots-clés : l’imaginaire linguistique et narratif, survivance culturelle, valeurs endogènes, écarts linguistiques, innovations narratives.
LINGUISTIC AND NARRATIVE IMAGINATION IN ALAIN MABANCKOU’S MÉMOIRES DE PORC-EPIC: TWO PROCESSES FOR RECYCLING AFRICAN CULTURES
Abstract: In African literature, especially French-speaking sub-Saharan literature, the linguistic and narrative imagination emanates much more from creative work that the writer carries out on the language and narrative conventions from elsewhere. The writer constructs his writing by using elements of his culture both linguistically and narratively. This contribution explores the manifestations of cultural survival in the novel Mémoires de porc-épic. It is a question of showing how the use of a writing language combined with Congolese humus and a narration constructed under the sign of the African tale, the Congolese author redefines a new form of writing which gives credit to endogenous values. Therefore, this study aims to show how Alain Mabanckou incorporates and reuses language and traditional narrative in order to respond to a specific context. To do this, the methodological approach is based on critical eclecticism; which takes into account both theories on linguistic gaps and narrative innovations in the French-speaking field. It appears at the end of this study that the survival of cultural schemes in Mémoires de porc-épic is intended to be a means of highlighting lifestyles, tastes and cultures, better the elements of socio-cultural contingency to avoid meaningless globalization. unique.
Keywords: linguistic and narrative imagination, cultural survival, endogenous values, linguistic gaps, narrative innovations.
Jean Bruno ANTSUE. (2025). Imaginaire linguistique et narratif dans Memoires de porc-epic d’Alain Mabanckou : deux procédés de recyclage des cultures africaines. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.15.2025
Hope ODIGUI NTOUTOUME & Hubert EDZODZOMO ONDO
Valorisation et sauvegarde de l’identité socio-culturelle fang de Guinée Équatoriale et du Gabon dans les romans Herencia de Binendee et le pacte d’Afia
Définie comme un ensemble de traits et de valeurs qui caractérise un groupe humain et qui le distingue des autres, l’identité socio-culturelle inclut par ailleurs des éléments tels que la langue, les traditions, l’histoire commune, les pratiques artistiques, les coutumes, les croyances, en un mot les modes de vie. Elle se transmet de génération en génération, souvent par l’intermédiaire de la famille, de l’éducation, des institutions religieuses et communautaires. Son rôle est important pour la cohésion et les interactions sociales. Bien que complexe, l’identité culturelle fang du Gabon et de Guinée Équatoriale ne déroge pas à ce mécanisme de transmission communément admis dans toute société. Le fang à la fois langue et ethnie transnationale du Gabon, de la Guinée Équatoriale, du Cameroun et de la République Populaire du Congo pour ne citer que ces Nations, est un vecteur essentiel qui unit et consolide les liens socio-culturels prétendument anéantis par la colonisation. Au moyen de la littérature, les écrivains de ces pays essaient tant bien que mal de préserver cette langue, socle de leur culture afin non seulement de la vulgariser mais aussi et surtout de la préserver pour les générations futures. Le roman du Gabonais, Maurice Okoumba-Nkoghe, Le pacte d’Afia (2009/2022) jette les bases du féminisme africain tandis que Herencia de Bindendee (2016) de la Guinéo-équatorienne, Trifonia Melibea Obono interroge les mentalités africaines patriarcales en général et celles guinéo-équatoriennes en particulier. À partir d’une approche féministe et sémiologique, la présente étude interroge les mécanismes romanesques des auteurs par lesquels se déploie le fang dans les romans étudiés comme en témoigne, leur titrologie.
Mots-clés : Valorisation, Sauvegarde, Identité socio-culturelle, Fang-Ekang, Guinée Équatoriale, Gabon
VALORISATION AND SAFEGUARDING OF THE FANG SOCIO-CULTURAL IDENTITY OF EQUATORIAL GUINEA AND GABON IN THE NOVELS HERENCIA DE BINENDEE AND LE PACTE D’AFIA
Abstract: Socio-cultural identity, a tapestry woven from shared traits, values, and experiences, sets one group apart from another. Language, traditions, history, and customs are integral threads in this fabric, passed down through generations. The Fang people of Gabon and Equatorial Guinea exemplify this, their identity deeply intertwined with their language. Despite the disruptive forces of colonialism, the Fang language remains a vital link, uniting people across borders. Through literature, writers like Maurice Okoumba-Nkoghe and Trifonia Melibea Obono have championed the Fang language, using it as a tool to explore themes of identity, feminism, and cultural heritage. This study, employing a feminist and semiotic approach, examines how these authors have leveraged the Fang language in their novels to challenge patriarchal norms and promote a more inclusive vision of African society.
Keywords: Promotion; Preservation, Socio-Cultural Identity, Fang-Ekang, Equatorial Guinea, Gabon
Hope ODIGUI NTOUTOUME & Hubert EDZODZOMO ONDO. (2025). Valorisation et sauvegarde de l’identité socio-culturelle fang de Guinée Équatoriale et du Gabon dans les romans Herencia de Binendee et le pacte d’Afia. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.16.2025
Lecture poétique des langues locales : cas de Nyanndra Mun (Proverbes) du Roi Salomon
Cette étude entend contribuer à la réhabilitation de l’écriture des langues locales africaines et à la promotion des aptitudes linguistiques et littéraires de celle-ci, qui restent jusque-là niées et méprisées. Elle a porté essentiellement sur la langue baoulé[1] et permis, à travers l’analyse de quelques extraits de Nyanndra Mun (transcription en Baoulé du livre des proverbes du Roi Salomon), de mettre en relief les riches dimensions linguistiques et littéraires de cette langue locale. Parti de deux approches, à savoir la poétique des genres de Gérard Genette et la poétique au sens todorovien, l’analyse de Nyanndra Mun[2]de Salomon, corpus extrait de Nyanmiɛn ndɛ’n[3], révèle que le Baoulé, la langue locale ivoirienne, enserre des dispositions à transcrire et littérariser l’existence et même mieux que dans les langues officielles ou véhiculaire comme l’anglais, le français. Au plan littéraire et linguistique, le corpus se révèle être un ancrage des assises des canons de la littérature et mise en fonctionnement des attentes stylistique, lexicale et sémantico-structurale, qui au demeurant satisfait les attentes des approches méthodologiques convoquées. Dans cette perspective, nous sommes parvenus, au regard des principes des poétiques internes et des genres, au résultat que Nyanndra Mun de Salomon allie harmonieusement spiritualité et substance générique non sans les prescriptions et recommandations divines également articulées par les catégories formelles de la narration, la poésie et celles des sous genres oraux dont le dicton, la maxime et la sentence.
Mots-clés : Langue locale, Nyanndra Mun, poétique, genres écrits et oraux
[1] Le baoulé est une langue et une branche, tout comme les Akan lagunaires et Agni, de la grande famille Akan venue du Ghana qui occupe géographiquement les parties Sud, Centre et Est de la Côte d’Ivoire.
[2]Le livre des Proverbes du Roi Solomon, version baoulé
[3] La parole de Dieu, précisément la Bible.
POETIC READING OF LOCAL LANGUAGES: THE CASE OF KING SOLOMON’S NYANNDRA MUN (PROVERBS)
Abstract: This study intends to contribute to the rehabilitation of the writing of local African languages and to the promotion of their linguistic and literary skills, which unfortunately remain until now denied and despised. It focused mainly on the Baoulé language and allowed, through the analysis of a few extracts from Nyanndra Mun (transcription in Baoulé of the book of proverbs of King Solomon), to highlight the rich linguistic and literary dimensions of this local language. Part of two approaches, namely the poetics of genres of Gérard Genette and poetics in the Todorovian sense, the analysis of Nyanndra Mun of Salomon, corpus extracted from Nyanmiɛn ndɛ’n, reveals that Baoulé, the local Ivorian language, encompasses dispositions to transcribe and literarize existence and even better than in official or vehicular languages such as English and French. On a literary and linguistic level, the corpus proves to be an anchoring of the foundations of the canons of literature and putting into operation stylistic, lexical and semantic-structural expectations, which moreover satisfies the expectations of the methodological approaches called for. In this perspective, we have reached, about the principles of internal poetics and genres, the result that Nyanndra Mun of Salomon harmoniously combines spirituality and generic substance not without the divine prescriptions and recommendations also articulated by the formal categories of narration, the poetry and those of oral subgenres including the saying, the maxim and the sentence.
Keywords: local language, Nyanndra Mun, poetics, written and oral genres.
Koffi Samuel N’ZI & Kouamé Gilles YAO. (2025). Lecture poétique des langues locales : cas de Nyanndra Mun (Proverbes) du Roi Salomon. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11-17.2025
Bakary SYLLA
Contextualisation et apprentissage du français au primaire en Côte d’Ivoire
Ce présent article se propose de comprendre l’importance de la prise en compte de l’environnement sociolinguistique et culturel des apprenants dans le processus enseignement / apprentissage du français au primaire en Côte d’Ivoire. L’étude s’est appuyée donc sur des données recueillies à l’issue de l’administration d’un questionnaire, et d’entretiens semi-guidés ou plus libres. Pour mener à bien une telle étude la théorie de la didactique convergente a été priorisée. Ainsi, l’une des problématiques que soulève le système éducatif ivoirien est la non- prise en compte des besoins langagiers des apprenants dans la construction des savoirs scolaires. Or, l’enseignement de la langue maternelle assure un équilibre psychologique dans les apprentissages et une meilleure relation pédagogique pour la maîtrise du français. Toute réforme de l’enseignement du français nécessite la prise en compte de la diversité linguistique qui a des conséquences sur les pratiques éducatives, car si les enseignants ont à travailler dans ce sens, il convient de les y former. Par ailleurs, la langue n’est pas seulement une matière à connaître mais elle va au-delà des considérations théoriques liées à son acquisition, elle est le moyen d’enseignement, de transmission et de conservation de la culture des peuples. La langue maternelle devient pour la culture des individus, ce qu’est le cerveau pour la vie humaine.
Mots-clés : Environnement sociolinguistique, pratiques éducatives, enseignement/ apprentissage, la didactique convergente, langue maternelle.
Abstract: This article aims to understand the importance of taking into account the sociolinguistic and cultural environment of learners in the teaching-learning process of French at primary level in Côte d’Ivoire. The study was therefore based on data collected after the administration of a questionnaire, and semi-guided or more open interviews. To carry out such a study, the theory of convergent didactics was prioritized. Thus, one of the problems raised by the Ivorian education system is the failure to consider the language needs of learners in the construction of school knowledge. However, the teaching of the mother tongue ensures a psychological balance in learning and a better pedagogical relationship for the mastery of French. Any reform of the teaching of French requires considering linguistic diversity which has consequences on educational practices, because if teachers have to work in this direction, they should be trained in it. Moreover, language is not only a subject to know but it goes beyond the theoretical considerations related to its acquisition, it is the means of teaching, transmission and conservation of the culture of peoples. The mother tongue becomes for the culture of individuals what the brain is for human life.
Keywords: Sociolinguistic environment, educational practices, teaching/ learning, convergent didactics, mother tongue
Bakary SYLLA. (2025). Contextualisation et apprentissage du français au primaire en Côte d’Ivoire. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.18.2025
Cette étude vise à déterminer la valeur invariante différentielle entre les déterminants a et one en anglais. Il s’agit d’examiner ces unités organisées en microsystème dont le mécanisme réglant leur fonctionnement reste confus. Les ouvrages de grammaire et les dictionnaires les rangent sous l’étiquette de déterminants indéfinis et définis. Pris comme tels, les valeurs invariantes différentielles de ce couple n’ont pas été mises en exergue. L’approche métaopérationnelle permettra de faire la lumière sur l’opération sous-jacente à l’utilisation de ces deux unités. Aussi, cette étude, en plus d’admetttre que la distinction entre ces unités repose sur des faits métalinguistiques, concède également que les principes abstraits qui gouvernent le fonctionnement de ces unités en anglais sont les mêmes en français.
Mots clés : Assertif, non-assertif, grammaire métaopérationnelle, prédication, non-prédication, statut
Sylvain Brou KANGA. (2025). Comprendre et expliquer le fonctionnement des opérateurs a et one sans recourir à la synonymie. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.19.2025
Le discours et les représentations des langues africaines dans les pratiques de communication sont cruciaux pour comprendre leur impact sur les dynamiques sociales, culturelles et éducatives. Ces langues, qui sont des vecteurs d’identité et de culture pour des millions de locuteurs, jouent un rôle central dans la transmission des connaissances, l’éducation formelle et les échanges interpersonnels. Cette étude se proposera de mettre en lumière l’importance des langues africaines dans ces contextes communicatifs, tout en identifiant clairement leurs limites.
Mots-clés : discours, représentation, langues africaines, pratiques communicationnelles.
DISCOURSES AND REPRESENTATIONS OF AFRICAN LANGUAGES IN COMMUNICATION PRACTICES: IMPORTANCE AND LIMITS
Abstract: The discourse and representations of African languages in communication practices are essential for understanding their impact on social, cultural, and educational dynamics. These languages, which are vehicles of identity and culture for millions of speakers, occupy a central role in the transmission of knowledge, formal education, and interpersonal exchanges. This study aims to highlight the importance of African languages in these communicative practices, while also clearly outlining their limitations
Keywords: discourse, representation, African Languages, Communicative Practices.
Danielle DOTÉ. (2025). Discours et représentations des langues africaines dans les pratiques communicationnelles : importance et limites. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.20.2025
La littérature ivoirienne se distingue par l’intégration des langues locales, comme moyen d’enrichissement du français. Cela aboutit à une variante du français qui reflète la diversité culturelle de la Côte d’Ivoire. Ce métissage réinvente le français par l’adoption d’éléments lexicaux, d’éléments suprasegmentaux[1] et stylistiques issus des langues ivoiriennes. Ainsi, les productions littéraires ivoiriennes adaptent le français à des formes de la tradition orale. Par ailleurs, les pratiques langagières en Côte d’Ivoire se trouvent profondément marquées par le surgissement d’une parlure franco-ivoirienne, en l’occurrence le nouchi, qui constitue un autre type d’expression dans la littérature francophone ivoirienne. Ce mode de création esthétique, reflet des réalités socioculturelles, intervient-il comme un ressort d’enrichissement du français ou comme une hybridation ivoiro-française promouvant l’expression francophone ? L’étude se propose de démontrer que les apports des langues ivoiriennes au français constituent un enrichissement de celui-ci. On peut dire a priori que les innovations linguistiques enrichissent les œuvres sur les plans esthétique et stylistique, tout en rendant compte de l’identité ivoirienne. La présente réflexion aborde, d’une manière générale, l’apport de la tradition orale au français à travers les contes, les légendes, les mythes, etc. ; de façon particulière, il est question de reconfiguration du lexique et de la syntaxe française. En troisième lieu, il s’agit du style narratif multiculturel.
Mots-clés : Langues ivoiriennes, Littérature francophone, Hybridation linguistique, Diversité culturelle, Enrichissement stylistique.
[1] Il s’agit des unités de prosodie : ton. Intonation, rythme, etc.
IVORIAN LANGUAGES: AN ASSET FOR ENRICHING FRANCOPHONE LITERATURE
Abstract: Ivorian literature is characterized by the integration of local languages as a means of enriching French. This results in a variant of French that reflects Côte d’Ivoire’s cultural diversity. This blending reinvents the French language by incorporating lexical, suprasegmental, and stylistic elements from Ivorian languages. Consequently, Ivorian literary productions adapt French to forms rooted in oral tradition. Additionally, linguistic practices in Côte d’Ivoire are deeply influenced by the emergence of a Franco-Ivorian vernacular, notably Nouchi, which represents another mode of expression within Ivorian Francophone literature. Does this aesthetic mode of creation, a reflection of sociocultural realities, serve as a means of enriching French or as an Ivorian French hybridization promoting Francophone expression? This study seeks to demonstrate that the contributions of Ivorian languages to French constitute an enrichment of the language. It posits that linguistic innovations enhance literary works aesthetically and stylistically while expressing Ivorian identity. This reflection broadly explores the contribution of oral traditions to French through tales, legends, myths, and other forms. Specifically, it examines the reconfiguration of French lexicon and syntax. Lastly, it addresses the multicultural narrative style.
Keywords: Ivorian languages, Francophone literature, Linguistic hybridization, Cultural diversity, Stylistic enrichmen
Amidou SANOGO & Céline Omo KOFFI épse AHO. (2025). Les langues ivoiriennes : un atout pour l’enrichissement De la littérature francophone. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.21.2025
Abstract: The government’s commitment to literacy teaching in national languages, through the Integrated School Project (PEI) and the ELAN (School and National Language) initiative, immediately demonstrates the importance of such teaching. As language reflects the way a people conceives its objects, beliefs and customs, literacy in national languages could lead speakers to take an interest in literacy. Literacy in languages requires the practice of functional literacy and the publication of language manuals. These manuals can be dictionaries, syllabaries, grammar books, reading books, mathematics books, works on farming techniques, collections of proverbs and tales. Language literacy strategies are based on the political will of the authorities, through the following actions: the integrated school project (PEI) launched in 1998, and the organization of mother tongue days. There are also bilingual French-local language classes in some rural schools.This study highlights the impact of literacy in Ivorian languages on the population. What functions do local languages have to be taught? What skills does a person literate in local languages develop? The answers to these questions will form the basis of this study.
Keywords: functional literacy, rural schools, impact, local languages, integrated school program.
GUESSAN née DRI Lou Claudine. (2025). L’impact de l’alphabétisation en langue locale en Côte d’Ivoire. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.22.2025
La langue locale dans Les crapauds-brousse de Tierno Monenembo : un outil d’authenticité culturelle et de critique postcoloniale
Dans Les crapauds-brousse de Tierno Monénembo, l’utilisation de la langue locale joue un rôle central dans la construction de l’authenticité culturelle et la mise en place d’une critique postcoloniale. En mobilisant la théorie postcoloniale, notamment à travers les travaux de Homi K. Bhabha, cette étude explore comment l’auteur déconstruit l’hégémonie de la langue française, imposée par la colonisation, en intégrant des expressions, des tournures idiomatiques et des formes narratives issues des traditions orales africaines. Ces choix stylistiques permettent à Monénembo de restituer la richesse des identités culturelles ouest-africaines tout en soulignant les effets destructeurs de l’imposition d’une langue étrangère. Le roman devient ainsi un espace où cohabitent plusieurs niveaux linguistiques, créant une forme d’« hybridité culturelle » selon Bhabha, permettant à l’auteur de souligner les tensions entre modernité et tradition, entre langue imposée et langues maternelles. En mobilisant les ressources linguistiques locales, Monénembo dote ses personnages d’une voix authentique tout en portant une critique acerbe du pouvoir politique post-colonial, souvent marqué par la corruption et la déconnexion des élites francophones. L’analyse de la langue dans Les crapauds-brousse révèle ainsi comment la littérature, par le biais de l’« appropriation linguistique », peut être un outil de résistance culturelle et de réflexion politique face à l’héritage colonial.
Mots-clés : Langue locale, Théorie postcoloniale, Hybridité culturelle, Résistance culturelle, Héritage colonial.
THE LOCAL LANGUAGE IN TIERNO MONENEMBO’S LES CRAPAUDS-BROUSSE: A TOOL FOR CULTURAL AUTHENTICITY AND POSTCOLONIAL CRITIQUE
Abstract: In Les crapauds-brousse by Tierno Monénembo, the use of the local language plays a central role in constructing cultural authenticity and establishing a postcolonial critique. By drawing on postcolonial theory, particularly through the works of Homi K. Bhabha, this study explores how the author deconstructs the hegemony of the French language, imposed by colonization, by integrating expressions, idiomatic phrases, and narrative forms derived from African oral traditions. These stylistic choices allow Monénembo to restore the richness of West African cultural identities while highlighting the destructive effects of the imposition of a foreign language. The novel thus becomes a space where multiple linguistic levels coexist, creating a form of « cultural hybridity », according to Bhabha, enabling the author to emphasize the tensions between modernity and tradition, between an imposed language and mother tongues. By mobilizing local linguistic resources, Monénembo gives his characters an authentic voice while delivering a sharp critique of postcolonial political power, often marked by corruption and the disconnect of French-speaking elites. The analysis of language in Les crapauds-brousse thus reveals how literature, through « linguistic appropriation, » can serve as a tool for cultural resistance and political reflection in response to the colonial legacy.
Keywords: Local language, Postcolonial theory, Cultural hybridity, Cultural resistance, Colonial legacy
Amédée NAOUNOU. (2025). La langue locale dans Les crapauds-brousse de Tierno Monenembo : un outil d’authenticité culturelle et de critique postcoloniale. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11.23.2025
Mowelle Thierry TSONO
La langue locale dans Les crapauds-brousse de Tierno Monenembo : un outil d’authenticité culturelle et de critique postcoloniale
L’objectif de cet article est d’identifier les éléments linguistiques qui déterminent les formes d’accord des déterminants, modificateurs et verbes qui s’accordent avec les noms des classes 1, 3, 9 et 10 en Ki-beembe et en Lekuwa, deux langues bantoues du Congo-Brazzaville. Cette étude s’inscrit dans le cadre de la théorie du Gouvernement et du Liage (GB) (1981, 1982 et 1983). L’accord dans les langues bantoues est principalement déterminé par les préfixes de classe nominale, sauf dans les classes 1, 3, 9 et 10. L’accord de type classique est appelé dans la littérature « accord primaire », tandis que celui des classes 1, 3, 9 et 10 est qualifié d’« accord secondaire ». Dans l’accord primaire, qui concerne la majorité des classes nominales et est considéré comme allitératif, les marqueurs de sujet (MS) copient la forme phonologique des préfixes de leur classe. En revanche, dans l’accord secondaire, les marqueurs de sujet diffèrent de leurs préfixes de classe. Le Ki-beembe et le Lekuwa, en tant que langues bantoues, présentent ces deux types d’accord. Cet article démontre que les formes d’accord dans les classes 1, 3, 9 et 10 sont entièrement déterminées par des augmentations nulles en Ki-beembe et partiellement par des augmentations nulles et des traits sémantiques en Lekuwa. L’existence d’augmentations nulles dans les classes 1, 3, 9 et 10 en Ki-beembe et en Lekuwa est justifiée, d’une part, par leurs marqueurs d’accord : /w-/, /je-/ ou /ji/, /zi-/ et /le-/. D’autre part, leur présence est également soutenue par l’existence d’augmentations explicites en I-Lumbu, ancien Koongo et E-kegusii. Dans ces langues, ainsi qu’en Ki-beembe et en Lekuwa, les marqueurs de sujet copient la forme phonologique des préfixes de classe et des augmentations, qu’elles soient explicites ou implicites. Ainsi, la génération des formes d’accord par les préfixes de classe nominale et les augmentations nulles en Ki-beembe et en Lekuwa confère non seulement un caractère allitératif à leur système d’accord, mais apporte également une preuve supplémentaire de l’existence des catégories nulles dans la Grammaire Universelle.
Mots-clés : augmentation nulle, théorie du Gouvernement et du Liage, allitératif, marqueurs d’accord, catégories vides
FORMES D’ACCORD DÉTERMINÉES PAR DES AUGMENTS NULS EN KI-BEEMBE ET EN LEKUWA
Abstract: The aim of this paper is to identify linguistic items which determine the agreement forms of determiners, modifiers and verbs which enter into agreement with nouns of the classes 1, 3, 9 and 10 in Ki-beembe and Lekuwa, two Bantu languages of Congo Brazzaville. This study subscribes itself within the framework of Government and Binding (GB) (1981, 1982, and 1983). The agreement forms in Bantu languages is mainly said to be determined by noun class prefixes, except in the classes1, 3, 9 and 10. The former agreement is referred to in the literature as primary agreement and the latter as secondary agreement. In primary agreement which concerns the majority of noun classes and considered alliterative, subject markers (SM) copy the phonological shape of their class prefixes, while in the secondary agreement, subject markers are different from their class prefixes. Ki-beembe and Lekuwa, as Bantu languages, display these two types of agreement. It is demonstrated in this paper that agreement forms in the classes1, 3, 9 and 10 are fully determined by null augments in Ki-beembe and partially by null augments and semantic features Lekuwa. The existence of null augments in the classes 1, 3, 9 and 10 in Ki-beembe and Lekuwa is justified by their agreement markers /w-/, / je-/ or /ji/, /zi-/ and /le-/on the one hand. On the other hand, their presence is also backed up by the occurrence of overt augments in I-Lumbu, old Koongo and E-kegusii. In these languages, as well as in Ki-beembe and Lekuwa, subject markers copy the phonological forms of class prefixes and augments whether overt or covert. As a result, the generation of agreement forms by noun class prefixes and null augments in Ki-beembe and Lekuwa conveys not only the alliterative character to their agreement, but also brings further evidence to the existence of null categories of the Universal Grammar.
Keywords: null augment, Government and Binding Theory, alliterative, agreement markers, and empty categories.
Mowelle Thierry TSONO. (2025). Agreement forms determined by null augments in ki-beembe and lekuwa. CRAC, INSAAC. https://doi.org/10.48734/AKOFENA.HS.11-24.2025
