N°019_Vol.1_13
- EVOLUTION DU CHANGEMENT CLIMATIQUE ET INONDATION A DJIDDAH THIAROYE KAO/SENEGAL
- Bouna NDIAYE
- Ecole Doctoral Etude sur l’homme et la Société (ED-ETHOS), FLSH
- Département de géographie
- ORCID iD: 0009-0006-5141-0183
- acbounan@gmail.com
- &
- Ramatoulaye MBENGUE
- Enseignante chercheure, Département de géographie
- Faculté des Lettres et Sciences Humaines
- Université Cheikh Anta Diop, Dakar (Sénégal)
- ORCID iD: 0009-0009-1729-4918
- &
- Ndèye NGOM
- Enseignante chercheure, Département de géographie
- Faculté des Lettres et Sciences Humaines
- Université Cheikh Anta Diop, Dakar (Sénégal)
- ORCID iD: 0009-0003-1556-7608
Introduction: Les nouvelles conditions climatiques marquent leurs empreintes sur les structures socio-économiques et écologiques des zones vulnérables. Le climat de la planète connaît des mutations depuis toujours, cependant aujourd’hui, ce changement naturel est aggravé par des actions anthropiques (Kital, 2012). Il s’agit notamment, des émissions de gaz à effet serre qui contribuent à la hausse des températures (Diallo A., 2012). Le changement climatique est considéré comme la genèse des évènements météorologiques extrêmes comme, la sécheresse, les inondations etc. Notre étude porte essentiellement sur les inondations récurrentes de ces dernières années à Djidah Thiaroye Kao. Ce phénomène a mobilisé le monde scientifique, et occupe une place de choix dans l’actualité et la recherche scientifique. Cela se justifie par l’ampleur de ses conséquences et la nécessité de le maîtriser. Le questionnement retenu est la suivante : Qu’est ce qui explique que malgré les efforts consentis et les moyens déployés, les inondations persistent à Djiddah Thiaroye Kao ? – Quelles sont les stratégies mises en place pour pallier à ce phénomène ? L’objectif de cette contribution est d’analyser l’évolution de l’occupation du sol et ses conséquences à Djiddah Thiaroye Kao. Le postulat de départ est que l’occupation anarchique de l’espace et le retour de la pluviométrie ont accentué les inondations à Djiddah Thiaroye Kao.
Toutefois, les changements climatiques ne sont pas seuls responsables des inondations observées, dans une certaine mesure il joue un rôle de facteur aggravant. Historiquement, les inondations ou les premières grandes inondations de la banlieue dakaroise, notamment à DTK ont débuté en 1989. La cause naturelle principale évoquée, est le retour à la normale de la pluviométrie après plus d’une décennie de sécheresse (Thiam, 2011). Les conditions climatiques des années 1970 sous-tendent les causes anthropiques des inondations. Les déficits pluviométriques ayant entrainé une crise agricole ont poussé, les populations du monde rural à se déplacer en masse vers les grandes villes comme Dakar cet exode rural engendre un bouleversement de l’organisation urbaine allant de l’urbanisation anarchique au mode de vie des populations. Ces migrants défavorisés par la nature, non intégrés dans le circuit économique urbain et disposant pas de logements, s’installent en majorité dans des zones non aedificandi, qui jadis servaient de voies d’eau de ruissellement ou zone de captations des eaux de pluies ou d’infiltration.
Au demeurant, cette situation génère une vulnérabilité élargie à d’autres quartiers, parce que tout simplement, la connectivité naturelle des milieux humides est coupée, les parcours des eaux de ruissellement obstrués d’un dispositif artificiel devant jouer le relais. La vulnérabilité est accrue par les chaines d’inondations et leurs conséquences. Ces évènements météorologiques extrêmes s’avèrent désastreux pour les communautés urbaines dépourvues de solutions durables de lutte contre ces phénomènes (Gaye, 2009) 770000 personnes ont été touchées par les inondations en Afrique de l’Ouest durant le seul été 2009 (OCHA, 2009). Les populations pauvres ou affaiblies sont les premières victimes de ces catastrophes. Le GIEC mentionne qu’entre le 3ième et le 4 ième rapport (2001-2007), LA vulnérabilité aux événements climatiques extrêmes s’est accrue en Afrique de l’ouest. Cette vulnérabilité est liée à l’explosion, la sensibilité et la capacité d’adaptation (GIEC, 2007a). Cette situation alarmante amène à s’interroger sur les capacités d’adaptation des populations et les stratégies de renforcement de ces capacités ou de lutte contre les inondations mises souvent en œuvre par les autorités…
Résumé : Le changement climatique est devenu une préoccupation majeure pour le monde entier et touchent tous les secteurs de la vie. Le Sénégal est exposé à divers aléas climatiques et son économie est très sensible au changement climatique. Les analyses faites examinent la vulnérabilité croissante des villes sénégalaises face aux risques naturels et anthropiques en mettant particulièrement l’accent sur les inondations dans la commune de Djiddah Thiaroye Kao. L’urbanisation rapide et non planifiée, combinée à des facteurs socio-économiques, contribue à la vulnérabilité de la zone. L’objectif de cette contribution est d’analyser l’évolution de l’occupation du sol et ses conséquences à Djiddah Thiaroye Kao. La méthode adoptée est essentiellement axée sur la cartographie de la zone. Des questionnaires ont été confectionnés et administrés à 169 ménages ainsi que des guides d’entretien. Le traitement a été réalisé d’une part par le logiciel QGIS pour le géo référencement, la digitalisation et la réalisation de carte. Et d’autre part par Microsoft Office pour le traitement texte et la réalisation de figure. Le postulat de départ qui constitue le fil directeur de cette étude est que les analyses faites sur les facteurs naturels et anthropiques sont les causes majeures des inondations dans la zone d’étude et que l’action publique qui en découle ne sont pas toujours efficaces pour éradiquer ce phénomène. Cette contribution s’articule autour de trois axes : dans un premier temps, une analyse des inondations à travers les facteurs naturels et anthropiques. Dans un second temps, une cartographie de évolutions des inondations à travers l’occupation du sol. Enfin, les conséquences et les stratégies de luttes développées par les populations et la municipalité contre les inondations.
Mots-clés : Cartographie, environnement, Facteurs de vulnérabilités, Inondation, Djiddah Thiaroye Kao, SIG, Sénégal
Références bibliographiques
- ADEPT. (2011). Mieux comprendre les causes des inondations pour des solutions durables, colloque scientifique sur les inondations à Dakar et banlieue, pages 29-30.
- Agence Nationale de l’Aviation Civile et de la Météorologie (ANACIM) (2021). Répertoire de données climatiques, consulté en 2021
- ANSD. (2009). Situation économique et sociale de la région de Dakar de l’année 2008, rapport provisoire, 185 pages.
- BOFFARD F. (2009). Ecologie et écologisme, mémoire de master 1 « Sciences humaines et sociales », Université de Grenoble, 74 pages.
- DASYLVA S. (2009). Inondations à Dakar et au Sahel : Gestion durable des eaux de pluie, Enda éditions, 265 pages.
- ETAT du Sénégal (2010). Rapport d’évaluation des besoins post-catastrophes : inondations urbaines à Dakar 2009, 181 pages.
- Malé Kital. (2012) étude des inondations dans la banlieue dakaroise : exemple de la commune d’arrondissement de Médina Gounas, Mémoire de Master II, Département de géographie FLSH, 84 pages.
- MBAYE M. FAYE. (2011). Projet de restructuration des eaux pluviales : cadre de gestion environnemental et social, 126 pages.
- THIAM M. D. (2011). Le syndrome des inondations au Sénégal, Presses Universitaires de France, 224 pages.
