Hors-série n°07 - décembre 2023

Akofena, Hors-série n°07 décembre 2023 [MONOGRAPHIE]

Akofena, Hors-série n°07 décembre [SOMMAIRE]

Ce numéro spécial est le fruit des travaux de recherche des boursiers doctorants et postdoctorants du Pôle d’Excellence Africain/AfricaMultiple de l’Université Joseph-Ki-Zerbo qui constitue l’un des cinq (5) pôles des African Cluster Centres (ACC). Ce projet de coopération scientifique est initié par l’Université de Bayreuth dans le cadre de la stratégie « l’Initiative d’Excellence » du Gouvernement allemand et financé par la Fondation Allemande pour la Recherche (Deutsche Forschungesellschaft-DFG). Le réseau African Cluster Centre (ACC) travaille dans la dynamique de la reconfiguration des Etudes africaines et regroupe l’Université de Bayreuth (Allemagne), Moi University (Eldoret, Kenya), University of Lagos (Lagos, Nigeria), Rhodes University (Makhanda, South Africa) et l’Université Joseph Ki-Zerbo (Ouagadougou, Burkina Faso). Dans le cadre du programme Early Career, le Pôle d’Excellence Africain/AfricaMultiple de l’Université Joseph-Ki-Zerbo offre depuis octobre 2020 des bourses doctorales et postdoctorales aux jeunes chercheurs dans l’optique de leur permettre de conduire des projets de recherche innovants. Le présent ouvrage collectif fait suite à un séminaire organisé à l’endroit des boursiers pour leur permettre de faire le bilan des recherches menées dans le cadre de la bourse. Ledit séminaire a connu la participation des membres du Pôle d’Excellence, des chercheurs et enseignants-chercheurs du monde universitaire. Ce volume regroupant douze (12) contributions scientifiques aborde diverses thématiques : les défis sécuritaires/terrorisme, l’enseignement/apprentissage des langues, la paix et la cohésion sociale, la mobilité urbaine, le leadership féminin, les crises/prises en charge sanitaires et les savoirs endogènes. DOYE Serge et Yacouba BANHORO analysent, dans leur contribution, la problématique de l’élimination du paludisme à partir de la déclaration d’Abuja. Les auteurs montrent que l’endémie palustre constitue la première cause de consultation, d’hospitalisation et de décès dans les formations sanitaires au Burkina Faso. Pourtant, de la fin de la colonisation en 1960 à nos jours, le pays, à travers l’appui de l’OMS et bien d’autres institutions internationales, a mené des campagnes d’envergure de luttes antipaludiques. Malgré ces multiples efforts de lutte, la maladie demeure un problème majeur de santé publique. Et face à cette situation, les dirigeants de 44 pays africains où le paludisme sévit de façon endémique, se sont rencontrés dans la capitale nigériane. A l’issue de cette rencontre une déclaration a été produite engageant les gouvernements africains à mener un effort intense pour réduire de moitié le fardeau du paludisme en Afrique d’ici à 2010 et fixait des cibles pour 2005. Ils parviennent aux résultats selon lesquels en dépit des campagnes d’envergure menées au Burkina Faso, la situation demeure préoccupante. Il y a donc lieu d’interroger les politiques en matière de lutte contre l’endémie palustre au Burkina Faso au lendemain de l’appel d’Abuja, des obstacles qui ont contribué à entraver l’atteinte de l’objectif, notamment la réduction du poids de la maladie sur les populations dans un court et moyen terme, et à long terme, l’élimination du paludisme. KABORE Rasmata met en lumière un exemple de recyclage et de réappropriation du texte littéraire. Elle montre comment le discours et les luttes qui se dégagent dans le sociotexte peuvent servir de modèle dans une société confrontée aux mêmes réalités. Et, le projet « Terre Ceinte » initié au Burkina Faso par les Récréatrales en est une parfaite illustration de son point de vue. Ce projet prend vie grâce à l’énergie qui se dégage du texte de Mohamed Mbougar Sarr. Il constitue une sorte de main tendue aux populations victimes du terrorisme dans ce pays. La réponse que les Récréatrales apportent à ces populations est calquée sur l’exemple de ce combat que mènent les personnages de Terre Ceinte contre cet extrémisme violent qui leur est imposé. Les questions que se posent les victimes du terrorisme dans ce pays sont celles qui animent les personnages de ce texte romanesque. SAWADOGO Jacqueline et KOTE Lassina s’intéressent à l’histoire des techniques de la céramique dans les environs de Korsimoro. L’étude vise à constituer l’évolution technique de la céramique des zones 50 et 100. En faisant appel aux critères techniques et morphologiques, l’analyse isotopique a permis de situer l’occupation humaine autour du VIIe siècle AD (après Jésus Christ) en contexte d’habitation, et autour du XIe siècle AD en contexte d’inhumation. En termes de résultats, l’étude macroscopique des inclusions, des décors et des profils des céramiques montre trois groupes distincts. Le premier groupe se caractérise par des récipients ovoïde, sphérique et hémisphérique à contour simple et à structure évasée. Ils sont de faibles volumes, les décors sont effectués dans la masse et la pâte dégraissée à la chamotte et au quartz. Le deuxième groupe provient du ramassage de surface. Elle est composée de tessons de récipients ovoïdes et coniques avec de nouvelles morphologies comme les couvercles et les éléments de préhension. Et le troisième groupe provient de sondages dont le contexte a été daté autour du XIe siècle AD. OUEDRAOGO Manhamady aborde la question des engins à deux roues dans la ville de Ouagadougou. L’objectif de son étude est d’analyser les comportements à risques des usagers des deux-roues motorisés qui favorisent les accidents au niveau des intersections. La méthodologie adoptée est basée sur le comptage et les observations au niveau des intersections accidentogènes. Ses résultats ont permis de mettre en évidence les infractions des usagers de deux-roues motorisés qui occasionnent les accidents au niveau des intersections. Il conclut que les usagers des deux-roues motorisés à Ouagadougou sont le plus souvent responsables des accidents de la route du fait de la transgression des règles de la circulation, mais aussi de l’ignorance vis-à-vis du Code de la route au niveau des intersections. SAMBARE/YAMEOGO Adèle et al. font une analyse du leadership de quelques dirigeantes d’associations féminines des tradithérapeutes. Leur contribution montre une émergence récente d’associations féminines de tradithérapeutes dans l’univers associatif burkinabè. Celles-ci tentent à côté d’une prédominance masculine imposante de promouvoir et valoriser l’art médical traditionnel.

La question du genre est mise en exergue du fait que le leadership féminin est confronté à d’importantes difficultés qui prennent sources dans des stéréotypes socioculturels. S’inscrivant dans une approche qualitative, l’étude analyse les différentes perceptions sur cette catégorie de femmes qui affirment leur leadership à travers la direction et la gestion d’associations féminines de tradithérapeutes. SANKARA Yahaya et al. s’intéressent à la  problématique du développement des zones frontalières qui a longtemps constitué une préoccupation majeure pour les Etats ouest-africains en raison de l’imprécision des limites issues des tracés postcoloniaux. L’objectif de cette étude est d’analyser les effets des territorialités locales et la coopération transfrontalière dans la dynamisation du développement local des territoires transfrontaliers entre le Mali et le Burkina. La méthodologie adoptée intègre l’exploitation documentaire, l’observation et les enquêtes mixtes de terrain à travers des questionnaires et des guides d’entretien. Les résultats révèlent que la coopération transfrontalière, en s’inscrivant dans le champ de la décentralisation, a offert la possibilité aux collectivités frontalières contiguës de nouer des relations de part et d’autre de la frontière. Ainsi, de multiples investissements sont faits avec l’appui des Etats, des instances régionales et des partenaires techniques au développement. Les domaines d’action concernent l’appui institutionnel et l’aménagement du territoire. Ces expériences de territorialités transfrontalières Burkina-Mali pourraient constituer un exemple de cas école pour inspirer d’autres périphéries nationales africaines. SAWADOGO Abdoulaye et Natéwindé SAWADOGO s’intéressent à l’approche « One Health » à l’épreuve de la pandémie COVID-19 au Burkina Faso. Il s’agit de cerner le rôle de la coordination « One Health » dans la prise en charge de cette pandémie. Pour mieux comprendre la problématique de recherche, leur démarche méthodologique est fondée sur une approche qualitative pour appréhender les perceptions et déterminer le rôle des acteurs de la coordination nationale.  La méthodologie adoptée leur a permis d’appréhender les obstacles liés à la mise en œuvre de l’approche « One Health » et le jeu des acteurs dans les organes de la plateforme nationale de la coordination One Health. SOMA Lassina et F. Emilie G. SANON-OUATTARA examinent les compétences lexicales des élèves du post-primaire. L’étude exploratoire a porté sur l’exploitation des indices contextuels pour la déduction du sens des mots non-connus/non-familiers à travers la lecture.  Partant d’une approche mixte, qualitative et quantitative, un protocole d’observation de classe et une interview semi-structurée ont servi d’instruments de collecte de données. Les résultats ont montré que les élèves approuvent l’apprentissage du vocabulaire de l’anglais comme langue étrangère sur la base de l’exploitation des indices contextuels. Il ressort aussi de leurs investigations d’importantes forces et faiblesses avec des implications pédagogiques en ce qui concerne l’exploitation des indices contextuels pour la déduction du sens des mots non-connus/non-familiers pendant la lecture. SORE Ousséni aborde la question de la prise en compte des langues nationales dans la formation des enseignants sur la nouvelle approche pédagogique intégratrice (API). Au regard du principe de multilinguisme qui caractérise cette approche, la maîtrise des langues nationales burkinabè par les enseignants devient une condition sine qua non de réussite dans sa mise en œuvre. L’objet de son étude est d’analyser cette approche en interrogeant la formation linguistique des enseignants en langues nationales burkinabè. Il part du postulat selon lequel l’enseignement/apprentissage des langues en Afrique se caractérise par une complexité linguistique qui exige des acteurs des approches, démarches et pratiques didactico-pédagogiques innovantes. Il ressort de ses investigations que les enseignants ne disposent pas encore de compétences bi-litttératiées nécessaires pour faire face aux exigences de l’API. TAPSOBA Irissa et SALOGO Inoussa s’interroge sur le rôle de l’artiste contemporain burkinabè face aux défis sécuritaires. Il parte du contexte sécuritaire délétère que vit le Burkina Faso actuellement qui met en mal le vivre-ensemble. Et, conscients de la gravité de la situation, les populations s’organisent pour apporter leur soutien à la lutte antiterroriste que la forme militaire ne parvient pas à juguler. Ainsi, dans cette douloureuse circonstance, l’artiste se sent plus que jamais interpellé. Il investit son rôle de pacificateur, de facilitateur et d’éveilleur de conscience pour toucher la sensibilité des populations. Il s’exprime à travers des productions comme la danse et les arts plastiques. L’objectif de cette étude étant de comprendre dans un premier temps le rôle et la démarche de l’artiste contemporain burkinabè en temps de crise et dans un second temps décortiquer quelques œuvres d’arts produites pour participer au recouvrement de la paix d’antan. YAMEOGO Kiswindsida Michel, quant à lui, traite de l’oralité comme une approche endogène d’éducation à la paix et au vivre-ensemble. Partant d’une méthode qualitative basée sur les enquêtes de terrain, l’observation participante et la recherche documentaire et d’une approche analytique basée sur l’expérience et l’observation, son étude montre l’apport pédagogique et didactique de l’oralité dans l’éducation de la collectivité à la paix et au vivre-ensemble. Il ressort que les textes littéraires oraux prônent des valeurs de cohésion, de solidarité, de pardon mutuel et de tolérance. Il apparaît par ailleurs des mécanismes endogènes de résolution de conflit entre autres, l’arbre à palabres, le médiateur traditionnel ou coutumier, le médiateur ordinaire. De ce fait, l’oralité africaine constitue un support à travers lequel on peut résoudre les conflits interpersonnels et communautaires. ZIGANI H. Rabiyatou passe en revue les enjeux et perspectives en lien avec l’enseignement de l’anglais à l’ère du numérique (TIC) en se focalisant sur l’enseignement de la compréhension orale à l’Université Joseph Ki-Zerbo. L’objet de recherche est de déterminer si l’introduction et l’enseignement de la compréhension orale peuvent permettre aux étudiants de maîtriser l’Anglais malgré leurs difficultés à s’exprimer correctement. Les résultats indiquent que l’utilisation des TIC, en particulier l’enseignement de la compréhension orale via l’outil Wooclap, peut effectivement aider les étudiants à améliorer leur niveau de compréhension orale de l’Anglais même s’il demeure des défis majeurs.

SOMMAIRE

Mise en ligne 30/12/2023