N°020_Vol.4_08
- NONO MISHIMA WA MOUKIMA : L’ACTUALITE
- D’UNE FIGURE PHILOSOPHIQUE
- Massima Louwoungou
- Université Omar Bongo (Gabon)
- ORCID iD: 0009-0006-7946-0457
- massimalouwoungou@yahoo.fr
Introduction: Plus connu sous le nom de Nono Mishima que par Nono Mishima Wa Moukima, la figure artistique sur laquelle se projette notre réflexion est celle d’un jeune artiste musicien et chanteur gabonais, membre de Massako, l’un des plus grands orchestres du pays dont les principales figures sont Mackjoss, Sita Mbele, Sec Bidens, Jo la Basse, Akouda Sax, Aboubakar Bebess, Guy Bouchard, Chakara, Amara Touré, Mwamy-Mengue, etc. Il doit sa célébrité à trois chansons sorties en 1981 dans deux albums distincts. Il s’agit de Malou, Mon amour et Opération Aluti. Ses autres chansons telles que Yvette et Tata Batu (1979) n’alimentent plus les auditeurs depuis des années. Des trois chansons retenues, la première est une mise en garde contre les méfaits de l’alcool. Pour mener à bien son opération de sensibilisation, Nono Mishima s’adressera à un personnage tout en insistant sur la déchéance de ce dernier. La seconde chanson a le paradoxe d’être intitulée en français alors que tout son contenu est en langue Nzebi. C’est ce qui semble d’ailleurs expliquer pourquoi les auditeurs lui donnent un titre issu de ses premières paroles, à savoir, « chérie moutem nguêngui ». Ici, il s’agit d’un amoureux en peine qui narre toute sa souffrance due à l’absence de sa compagne qu’il se propose de rejoindre pendant l’été. La troisième chanson évoque en substance la réponse de l’artiste à ceux qui cherchent à savoir s’il doit la maîtrise de son art à un sacrifice humain ou à des rituels magico-fétichistes. En quoi ces chansons permettent-elles de déterminer la dimension philosophique de cet artiste ? Nous pouvons formuler l’hypothèse selon laquelle, la chanson de Nono Mishima atteste d’un renversement dialectique qui, faut-il le préciser, ne relève pas d’une logique conflictuelle entre deux sujets. Mais, il décrit plutôt une recomposition des fonctions symboliques au sein du cercle familial ; puisque l’enfant, fort de sa lucidité, assume provisoirement la fonction d’éveilleur de consciences, pendant que le père, dispersé, voit sa présence autoritaire momentanément suspendue par son propre train de vie déviant.
Nous nous proposons d’étudier la figure de Nono Mishima Wa Moukima à travers ses trois chansons à textes que sont Malou, Opération Aluti et Mon amour. Il sera question de ressortir leur portée philosophique à la lumière des outils conceptuels des penseurs tels que Descartes et Spinoza, après avoir démontré en quoi il partage avec ces auteurs classiques des idées communes autour de l’unité nationale, la critique de la superstition, la prudence, la mémoire corporelle, la distinction entre essence humaine et identité humaine, etc. S’il est vrai que les affects (désir, joie, tristesse) d’un individu sont suscités ou dominés par l’entremise des paroles d’une chanson, il faut dire que le rythme (qui est tantôt constitué à la fois des paroles et du son instrumentalisé, tantôt seulement de l’instrumental), est ce qui participe davantage à la vie affective, mais surtout à l’éveil affectif. Le rythme est plus qu’une signature, c’est la trace, l’empreinte que laisse une chanson s’incorporant dans la peau, mieux dans la mémoire corporelle de chaque individu. Ainsi, au terme de ce processus d’incorporation, la chanson devient le champ lexical d’une histoire individuelle ou collective : c’est l’élément à même de déclencher tel ou tel souvenir. Cela dit, au-delà de ce qui se donne à chanter et à danser, le rythme dévoile à l’auditeur attentif la structure même de telle ou telle chanson. Car, le rythme est l’âme de la chanson ; et c’est par son canal que s’atteignent les profondeurs de l’âme humaine. Ainsi, parvient-on à reconnaître le caractère prémonitoire de Malou, la dimension éthique d’Opération Aluti, de même que la logique affective de Mon amour.
Résumé : Nous nous proposons d’étudier la figure de Nono Mishima Wa Moukima à travers ses trois chansons à textes que sont Malou, Opération Aluti et Mon amour. Il sera question de ressortir leur portée philosophique à la lumière des outils conceptuels des penseurs tels que Descartes et Spinoza, après avoir démontré en quoi il partage avec ces auteurs classiques de la philosophie des idées communes autour de l’unité nationale, la critique de la superstition, la prudence, la mémoire corporelle, la distinction entre essence humaine et identité humaine, etc. Que reste-t-il d’une chanson une fois qu’on l’a écoutée, chantée et dansée, si ce n’est son rythme ? S’il est vrai que les affects (désir, joie, tristesse) d’un individu sont suscités ou dominés par l’entremise des paroles d’une chanson, il faut dire que le rythme (qui est tantôt constitué à la fois des paroles et du son instrumentalisé, tantôt seulement de l’instrumental), est ce qui participe davantage à la vie affective, mais surtout à l’éveil affectif. Le rythme est plus qu’une signature, c’est la trace, l’empreinte que laisse une chanson s’incorporant dans la peau, mieux dans la mémoire corporelle de chaque individu. Ainsi, au terme de ce processus d’incorporation, la chanson devient le champ lexical d’une histoire individuelle ou collective : c’est l’élément à même de déclencher tel ou tel souvenir. Cela dit, au-delà de ce qui se donne à chanter et à danser, le rythme dévoile à l’auditeur attentif la structure même de telle ou telle chanson. Car, le rythme est l’âme de la chanson ; et c’est par son canal que s’atteignent les profondeurs de l’âme humaine. Ainsi, parvient-on à reconnaître le caractère prémonitoire de Malou, la dimension éthique d’Opération Aluti, de même que la logique affective de Mon amour.
Mots-clés : actualité, devenir autre, corps, corruption, identité.
Références bibliographiques
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- Spinoza, B. (1954). Œuvres complètes, texte présenté, traduit et annoté par Roland Caillois, Madeleine Francès et Robert Misrahi, Paris, Gallimard.
- Spinoza, B. (1999). Éthique, présenté, trad. et commenté par Pautrat (B), Paris, Points-Seuil.
