Hors-Série n°17_05
- TERMINOLOGIE DES DENRÉES ALIMENTAIRES CHEZ LES LYÈLA
- DU BURKINA FASO
- Ayassan BADO
- Université Norbert ZONGO
- Laboratoire de Linguistique (LABOLING),
- ORCID : 0009-0004-1518-046X
- ayassanbado3@gmail.com
- &
- Adama TRAORÉ
- École Supérieure de Journalisme et des Sciences de communication, Mali
- ORCID : 0009-0009-1080-6319
- adamatraorefb@gmail.com
Introduction: L’étude culturelle reste une ambition fulgurante pour la recherche terminologique. La terminologie se propose ainsi donc comme un moyen phare pour faciliter la compréhension des étiquètes culturelles. C’est un domaine qui œuvre pour la sauvegarde du patrimoine culturel face à la globalisation linguistique qui s’annonce de façon inquiétante. Il est important de retenir que la terminologie s’intéresse aux notions et aux dénominations relatives au domaine bien précis. À cet effet, l’onomastique des productions céréalières est très importante pour non seulement les lecteurs, mais aussi pour les jeunes Lyèla. Le choix de cette société, fait remarquer que chaque production céréalière porte une dénomination bien choisie et étymologique. Ainsi, poussé par l’avidité de la recherche, l’étude se propose d’élucider ces dénominations afin d’aider beaucoup de personnes. La question principale : que signifie chacune de ces dénominations des productions céréalières ? Celle-ci pousse à des interrogations spécifiques : comment peut-on classer morphologiquement ces dénominations ? Comment la consommation de ces denrées s’autorise-t-elle ? quel l’intérêt de cette étude ? L’objectif principal de cette recherche consiste à : connaître la raison liée à la dénomination des productions céréalières. Cet objectif principal génère des objectifs spécifiques : classer morphologiquement les noms de quelques productions céréalières ; évoquer les rituels qui encadrent la consommation de ces productions céréalières ; montrer l’intérêt de cette étude.
0.1. Cadres théorique et méthodologique: Cette recherche s’inscrit dans « le concept comme Construction mentale » de DIKI-KIDIRI. C’est la forme actualisée de la théorie culturelle de la théorie (1989). Elle permet de comprendre pourquoi les Lyèla ont donné de tels noms aux produits agricoles. Elle a pour but principal de permettre à la société de trouver des mots justes pour donner à chaque élément quel qu’il soit une dénomination faisant réfléchir et faisant partie intégrante de la culture. Cette théorie permet de déterminer les ressources linguistiques nécessaires déployées par les Lyèla pour la conception des noms des denrées alimentaires. À travers cette dénomination, les Lyèla expriment leur volonté de s’approprier les données et de les adapter à leur milieu. La collecte des données s’est déroulée dans le village de Pouni-Nord dans le département de Didyr et dans les différents groupes d’échanges durant toute l’année 2025. Ces données ont été récoltées à base d’enquêtes. La cible principale d’enquête a été les personnes bien outillées sur la langue lyèlé au nombre de sept dont cinq hommes et deux femmes. Nous avons retenu neuf dénominations qui constituent le pouvoir céréalier chez les Lyèla.
0.2. Présentation des données: Le corpus d’analyse est composé de neuf (09) dénominations transcrites selon l’alphabet lyèlé institué en 1976 par des linguistes de renom. Nous avons choisi de retenir ces neuf dénominations du moment où ils constituent les principaux produits agricoles dans la société lyèlé.
Résumé : Dans la société des lyèla, la production céréalière n’a pas été épargnée par l’onomastique. La famine qui faisait ravage dans le pays lyòló avait poussé les Lyèla à penser à la dénomination et à l’utilisation des productions céréalières de sorte que celles-ci retracent le vécu de ce peuple. Bien avant de trouver un nom à chaque production céréalière, toute denrée alimentaire était dénommée vɔ́ɔ́byĭ pour désigner tout ce qui se gagne par la daba. Ainsi, tout ce qui s’acquiert à l’aide de daba et de la force humaine mérite un respect et une considération. Ce qui a poussé les Lyèla à imposer un certain nombre de rituels pour mieux conserver ces produits issus des durs labeurs. Il s’agit, à travers cette étude, de faire une description lexématique de ces dénominations d’une part et de dévoiler le contenu sémantique de celles-ci d’autre part. Ces dénominations du point de vue morphologique, se répartissent en deux groupes : les dénominations simples et les dénominations composées. Les données d’étude ont été recueillies à travers des enquêtes de terrain. L’élaboration de ce travail a été possible grâce à la théorie culturelle de la terminologie de DIKI-KIDIRI (1989).
Mots-clés : terminologie, dénomination, Lyèla.
Références bibliographques
- Bado, A. (2022). Annalyse morphosyntaxique et lexico-sémantique des surnoms et pseudonymes laudatifs chez les Lyèla de Pouni-Nord, Thèse de Doctorat en linguistique, Université Norbert ZONGO, Koudougou.
- Diki-Kidiri M. (2007). Éléments de la terminologie culturelle, Cahiers du Rifal (Terminologie, culturelle et société).
- Diki-Kidiri M. (2001). Une approche culturelle de la terminologie, Terminologies nouvelles, 21.
- HIEN A. (2000). La terminologie de la médecine traditionnelle en milieu jula au Burkina Faso : méthode de recherche, langue de la santé et lexique julakan-français, français-julakan, Thèse de doctorat en Terminologie, Université de Montréal.
- MBODJ Chérif, 2014, Pour une terminologie de la santé en Wolof, Dakar, Presse universitaire de Dakar.
- Philippe Thoiron et Béjoint, 2010, La terminologie, une question de termes, Presses de l’Université de Montréal.
- Rondeau G., 1983, Introduction à la terminologie, Paris, Gaëtan, Morin, Deuxième édition ;
- Traoré, A., 2023, La terminologie du système informatique en bamanankan, langue mandingue du Mali, Thèse de doctorat en Terminologie, Institut de Pédagogie Universitaire, Bamako.
