• LA PRATIQUE DU FACT-CHECKING DANS LES MEDIAS SENEGALAIS
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  • Abdou DIAW
  • Enseignant-chercheur au Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI), Université Cheikh Anta Diop de Dakar
  • ORCID iD: 0009-0005-8538-6364
  • abdou4.diaw@ucad.edu.sn
  • &
  • Mamadou NDIAYE
  • Enseignant-chercheur au Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI), Université Cheikh Anta Diop de Dakar
  • ORCID iD: 0009-0002-1452-4510
  • mamadou2.ndiaye@ucad.edu.sn

Introduction: Le développement rapide des services du numérique a entrainé d’importants bouleversements dans le paysage médiatique mondial en modifiant les pratiques du métier de journaliste. Ces mutations accélérées par la transformation digitale ont affecté les paysages médiatiques dans le monde (Poulet, 2009). En Afrique et particulièrement au Sénégal, l’on observe que ces changements dans le secteur de la presse se manifestent notamment par une production exponentielle d’informations diverses et variées encouragée par les médias sociaux (site web, réseaux sociaux…).

La numérisation donne naissance à de nouvelles pratiques médiatiques et offre de nouveaux modes d’accès aux médias. (Sonnac, 2009). On peut citer le datajournalisme (Diaw, A. & Ndiaye, M. 2021) ou l’usage fréquent de l’Intelligence artificielle dans le travail journalistique (Dia, M. & Diaw, A. 2025). Cet afflux d’informations s’est accompagné d’une émergence d’un phénomène viral appelé Fake news » qui, pour les uns, désignerait la désinformation, et d’autres fausses informations : « Les fake news peuvent être considérées comme des contenus, dont la nature même est d’être fausses, en tout ou partie, quand bien même elles prétendent être exactes et peuvent prendre les apparences symboliques de la « vérité. » (Peyron-Bonjan, 2018). Les fausses informations véhiculées par ces différents canaux ont tendance à remettre en cause la relation de confiance entre les professionnels des médias et les usagers – lecteurs, téléspectateurs, auditeurs et internautes.

Ceci nous pousse à nous poser la question de recherche suivante : Comment le fact-checking peut-il contribuer à rétablir l’ordre informationnel dans un écosystème médiatique dynamique marqué par le développement de fausse nouvelles et de manipulations des faits ? Pour répondre à cette interrogation, nous partons d’une hypothèse selon laquelle l’utilisation du fact-checking pourrait constituer une alternative à la propagation des fakes news dans l’écosystème médiatique sénégalais.

S’inscrivant dans les Sciences de l’Information et de la communication (SIC), notre réflexion se propose d’analyser le niveau d’intégration des dispositifs de vérification des faits (texte, vidéo, images), notamment le fact-checking dans les médias sénégalais. Elle questionnera aussi bien l’efficacité de ces outils que leurs limites. Ailleurs, certains médias ont réussi à intégrer le fact-checking dans leur fonctionnement en lui donnant un label ou marques : Désintox, Les décodeurs, Le vrai du faux, Infox, etc. (Bigot, 2019). Ce travail de recherche essaiera d’appréhender ainsi la pratique du fact-cheking dans les rédactions sénégalaises.

Résumé : La percée fulgurante des services du numérique a entrainé de profonds bouleversements dans la quasi-totalité des activités de la vie quotidienne. L’écosystème médiatique constitue un des secteurs affectés par ces innovations technologiques avec des mutations sur la chaîne de valeur de la fabrication de l’information. Ce développement accéléré de la technologie s’est accompagné de l’émergence de nouveaux défis dans le champ médiatique comme les Fake news qui contribuent à fragiliser la relation de confiance entre le public et les médias. Ces derniers, afin de faire face aux déluges de la désinformation, misent sur le Fact-Checking qui apparait aujourd’hui comme un dispositif central de régulation et de crédibilisation de l’information. Inscrite dans le champ des Sciences de l’Information et de la Communication, ce travail de recherche, basé sur une approche de méthodologie qualitative et d’analyse docuemntaire, étudie l’intégration et les usages du fact-checking dans les médias sénégalais, tout en interrogeant son efficacité et ses limites. Notre étude montre que des médias sénégalais ont réussi certes à intégrer la pratique du fact-checking dans leur fonctionnement malgré des contraintes structurelles qui freinent son développement.

 Mots-clés: Fake news, medias, Fact-Checking, écosystème, désinformation

Références bibliographiques 

  • Bigot, L. (2017). Dans Communication & langages 2017/2 N° 192, pages 131 à 156 Éditions NecPlus
  • Bigot, L. (2019). Fact-checking vs fake news. Vérifier pour mieux informer., Paris, INA Éditions, 159 p.
  • Dia, M. & Diaw, A. (2025). Les pratiques journalistiques en Afrique face à l’émergence de l’intelligence artificielle. Journal International des Sachants, revue scientifique pluridisciplinaire, ISSN-P: 3079-3009 ISSN-L: 3079-3017, consultable sur : https://revuejds.net/wp content/uploads/journal/published_paper/volume-1/issue-3/Ah5NLj50.pdf
  • Diagne, N. F. D (2025). Résister à la désinformation : journal d’une fact-checkeuse sénégalaise, Les éditions du Carré culturel, P 15
  • Diaw, A. & Ndiaye, M. (2021). Défis et contraintes du journalisme de Données en Afrique : l’exemple du Sénégal. LIEN, revue scientifique de la FASTEF UCAD Sénégal, Issn 0850 – 4806 Juillet 2021 N°31- Volume 1 consultable sur : https://fastef.ucad.sn/liens/LIEN31/v1_liens31_article17.pdf
  • Eustache, S. (2019). À qui profite le fact-checking ? (L’émergence d’une nouvelle mythologie du journalisme), Dans Monde commun 2019/1 N° 2, pages 156 à 160 Éditions Presses Universitaires de France ISSN 2648-2339