N°019_Vol.1_21
- CE N’EST PAS…QUI ET LA PROSODIE CONTRASTIVE : UNE SEULE MODALITÉ DE NEGATIVATION POLEMIQUE DU SUJET ?
- Kevin NGANMEGNI NTCHOUWOU
- Université Libre de Bruxelles
- ORCID iD: 0009-0006-2342-6882
- nganmegnikev@gmail.com
Introduction: L’expression de la négation a connu en français une description privilégiant la portée verbale au détriment des formes qui visent prioritairement le sujet grammatical. Or en présentant dans mon mémoire (2025), ces deux procédures négatives du sujet, j’ai constaté leur isomorphisme syntaxique, motivant la rédaction de cet article, pour en clarifier le fonctionnement commun.
Le rapprochement de ces deux mécanismes pose un problème fondamental de forme du côté de la prosodie contrastive. Cette dernière, en raison de son abstraction graphique à l’écrit, soulève une difficulté d’interprétation grammaticale que ne rencontre pas la structure syntaxiquement explicite « ce n’est pas…qui ». Dès lors, comment décrire et mettre en relation, sur le plan grammatical, une opération dépourvue de marque morphosyntaxique avec une structure formellement marquée ? Comment leur mise en réseau peut-elle rendre compte de leur unité fonctionnelle ? Notre objectif est, à travers quelques exemples tirés de Frantext, de démontrer que ce sont des opérations énonciatives qui convoquent un jugement de rejet sur un concept thématique potentiel, rectifiant polémiquement une attribution présupposée à l’adresse d’un interlocuteur implicite. Nous pensons que la conception négative de Muller (1991), représente un champ d’interprétation susceptible d’établir et d’expliquer la connexion entre la réfutation clivée et son corrélat suprasegmental, tant sur le plan syntagmatique et que sur l’axe paradigmatique.
Résumé : Cet article examine les convergences fonctionnelles entre la structure clivée négative ce n’est pas…qui et la prosodie contrastive dans l’expression d’une négation polémique du sujet. En s’appuyant sur l’approche énonciative de la négation de Muller (1991), l’étude montre que ces deux procédés, bien que formellement distincts, relèvent d’un même mécanisme de « jugement » de rejet. Tous deux opèrent une négation partielle et externe du noyau nominal, sans invalider nécessairement la relation prédicative dans son ensemble, et s’inscrivent dans une dynamique corrective et argumentative. À travers quelques occurrences extraites de Frantext, l’analyse met en évidence leur fonctionnement commun sur les axes syntagmatique (focalisation négative, négation averbale, dimension polémique) et paradigmatique (commutation et reformulation par un opérateur de fausseté). Il en ressort que la structure clivée et la négation suprasegmentale constituent deux réalisations d’un seul mode de négativation polémique du sujet, où la réfutation procède par mise en relief préalable de l’unité rejetée.
Mots-clés : Ce n’est pas…qui, Prosodie contrastive, Négation polémique, Sujet
Références bibliographiques
- Ducrot, O. (1984). Le dire et le dit, Minuit, Paris.
- Moignet, G. (1981). Systématique de la langue française, Klincksieck, Paris.
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