• PATRICK CHAMOISEAU ET RAPHAËL CONFIANT : ECRIVAINS ET HISTORIENS DE LEURS ILES
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  • Arsène MAGNIMA-KAKASSA  
  • Université Omar Bongo
  • Laboratoire-CERLIM
  • ORCID iD: 0009-0004-4518-9721
  • arsene.magnima@yahoo.fr
  • &
  • Nérina Bernadette AUGE
  • Université Omar Bongo- Gabon
  • Laboratoire-CERLIM
  • ORCID iD: 0009-0000-5749-8493
  • nerinaauge@yahoo.fr

Introduction: Le peuple antillais dans sa majeure partie fut déporté d’Afrique pour le travail de la terre. Libéré des chaînes de l’esclavage en 1848, il se retrouva prisonnier d’un double carcan : l’impossibilité de reconstruire ses origines et produire des convergences historiques homogènes, puisque les esclavages venaient des contrées différentes. Pour « débrouiller » le nœud causé par déracinement dû à l’absence des références collectives, l’écrivain antillais doit se substituer à l’Historien pour combler le vide historique constaté en ces lieux. C’est pour cette raison que l’écriture de l’Histoire est urgence du roman antillais.

  • « Les rapports postcoloniaux entre les anciennes puissances dominantes et les anciennes colonies « subalternes » sont loin d’être clarifiés et pacifiés. Beaucoup n’imaginent même pas que ce problème traverse aussi la littérature. De nombreux écrivains issus de ces pays nouvellement indépendants ou ceux des Antilles abordent simultanément les problèmes de l’articulation de l’esthétique et de la politique, noués autour de la question de savoir comment devenir sujet de son discours et de son histoire par un travail sur les représentations collectives » (Magnima-Kakassa, 2021 : 140).

Cette manière d’écrire est observable chez des écrivains antillais comme Aimé Césaire, Edouard Glissant, Maryse Condé, etc. Des romans tels que Le Quatrième siècle ou La Lézarde de Glissant sont des exemples intéressant de l’écriture de l’histoire. Cependant, le roman antillais est différent du roman historique traditionnel qui préconise : « l’absence de contradictions avec l’histoire officielle, le soin d’éviter des anachronismes, ainsi qu’une compatibilité avec la logique et la physique de la réalité. Le récif antillais désire par ailleurs reconstituer fidèlement l’image d’un passé révolu, on passe à des récits irrévérencieux vis-à-vis du discours historiographique » (Magnima-Kakassa, 2012 : 38) renonçant à l’illusion d’une pure mimesis, pour dénoncer et déconstruire un récit historiographique dominant en proposant un autre.

 Résumé : L’étude s’intéresse à deux auteurs, Raphaël Confiant et de Patrick Chamoiseau. L’analyse se concentre sur Le Bataillon créole et L’Esclave vieille homme et le molosse, cependant, certaines de leurs œuvres seront citées. Nous soutenons que l’examen des événements historiques élaboré par ces deux écrivains antillais est une sorte contribution dans le Grand livre de l’Histoire des îles françaises. Nous soulignons également la grande richesse de leurs œuvres ; elles comportent une multiplicité de « discours » différents : mémoires, esclavage, colonialisme, etc. Leurs textes respectifs représentent des hommes et des femmes de couleur, transmettant des récits oraux sous le modèle de la fiction. Nous montrons que, d’une autobiographie individuelle à une autobiographie collective, les deux écrivains négocient un lieu spécifique du récit historique antillais, dans une société sous tutelle de la France.

Mots-clés : Colonialisme, Esclavage, Histoire, Antillais, Mémoires

Références bibliographiques

  • Assmann, (A). (1994). Construction de la mémoire nationale : une brève histoire de l’idée allemande de la Bildung. Traduit de l’allemand par Françoise Laroche, Paris, éditions maison de la science de l’homme.
  • Assmann, (J), (2010). La mémoire culturelle. Ecriture, souvenir et imaginaire politique dans la civilisation antique. Traduit de l’allemand par Diane Meur, Paris, Aubier, « Historiques ».
  • Béchacq, D. (2006). « Les parcours du marronnage dans l’histoire haïtienne. Entre instrumentalisation politique et réinsertion sociale ». Ethnologies, volume 2, n°1. 203-240.
  • Bernabé, J & alii. (1989). Eloge de la créolité, Paris, Gallimard. 
  • Cichocka, M. (2007). Entre la nouvelle histoire et le nouveau roman historique : Réinventions, relectures, écritures, Paris, L’Harmattan.
  • Chamoiseau, P. (1994). Chemin d’école, Paris, Gallimard.
  • Chamoiseau, P. (1992). Texaco, Paris, Gallimard.