• LE STATUT PÉNAL DES ANCIENS PRÉSIDENTS DE LA RÉPUBLIQUE
  • ÉLUS EN DROIT CONGOLAIS
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  • Sarra SINDANI SARRA
  • Apprenante en DES/DEA, Faculté de Droit
  • ORCID iD: 0009-0002-8958-8463
  • Université de Kinshasa
  • divindisi75@gmail.com

 Introduction: La responsabilité pénale des anciens chefs d’État constitue l’un des enjeux majeurs de l’État de droit moderne. Si l’exercice de la fonction présidentielle justifie certaines protections juridiques destinées à garantir la stabilité des institutions, ces protections ne sauraient consacrer une impunité permanente. En République Démocratique du Congo, la Constitution de 2006 a institué un régime particulier en accordant aux anciens Présidents de la République élus la qualité de sénateurs à vie. Cette situation soulève plusieurs interrogations relatives à leur responsabilité pénale après la cessation de leurs fonctions : bénéficient-ils d’une immunité permanente ? Peuvent-ils être poursuivis devant les juridictions ordinaires ? Quelle procédure doit être suivie pour engager leur responsabilité pénale ? Un ancien Chef d’Etat est une personne qui, démocratiquement, accède aux fonctions du Président de la République et les exerce conformément à la constitution. Egalement il faut retenir que  la constitution congolaise ne définit pas un ancien Chef d’Etat par contre, la loi portant statut des anciens Chefs d’Etat stipule dans son article 2 qu’un Ancien Président de la République élu, est, tout citoyen congolais qui a accédé par élection aux fonctions de Président de la République, les a exercées et les a acquittées conformément à la Constitution.[1] Bien que cette constitution ne définit pas un ancien Chef d’Etat mais elle explique quand même à l’article 104 alinéa 7 que « les anciens présidents de la République élus sont de droit sénateurs à vie ». Par conséquent un sénateur à vie est un statut honorifique.[2] Ainsi, pour mieux aborder cette question, cette dissertation s’article sur deux points essentiels : Le statut pénal inconditionnel a la lumière de la constitution du 18 février 2006 telle que modifiée et complétée a ces jours (1) et Statut pénal des anciens présidents de la république en droit congolais sous n°18/021 du 26 juillet 2018 (2).

  • [1] Arrêt, R. Const. 262, sous chiffre 2, Paragraphe 3.
  • [2] Art 104 alinéa 7 de la constitution du 18 février 2006

 

Conclusion: La portée exacte du statut d’ancien président de la république et sénateur à vie divise la doctrine congolaise. Certains auteurs considèrent qu’il entraîne l’application intégrale des immunités parlementaires, tandis que d’autres estiment qu’il s’agit principalement d’un statut honorifique distinct du mandat parlementaire classique. Cette divergence doctrinale entretient une certaine insécurité juridique quant au régime pénal applicable aux anciens chefs de l’État. Une clarification constitutionnelle ou législative pourrait permettre de mieux définir les infractions concernées ainsi que les juridictions compétentes, leurs modalités de levée des protections procédurales ainsi que les rapports entre le statut de sénateur à vie et la responsabilité pénale. Une telle réforme contribuerait à un renforcement de l’État de droit et à la lutte contre l’impunité tout en préservant la stabilité des institutions républicaines. Le statut pénal des anciens Présidents de la République en RDC repose sur un équilibre délicat entre la protection de la dignité de la fonction présidentielle et le principe de responsabilité devant la loi. Si la Constitution leur reconnaît la qualité de sénateurs à vie, cette qualité ne saurait être assimilée à une immunité pénale absolue. Les anciens chefs de l’État demeurent justiciables, même si les poursuites engagées contre eux obéissent à des procédures particulières destinées à préserver la stabilité institutionnelle. L’évolution de la doctrine et de la jurisprudence congolaise sera déterminante pour préciser davantage les contours de ce régime juridique.

Résumé: En droit congolais, la question de statut pénal des anciens présidents de la République élu pose un sérieux problème. Elle divise non seulement la doctrine mais aussi les praticiens du droit. En effet, depuis l’avènement de la loi de 2018 pourtant statut des anciens présidents de la République élu et corps constitués nous assistons à une organisation de l’imputabilité s’impose en faveur des anciens présidents de la République élu pour toutes les infractions et elle est un élément extrinsèque à l’infraction. Aussi, lorsqu’une infraction n’est pas imputable en raison par exemple de la minorité de l’auteur ou de sa démence, l’infraction existe mais l’auteur ne pourra être tenu pour responsable. En revanche, le complice ou le coauteur pourra être puni.  Par ailleurs, en sa qualité de sénateur (parlementaire), le régime juridique de sa poursuite pénale est prévu à l’article 107 de la même constitution à ces termes : Aucun parlementaire, ne peut être poursuivi, recherché, arrêté ou jugé en raison des opinions, ou vote émis par lui dans l’exercice de ses fonctions. Aucun parlementaire ne peut, en cours de session, être poursuivi ou arrêté, sauf en cas de flagrant délit ; qu’avec l’autorisation de l’Assemblée Nationale ou du Sénat selon le cas.  En dehors de session, Aucun parlementaire ne peut être arrêté, qu’avec l’autorisation du Bureau de l’Assemblée Nationale ou du bureau du Sénat, sauf en cas de flagrant délit, des oursuites conitionnés et des condamnations definitives, poursuite autorisée ou de condamnation définitive. Ainsi, dans la pratique nous assistons à une cacophonie à cause des intérêts des acteurs politiques congolais qui ce sont organisés pour protéger l’actuel ancien président de la République J. KABILA KABANGE.

 Mots-clés : La responsabilité pénale, les immunités, Sénateur à vie, Bicaméral, Parlement.

Références bibliographiques

  • DJOLI ESENG’EKELI J., Droit constitutionnel. L’expérience congolaise. Tome II, éd espérance, PUK, 2015.
  • KALUBI M’KOLA L., Politique étrangère de la RDC, éd., Betras, Kinshasa, 2016.
  • LUZOLO BAMBI E.-J., Procédure pénale, paris, 20e éd. Dalloz, 2006.
  • NGONDA MUYAYA J., Le statut pénal des anciens présidents de la république élus en droit Congolais : problèmes. Et piste de solutions, in revue internationale de la recherche scientifique, 2025.
  • ODIMULA LOFUNGUO KOS’ONGENYI L., Les missions essentielles de la justice constitutionnelle en droit comparé français, béninois et congolais, éd. L’Harmattan, 2022.
  • ODIMULA LOFUNGUO KOS’ONGENYI L., Manuel d’instruction à la science politique, cours, Unikin, Fac de droit, 2021-2022.
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  • Autres
  • Arrêt, R. Const. 262, sous chiffre 2, Paragraphe 3.
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  • Constitution de la République démocratique du Congo (RDC) telle que modifiée par la Loi no 11/002 du 20 janv. 2011 portant révision de certains articles de la Constitution de la [RDC] du 18 février 2006, Journal officiel de la République démocratique du Congo (JORDC), 52e année, Numéro spécial, 5 févr. 2011
  • Loi n°18-021 du 26 juillet 2018 portant statut des anciens présidents de la République élus immunise absolument les anciens Présidents de la République
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